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Adrianne Lenker – Hours Were The Birds (EP)

Adrianne Lenker – Hours Were The Birds (EP)

C’est la guitare de son père, les hivers de son enfance à Minneapolis, Billie Holiday et sa sœur Zoé qui ont poussé Adrianne Lenker à nous faire partager sa musique, sa joie de vivre, sa fraîcheur.

Cet EP, Hours Were The Birds, son rythme entrainant et sa voix clamant l’innocence d’une jeune femme qui a la musique dans le sang, cette musique-là fait sourire celui qui l’écoute, peu importe les paroles.

Accompagnée par sa sœur en « background vocals », le duo se suffit à lui-même. Cet EP a été composé à Minneapolis, lieu de paix pour la jeune femme, lieu de souvenirs d’enfant. Mixé dans les studios New Yorkais, vous pouvez vous le procurer depuis le 9 janvier 2014, et c’est plutôt une bonne année qui commence.

Si l’on devait ranger Adrianne Lenker et sa sœur dans une case – chose assez désagréable il est vrai que l’idée de ranger quelque chose que l’on aime dans un tiroir, mais passage obligatoire de toute critique – nous serions tenté de la placer minutieusement dans le rang de la musique folk, l’usage de la guitare acoustique en témoignant.

La voix d’Adrianne liée harmonieusement à celle de sa sœur apporte aux morceaux une inspiration profondément apaisante et un teint éthéré à la musique. Alors que l’on pourrait reprocher un « déjà vu » de ce « style » musical – guitare acoustique et voix ultra-féminine – on n’est pas moins conquis par l’EP.

Il s’écoute partout, pour tout, en toutes saisons. C’est ce que j’aime appeler « la musique du Road Movie qu’est la vie ». Lorsque l’on doute un instant du pouvoir de séduction d’un morceau, d’un compositeur, d’un chanteur, etc. Le test impitoyable, c’est celui du trajet en vélo. La musique qui s’apprécie lors d’un trajet à vélo, s’appréciera partout. Adrianne Lenker a bien passé l’étape en question et ce n’est pas sans surprise. Nous parlons ici d’Adrianne Lenker mais il faudrait plutôt parler d’un duo : Zoé & Adrianne Lenker. C’est lors de ces duos harmonieux que la musique d’Adrianne Lenker est à l’apogée de son charme.

On voit que les titres de l’EP sont les mots qui ont bercé notre enfance : la neige tant attendue de l’hiver, les lumières de la maison, les papillons que l’on voulait tant attraper, enfin. Les fleurs et surtout, le simple fait, que nous étions jeunes. L’album d’Adrianne Lenker a un doux parfum de nostalgie, un parfum qui s’écoute alors, mélange subtil des sens en éveil.

Hours were the birds, une apologie du temps qui passe et qui fait tantôt souffrir tantôt sourire s’écoute en ces jours de petites pluies, ni diluviennes ni torrentielles, tout juste brumeuse et rafraichissante. La seconde, Butterfly s’introduit sur des arpèges acoustiques et bucoliques. Elle a des airs maussades de ceux qu’on éprouve le dimanche soir pluvieux de nos fins de semaines.

Toute la musique d’Adrianne Lenker semble fondée sur cette insatiable soif de vivre dans le passé d’une nostalgie tantôt souffrante, tantôt joviale. Un passé qui se regrette une fois, se revit la seconde fois. Les gens qu’on aime et qui partent, reviennent, disparaissent ou laisse des traces dans les cœurs, courent sur la partition de Lenker et la voix mélodieuse de sa sœur qui l’accompagne.

Les voix des jeunes femmes se suffisent semblent-ils à elles-mêmes et la guitare se pavent parfois d’airs countries des routes américaines, et des hivers pleins de fraîcheurs sur les sentiers battus de Minneapolis. On vous conseille vivement d’emporter vos écouteurs ou de brancher l’autoradio directement sur ce son totalement accordé au mois de janvier de l’année 2014 qui nous font retrouver le côté folk entraînant et plein d’émotions qu’on aime tant, partout et tout le temps.

Petit coup de cœur pour la petite dernière de l’EP : We Were Young aux influences « country », qui ravive des souvenirs aux jeunes sœurs, qui ont vécu sur la route toute leur enfance, entre festivals de musiques et hôtels de bords de route. Une histoire qui pourrait en faire rêver plus d’un, le genre d’histoire qu’on raconte avec trois fois rien sur le dos, un million de choses dans la tête.

Let’s smile, let’s dream, let’s music.

Adrianne Lenker

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