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Apparat : A Violent Sky

Apparat : A Violent Sky

Apparat, c’est Sascha Ring, un musicien berlinois créatif qui livre des mélodies somptueuses, entouré de Nackt (piano, guitare, basse) de Ben Lauber (claviers) et de Jörg Wähner aux batteries et aux percus. C’est surtout un souffle conceptuel, aux utopies nombreuses, qui défie le temps et l’espace, contant les antagonismes entre la volonté humaine et les évènements historiques.

Leur album Krieg und Frieden, prévu chez Mute Records le 15 février est avant tout une musique libre, crée pour l’adaptation théâtrale de Sebastian Hartmaan de Guerre et Paix. Drôle d’équation de départ, pourriez-vous penser, mais vous auriez alors tort, car le théâtre est une tribune comme le disait si justement Victor Hugo, une tribune qui accompagnée de musique, prend toute son ampleur et reflète le monde sous ses propres traits.

Surtout, le théâtre de Sebastian Hartmaan est innovant, et c’est pour cela qu’il a fait appel à Sascha Ring, connu lui aussi pour être non conventionnel. L’union des deux est cet album tortueux, impétueux et aérien. Ici, les mélodies sont fluides et puissantes, et la pression continue menace tout au long du premier titre d’exploser en éclats infinis.

L’album a été enregistré pendant 4 semaines avec un ensemble de 30 musiciens, notamment le violoncelliste Philipp Timm et le violoniste Christoph Hartmann, tout deux membres d’Apparat lorsque le groupe se produit en live. Sur la première piste offerte, A Violent Sky, la promesse est en suspens avec un cortège de tambours électroniques tonitruants qui hante les méandres de l’âme et interpelle sur l’individu.

Le piano sur la piste va droit à l’absolu et les harmonies vocales qui s’en dégagent sont surprenantes et intensément célestes. Là, la voix de Sascha Ring légèrement cassée, résonne, explorant les fêlures et les blessures de la condition humaine, procurant une ballade mélancolique et ardente, dans un style proche de celui de Coldplay, mais avec une singulière tournure.

Avec Apparat, Tolstoï devient sentimental, mais reste beau et violent. La guerre demeure au cœur de la musique, celle menée contre Napoléon par l’armée d’Alexandre mais également l’autre sociale où l’aristocratie se prend au jeu de l’ambition mesquine.

Lorsque A Violent Sky se termine, reste alors, le souvenir d’un appel lancinant, et les échos vaporeux d’une musique qui maintient une tension ininterrompue, à la manière d’une tempête atypique.

Apparat a tout compris : une pièce de théâtre comme une piste de musique doivent être le lieu où le monde visible et le monde invisible se touchent et se heurtent, non sans plaies, mais avec fracas.

Apparat : A Violent Sky

Apparat est toujours en mutation et en métamorphose. Pour le découvrir plus, voici son précédent album The Devil’s Walk :

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