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Asher Roth – RetroHash

Asher Roth – RetroHash

Dire qu’Asher Roth n’est pas l’archétype du rappeur classique est un doux pléonasme.

Avec sa propension à fumer tout ce qui se roule et son look de hippie sur le retour, l’auto-proclamé éternel lycéen tient plus du pote d’adolescence que de la grosse frappe.

Propulsé un peu vite comme le nouveau Eminem, il n’a pourtant pas grand-chose en commun avec le Mc de Détroit. Cette lourde comparaison a provoqué une certaine attente du coté de ces fans mais aussi du monde de la musique en général. Attente assez mal vécue par le principal intéressé.

Pour Asher Roth, il s’agissait de trouver sa propre voie. Pour cela, il s’est imposé une période de silence assez inhabituelle. RetroHash n’est rien d’autre que le résultat de cette quête identitaire.

Le principal défi d’Asher Roth sur RetroHash est d’assumer sa passion pour le hiphop tout en y ajoutant ces autres influences. Cette touche personnelle aurait pu être ce rap électro dont semble friand la nouvelle génération de rappeur. Il s’y essaye d’ailleurs dans un Pull It de bonne facture,assez proche des standards du genre.

Néanmoins, l’inspiration d’Asher Roth délaisse cette mode et se tourne vers d’autres horizons.

Le Kid de Pennsylvanie, pris d’une passion soudaine pour la pop

Ou plutôt, une maturité nouvelle lui permet d’assumer cette passion avec plus de force. Les chœurs et les passages chantés sont très présents sur cet opus et RetroHash se veut le subtil équilibre entre hiphop et influences pop.

Tangerine Girl en est la parfaite illustration. Basse marquée, voix suraiguë et claps légers dont-on jurerai qu’ils sont sortis d’un groupe électro pop des années 2000…
L’inflexion est donc marquée et confirmée sur des morceaux comme Pot of Gold ou Keep Smoking ou l’on surprend Asher à pousser la chansonnette avec un plaisir certain. Sans être un chanteur génial, ces prestations vocales tiennent la route.
C’est notamment le cas sur le très réussi Fast Life, probablement le morceau où la nouvelle direction artistique d’Asher Roth est la plus tangible.

Frappé par le syndrome Mos Def ?

On regrette néanmoins que les parties rappées ne soit pas plus présentes. Pour tout dire, on craint que le syndrome Mos Def ait encore frappé. Il suffit d’écouter l’excellent DudeAsher découpe un beat boom bap de son flow nonchalant épaulé par Currency pour le regretter.

Parce que le rap lui va si bien, on est quelque peu déçu de cette évolution au premier abord. Cependant, en multipliant les écoutes, on s’aperçoit vite que RetroHash est un album plaisant et surtout cohérent avec ces précédentes sorties.

Cet album marque un cap dans l’évolution musicale d’Asher Roth et on est curieux de voir ce que donnera la suite.

Asher Roth - RetroHash

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