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Avant le Pitchfork Avant-Garde, Krrum en Presk’ITW

Avant le Pitchfork Avant-Garde, Krrum en Presk’ITW

Depuis son titre Morphine, Krrum est un artiste que l’on suit avec intérêt, un de ceux claquant les coeurs de ses notes torsadés de mouvements aux rythmes obsédants.
Avec une douceur soul et des éclats pop gorgées de lignes de basses tempétueuses, lui cultive une différence rêveuse, faite d’un rythme sulfureux aux échos férocement suaves.

Découvrez cet artiste hypnotique en interview, avant son live le 25 octobre au Café de la Danse à 19h30, à l’Avant-Garde Pitchfork.



Pause Musicale : Pouvez-vous vous présenter pour les lecteurs qui ne vous connaitraient pas encore ?
Krrum : Je suis un producteur et un écrivain, responsable de la création de Krrum qui était à la base, censé être un projet solo mais s’est transformé en collaboration entre moi et Harrison qui chante et co-écrit. Nous sommes installés au Nord de l’Angleterre, à Leeds.
Krrum
Comment et quand avez-vous commencer la musique ?
Initialement, je jouais des cuivres (surtout de la trompette) et du tambour à l’âge de neuf ans que j’ai continué durant toute mon adolescence.
J’ai commencé à écrire des chansons à l’âge de 13 ans et les ai produite à 18. Cela donc été un développement long. Et bien que je ne joues plus de ces instruments, les cuivres et le tambour jouent un grand rôle dans ma musique actuelle.

Comment avez-vous choisi ce nom Krrum ?
Cela vient d’un ingrédient que nous utilisions dans la fabrication des burgers lorsque je travaillais dans une boucherie.

Quand on écoute vos chansons, elles semblent partir d’émotions et de sentiments. Quelles en sont les principales inspirations ?
Nos textes sont intériorisés et personnels que cela soit en rapport avec notre vision de nous-même ou nos propres croyances. Harrison et moi sommes des amis proches et nous comprenons parfaitement ce que l’autre veut exprimer au travers des chansons. Donc l’écriture introspective nous est totalement naturelle.

Nous n’essayons pas d’écrire d’une certaine façon dans le but de créer un certain son. Nous n’écoutons pas énormement de musique électronique donc je pense que le choix des arrangements et les instruments organiques viennent de cela. Les musiques que nous écoutons ne sont pas composées dans un but précis et nous aimons que notre musique ait à la fois une certaine intensité et un certain poids et ce choix nous dicte le choix des sons que nous effectuons.

« Je suppose que notre esthétique est totalement surréaliste et coloré »

Comment écrivez-vous ?
Nous suivons rarement une méthode d’écriture. Souvent, nous expérimentons avec l’équipement que nous avons sous la main. Quelquefois, nous avons une idée et nous voulons l’essayer comme celles de prendre des échantillons de nos anciennes chansons ou d’en utiliser les instruments d’une façon non conventionnelle.
Mais la plupart du temps, nous « échouons » et finalement, cela est mieux que ce que nous voulions faire à l’origine.
Je pense que si on s’appuie trop sur un procédé précis, sans s’autoriser à l’expérimentation et à sortir de sa zone de confort, on reste toujours coincé avec les même idées.

Que souhaitez-vous que le public retienne de votre musique ?
Etant un relativement nouvel artiste jusqu’à présent, je n’avais jamais encore envisagé de perspectives extérieures à ma musique. Visiblement, nous sommes personnellement attachés à elle et c’est agréable que des gens twittent nos textes ou laissent des messages sur notre page Facebook nous disant combien notre musique compte pour eux, même si ce qu’ils en tirent est complètement différent de ce que nous y mettons nous-mêmes.

L’intensité, une envoûtante ligne de basse et un chant flottant aux assonances soul, peut-on dire que c’est votre marque de fabrique ?
Je suppose oui ! Mais réellement, je ne veux pas me focaliser sur notre « marque de fabrique » et notre son, car cela peut-être dommageable pour notre créativité. Mais je pense que ces choses viennent naturellement dans notre musique, comme nous sommes naturellement attirés à elles.

« Le surréalisme et la nature absurde de l’oeuvre de l’art fait qu’il est difficile de rationaliser les choses, ce qui, j’espère signifie que chacun l’interprétera à sa façon »

Evil Twin a plus de 1 Millions de play sur Soundcloud. Comment faites-vous pour aborder et comprendre cela et que signifie cette piste?
Cela est réellement très difficile et j’ai essayé de comprendre. D’une certaine façon, c’est irréel, car ce ne sont que des nombres sur un écran d’ordinateur et cela a plus de signification pour moi lorsque je vois des gens venir à un de nos concerts, car c’est beaucoup plus tangible.

Mais, je sais que si quelqu’un, il y a un an, m’avait dit que nous atteindrions des millions d’écoute en moins d’une année, ça m’aurait semblé fou. C’est franchement surprenant et je suis heureux que notre musique touche tant d’individus.

Quant à Evil Twin, elle parle de se détacher des choses que nous regrettons d’avoir faites et de ce que en nous, nous n’aimons pas, en les projetant en quelqu’un d’autre. Un autre nous-même (notre double diabolique) mais qui reste hanté par cet autre nous-même insouciant.

Vous semblez avoir un univers visuel puissant, pouvez-vous le décrire et expliquer pourquoi est-ce si important dans vos compositions ?
Je suppose que notre esthétique est totalement surréaliste et coloré. J’étais habitué à n’utiliser que le blanc, le noir, et les couleurs trés sombres quand je faisais des choses artistiques pour moi-même. J’étais reconnu par mes professeurs d’Arts plastiques comme quelqu’un qui n’utilisait jamais la couleur. Et je n’ai donc jamais imaginé notre musique en couleurs jusqu’à ce que Matt De Jong nous créer notre premier artwork.

KRRUM

Je pense que ça montre l’importance de la collaboration dans l’art, spécialement à travers différentes formes d’art. Cette expérience m’a ouvert un nouvel horizon même pour les compositions, avec lesquelles j’avais déjà vécues un an et qui étaient complément achevées dans ma tête.
Le surréalisme et la nature absurde de l’oeuvre de l’art fait qu’il est difficile de rationaliser les choses, ce qui, j’espère signifie que chacun l’interprétera à sa façon.

« Cela a plus de signification pour moi lorsque je vois des gens venir à un de nos concerts, car c’est beaucoup plus tangible »

«L’homme libre est celui qui se livre à la connaissance ou à la création artistique, indépendamment du profit ou de l’efficacité», êtes-vous d’accord avec cela ?
Je suis d’accord mais je remplacerais l’homme libre par « l’artiste ». Mon opinion est que l’on vende ou non son art, si il est crée dans un but de profit, il perd toute intégrité artistique. Par exemple, si vous créez une tasse de thé dans le but d’un profit commercial, cela n’est pas de l’art. Si vous créez la même tasse de thé en ne tenant compte que de vos propres intentions alors c’est de l’art. Je suis probablement en train de dire des trucs prétentieux mais c’est ce que je pense.

Qu’attendez-vous de l’avenir et spécialement en France ?
Nous jouerons au Pitchfork à l’Avant- Garde le 25 octobre prochain à Paris, ce qui nous excite tous. Je suis allé à Paris, il y a quelque temps cette année et j’ai vraiment adoré donc je suis vraiment excité à la pensée d’y revenir. J’espère que nous pourrons y revenir après avoir sorti notre premier album qui devrait sortir en 2017.

Pouvez-vous justement nous en dire plus sur votre premier album et ses principales teintes?
Nous l’avons écrit pendant plus d’une année, et pendant ce temps de nombreuses choses ont changé donc il s’en fait écho. Nous en sommes encore au stade de l’écriture et il est donc difficile de dire ce qu’il va en sortir. Mais je suis heureux de la façon dont ça se passe. Vous pouvez vous attendre au moins à quelque chose de consistant.

Donnez-nous 4 chansons que vous écoutez encore et encore ?
Bon Iver – 715 – CR∑∑KS

Je suis un fan obsédé de Bon Iver. J’ai même changé mon planning juste pour être capable d’écouter son nouvel album à minuit dès qu’il est sorti et cette chanson est celle qui me frappe le plus. Ça m’a rendu complément perplexe quant à sa capacité de transmettre une telle émotion juste avec sa voix.

Wet – It’s All In Vain

Je n’écoute pas en général de musique aussi douce, mais je pense que Wet a perfectionné l’électro chill. C’est comme si ils avaient trouvés ce qui fait que les chansons de Disney soient si bonnes et en avait sorti une alternative cool.

Jamie Woon – Sharpness

Cette piste est tellement stylée et cool ( Je suppose qu’on dise Steez) que c’est ridicule. C’est une de ces chansons qui dès sa sortie, m’a fait incliné la tête en signe de respect.

Heir – Scrapped Paper

Les mecs sont des amis. Ils savent comment écrire une bonne chanson pop. Cela fait maintenant 9 mois que je l’ai en tête.

Et pour finir, la piste ou la citation qui vous définit le mieux ?
Je ne suis pas vraiment très doué pour ce genre de choses. Mais ça serait: « Je ne sais pas trop me définir» Macauley Culkin.



Rendez-vous demain pour l’Avant-Garde Pitchfork et leur concert tant attendu.

KRRUM_PITCHFORK AVANT GARDE

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