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Black Kaweah : un Folk magnetique

Black Kaweah est une montagne située en Californie, un pic que la nature a sculpté de ses mains et qui perturbe magnétiquement les alentours avec des vibrations de 8 degrés. Black Kaweah, c’est surtout un groupe qui fait des étincelles singulières en créant un folk précieux à la force toute magnétique.

Derrière ce groupe, se cachent deux individus inspirés et imaginatifs, Chris Albert et Mike Springer. Dans la foulée de Grizzly Bear, Bon Iver, The Black Keys ou bien encore Fleet Floxes, pour n’en citer que quelques-uns, ils font de la musique « folk native » avec des croisements mutants et une passion soutenue tout au long des pistes.

Le 9 septembre, ils ont révélé leur EP de huit pistes, voyage intense dans un no man’s land inconnu, terre des incantations et des temps anciens. Ici, l’inspiration navigue entre sources de l’humanité, rapport à la nature et humanisme. Sous des sonorités chaudes, les mélodies calmes sont légion et les tempos sont lunatiques, tour à tour, doux, clairs ou plus embrouillés.

Blood & Bone commence l’album, avec en fond sonore la pluie.  Tout en nuances et en guitares, elle plante le décor et fournit une porte d’entrée à leur univers hautement métaphorique. Puis la piste devient habitée par les voix intenses de Chris et de Mike qui se marient à merveille. Doucement, elle se meurt dans un même brouillard hantée par la pluie.

Oak Valley suit. Les guitares fusionnelles réchauffent doucement l’ambiance brumeuse et la dissipent discrètement. Ici les aplats de notes colorent les pistes de grandes envolées et d’embardées inhabituelles chatoyantes. Les voix tissent des complaintes langoureuses où l’énergie est séduisante. Tout n’est qu’enchevêtrement subtil de notes, de textures, de grain et de teintes.

Cela forme une peinture enivrante où la volupté occupe votre esprit et l’incite à vagabonder. Les voix de Chris et de Mike instaurent un fil distendu où l’attention est en alerte et accrochée à la trame des pistes. Là, la profondeur cohabite avec l’impression d’être continuellement suspendu dans le vide ou tout du moins en suspens. Ces paysages oniriques déconstruisent la réalité en la rendant fiévreuse.

Ce sont des chevauchées de notes où les guitares et les voix forment le palpitant de l’opus. L’inattendu est à chaque piste plus ardent, redéfinissant à chaque fois cette dernière, entre le début et sa fin.

Tripne Twins débute sur un air de guitare lent et suave. La voix s’y fait peu à peu chant murmuré. Les syllabes étendues s’appliquent à donner le rythme puis le lâchent, en plein crescendo, créant une surprise singulière.
La mélodie glisse, les interrogations sont multiples. Par moment, l’ombre de Departement Of Eagles rase les murs, puis le fantôme de Simon & Garfunkel, version indienne, passe dans la piste et s’en mêle. La Polyrythmie est à son paroxysme. Quant aux murmures, ils vous attrapent et ne vous lâchent plus.

Black Kaweah manie l’étreinte comme personne en vous laissant une infinie liberté.

Ancestors est ainsi. Guitares vibrantes à deux accords et un sentiment de calme avant la tempête qui s’installe. Van Morrison semble présent comme dans un songe, où les notes peignent un western en réverbérations, où des noeuds de mélodies diffuses glissent sur votre échine.

Everyone suit le même sillon en le transformant continuellement. Ici la douceur a de la résonances, ce sont des échos bouillants qui jamais ne dépassent la limite, seulement la frôlent…

Native Names continue le récit à la manière de The Tallest Man On Earth, dans un autre univers chaud.  La guitare et les choeurs créent le mouvement chaloupé des rythmes et les décalages dans la mélodie.

Quaking Aspen’s Eyes est à l’image de l’opus, magnétique, travaillé à la force des guitares et des voix.

The Incense Cedar clôt en beauté votre voyage instrumental, les guitares en formant les haies, les voix leurs frontières floues. L’univers d’une nature capricieuse semble à portée de main et des traversées intiatiques douces possibles.

L’opus contemple, inspire et construit des paysages sonores somptueux. L’horizon semble s’élargir à son écoute. Il est un disque singulier qui se permet des divagations intemporelles où règne une liberté sans borne et mène à des songes intenses.

L’opus est en téléchargement gratuit pour vous transporter dans un ailleurs séduisant et hautement addictif.

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