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Born Ruffians @ Trabendo

Il est des concerts qui enthousiasment, surprennent et vous conquièrent par leur beauté. Celui de Born Ruffians, au Trabendo, mercredi 2 octobre est définitivement de ceux-là.

Sous les plis de mélodies musclées, à la force du chant de Luke LaLonde, aux percussions musclés enveloppées de guitares claquantes, Born Ruffians a une manière de faire de la musique qui vous touche, glisse et chamaille les harmonies.

Ayant sorti leur album Birthmarks aux mélodies qui explorent des contrées diverses mais toujours impeccablement cadencées, sur la scène du Trabendo, ils l’ont dévoilé en live, prenant une autre ampleur encore sur scène.

Pendant près d’une heure, se sont donc succédé des titres anciens chevauchés de nouveaux qui resplendissent d’une même étincelle, une beauté harmonique et un goût pour les cadences euphorisantes. 4 sur scène, 4 faces d’une même sensation, une explosion d’émotions jointe à une générosité pour faire respirer leurs titres en live et les partager avec leur public.

Alternant rythmes musclés à l’assaut entêtant sur le début de leur concert, ils ont brillé avec panache, en glissant sur des vagues plus douces, subtilement calibrées pour un bouquet de notes à l’étreinte immédiate.

Born Ruffians se sont des jongleurs d’harmonies, des espiègles des notes, qui mélangent des tempos différents avec brio, quelque fois pop, un rien folk, et des effluves rock en pâmoison. Leur style est une cascade d’énergie sous une montagne de douceur et des sentiers de traverse pris en courant ou en sautant comme une pérégrination haletante.

Badonkadonkey de l’album Red Yellow and Blue a alors fait trembler les murs, emprunt d’un son particulier qui emporte tous les corps dans un tourbillon de notes sans fin, tandis que le son si singulier de leurs guitares alliées aux percus a retenti sur Kurt Vonnegut.

Puis 6_5000 a enchainé. Issue de leur dernier album, la piste est une pop chorale envoûtante qui promet des sommets de punch, la tête à la renverse, les bras levés.
Eux, traversent les harmonies proches par moment de Vampire Weekend, avec un souffle ardent dans la basse et dans la voix de Luke LaLonde encore plus belle en live, crevant les sommets des notes, à califourchon sur la voûte céleste, nonchalamment.

Naviguant dans les mélodies avec malice, ils cassent les styles, les irisent d’une touche atypique comme sur Hedonistic Me, au souffle folk mi-africain mi-californien.

Alors, marquant le concert de leurs nouvelles harmonies, ils reviennent à Birthmarks, avec Ocean’s Deep, impeccable mélodie qui groove rock, qui pense pop et percute le public qui y répond en dansant.

Puis Too Soaked To Break retentira en vagues, en torpeurs douces, titre en échos habités de la voix prenante de LaLonde, revenant à What To Say, petite merveille d’énergie mêlée d’une douceur tortueuse dans la droite lignée de leur identité séduisante.

Leurs rythmes continuent d’être organiques et orgasmiques sur Rage Flows qui emporte et tutoie un rock doux, brute d’harmonies douces. Born Ruffians sait construire ses mélodies, les enchaîner avec intelligence, faire des va-et-vient avec l’énergie (Retard Canard) et la délicatesse. Avec eux, la subtilité est en tempos, en lancinantes voix, et aux lignes de basses addictives comme sur With her Shadow.

Beaux simplement, ils illuminent alors le Trabendo sur Humingbird, un de leurs anciens titres emblématiques, de leur tempos atypiques. Mélange de passion et de délicatesse, leur musique cadence les respirations et caresse les espoirs comme sur I need A Life, plus touchante encore sur Needle, plus percutante sur With An Ax.

Le bal se terminera avec un rappel sur Foxes Mates For Life, parfait épilogue à un groupe qui a de l’énergie à revendre, de la créativité en bouquet et des émotions en cascades. Born Ruffians est un groupe conquérant sur scène. Birthmarks, leur dernier est un grand bonheur.

Quant à leurs concerts, ils valent le détour sans l’ombre d’un doute. L’éclectisme comme armure, la pop complexe en cadeau. Ils sont la preuve que dans la cour de lycée, les rencontres peuvent changer une vie pour ses amis d’enfance que sont Luke Lalonde, Mitch DeRosier et Steve Hamelin, additionnés d’Andy Lloyd (claviers, guitare). Décomplexés et libres, Born Ruffians est fantasmagorique.

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