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Brasstronaut : Mean Sun

Brasstronaut : Mean Sun

Canadiens d’origine, astronautes sonores en vrai, Brasstronaut font des mélodies légères qui font vagabonder au travers de paysages sonores aériens, longés de précipices cosmiques.

Produit par Colin Stewart (LadyHawk, Destroyer et Black Moutain) leurs créations sont des tempêtes d’harmonies aux vents furieux, aux sons intrépides où la mélancolie brasse des mélodies uniques et belles.
Sextuor de Vancouver, ils s’apprêtent à sortir leur second album Mean sun, après leur premier album tout aussi atypique Mount Chimaera.

Dix pistes douces qu’ont concoctés Bryan Davies (Trompette), Edo Van Breemen (chant, piano), Sam Davidson (Ewi et clarinette), Tariq Hussain (guitare), Brennan Saul (Batterie) et John Walsh (basse).

Leur univers planant a un ton automnal, leurs mélodies lancinantes offrent un équilibre merveilleux pour qui aime les textures superposées, polyrythmiques de surcroit, parsemées de notes de clarinettes, de claviers et de trompettes enchanteresses. Ailleurs, la voix de Van Breemen, lunaire, vous convie aux tribulations de synthés troublants, aux incantations de chœurs lunatiques où brille un crépusculaire horizon.

Ici, nul doute, leur pop vous transporte vers la contemplation de belles symphonies négligemment trempées dans un jazz expérimental, les limbes mélodiques singulières qu’ils créent. Quelquefois, leurs chants sont des incantations, tempêtes calmes de shoegaze comme Bounce, ou des traversées de rock alternatif comme dans Falklands.

Vaporeux à souhait, hypnotiques dans leur étreinte comme dans Francisco, ici la liberté est infinie et la pérégrination langoureuse.

Loin du formaté, leur musique est raffinée, hybride, et belle à en chavirer. Là, la douceur est prenante, nuageuse comme dans The Grove, échos saisissants d’un ailleurs séduisant, intensément profond. Le crescendo est érigé en rythme lent, en processus brûlant où le suspens est captivant comme dans Moonwalker.

S’il fallait y tenter de voir des influences, ce seraient sans doute Beirut et Sigur Ros, mais sous acides avec un petit soupçon de Liars et de PVT. Leur album sorti chez Unfamiliar Reccords/Tin Angels Records est une comète indescriptible, mais hautement addictive. Le nom de ce dernier Mean Sun a une signification particulière, le soleil moyen est comme une étoile imaginaire, se déplaçant à la vitesse de rotation de notre équateur.

Eux la dépassent largement, traçant une autre voie, celle-là toute aérienne, étrangement sereine, furieusement autre, comme si le rêve était encore permis, comme si les frontières de toutes sortes n’existaient plus.

Là, le repos ne mène pas à l’endormissement, mais bien au contraire à un réveil défiant tous ceux qui astreignent les autres à des classifications et à des catégorisations. Eux basculent dans l’abstraction sonore la plus complète, ils ouvrent un chemin différent par leurs inventions, détournant leur pas des certitudes, égratignant les surfaces planes et redonnant à l’espace tri-dimensionnel sa renommée.

Plus près des étoiles, et comme Henri Michaux, Mean Sun semble « vouloir dessiner la conscience d’exister et l’écoulement du temps », ce qu’ils réussissent avec passion.

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