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Breton – War Room Stories (Ecoute intégrale)

Fantasque et urbain, sombre et glacial, le nouvel effort du groupe britannique Breton, interpelle par une intensité rare. Si l’album, enregistré à Berlin, débute sur Envy, un titre tubesque, pop et lumineux, c’est dans les ténèbres qu’il finit sa course. Course contre les autres ou course contre le temps, évoquée sûrement par la cover, mais course dont ils sortiront vainqueurs, après une quarantaine de minutes, dense et passionnante.

Les morceaux s’enchaînent, comme joués à même le bitume, pleins de belles contradictions (ou comment des chansons si noires peuvent dégager autant de lumière) et de puissance.
C’est comme s’enfoncer dans des abîmes sonores ou les différentes couches se superposent pour créer un univers unique; dans le cas présent, d’une architecture névrosée.
S’ils sont sorciers ou apprentis chimistes, Breton, dont le nom provient du chef de file du mouvement surréaliste, impressionne par sa cohérence. Ce même dans l’expérimentation (le sublime Brothers) quand elle côtoie ce que le collectif sait faire de mieux (voir le ravageur Legs & Arms).

De grandes friches industrielles à l’abandon défilent dans nos oreilles le temps du voyage. Aucun titre n’échappe vraiment à la ligne directrice que s’est fixé le groupe et répond à nos attentes avec brio. Le résultat semble sans faux pas, net et précis, et aura sans doute aucun mal à fédérer les foules.

Breton n’est plus le petit nouveau de l’electro-pop mais un de ses guerriers, qui ne demande plus qu’à en porter fièrement l’étendard.

Breton - War Room Stories

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