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Censor Static : Our Timing

Il y a des mélodies qui résonnent profondément en vous. Celles de Censor Static sont ainsi. Dissonantes à souhait, aux paroles intimistes, mélange de folk et d’électro rock confidentiel, leurs chansons hantent votre esprit et procurent des frissons subtiles grâce à la voix de et à l’instrumentation particulière qui diffusent une mélancolie épique et vivifiante.

A l’ombre des notes, au centre de la création, Patrick Cederberg peaufine son projet solo, en dehors de son groupe irrésistible de Torento, Shy Kids qui mixe rock et pop merveilleusement bien. Ici, il livre Our Timing, 12 pistes composées en 3 ans, au gré de ses inspirations, de ses rêves, de ses pensées, et partageant toutes une même cohérence lunaire où l’imagination ne connait pas de limites.

Patrick Cederberg compose, écrit et chante tel un conteur agile qui construit une colonne dorsale ensorcelante à ses compositions digne de la boîte de Pandore pour leur structure mystérieuse.

Le lyrisme de Censor Static est distillé au sein de ces 12 morceaux de vie et de temps, dilué dans des samples singuliers, et des notes inconnues avec un sens du swing rappelant Shy Kids. Enchanteur de toutes parts, Our timing cultive un angle de vue différent, tout en échos et en murmures, où poésie et contes s’épousent mutuellement jusqu’à se confondre et se conjuguent à un réalisme qui lui est propre.

Jouant avec les notes qui deviennent la ligne de ponctuation de son album, il réinvente à chaque piste, un sens et un goût immodéré pour l’expérimental doux et rêveur allié à une saine colère qui quelquefois se dévoile grâce aux sons torturés, saturés et au riffs de guitares crachant de tout leur être, avec grâce.

Oscillant donc entre délicatesse murmurée et échos insidieux, toutes les pistes varient entre ces deux pôles magnétiques, avec une ouverture majestueuse sur Our Timing (This Darkness), introduction sombre et parfaite à cet opus.

La douceur singulière caresse les tympans comme sur  Sunshowers, un écho hors temps, mixé à une voix envoûtante et des beats électro tendus, doux assemblage à la cohérence nouvelle et étrangère qui s’envole sur des notes de xylophones et des touches de guitares.

Awash comme The perfection in Being continuent ce délicat mouvement, à l’aide d’une guitare douce illuminant la première et la voix de Patrick Cederberg qui fait danser les deux et leur donne toute leur beauté. Les assauts de sa voix conquièrent tout sur leur passage, tel un nuage de fumée, un silhouette dans le brouillard avec l’étreinte des synthés et des guitares en sus.

Quant à People et Fifteen, ils mélangent murmures et échos langoureux qui sont la toile de fond des contes de Censor Static, avec des sons déformés et une saturation à son comble cohabitant avec la voix douce et des beats envahissants l’espace infini.

The Pain in Giving Space et Blue Eyed Hours sont de la même face sombre et brûlante avec une guitare brouillée accompagnant une voix distante et chaude qui s’accélère tout au long de la piste, là où Salem crache des guitares électroniques et des riffs discordants sur des chœurs enragés.

Dichotomie troublante que ce va-et-vient séducteur entre incandescence et accalmie, et au final, un collage sonore aux chants trébuchants et à la transe singulière, loin des sentiers battus.
Quand Drawn Blood s’incarne dans les voix de Patrick et Mike Cederberg, la douce mélodie répétitive, gorgée d’harmonies douces, berce avec ce Shoegaze folk électro entêtant et les échos restent alors dans votre tête, au rythme des claquements de doigts qui s’y rencontrent.

Puis Fits déboule, petit délice de résonances aux murmures infinis, saturés parmi un doux dépouillement, à la manière d’un Kissed Her Little Sister, sur un tempo qui taquine une excitation enivrante comme une sorte de Vampire Weekend, les guitares soutenant le récit enchanteur qui nous est conté.

Enfin, Our timing (Car crash) clôt le conte originaire d’une autre dimension, comme il a débuté dans la plus précise des expérimentations qui prend aux tripes et permet une délivrance tout autant qu’une nouvelle addiction.

Censor Static trouve un chemin bordé d’intimisme et de lyrisme salvateurs, fondant comme 1001 délices inconnus que l’on prend soin de déguster en cachette, pour n’avoir à partager ce bonheur égoïste d’une si belle mélodie.

Censor Static : Our Timing

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