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Cherub : Mom & Dad

Cherub : Mom & Dad

Cherub est un duo de Nashville qui ne fait pas de la country mais du Funk électro, à la croisée de Prince et de MGMT. Ils ont sorti leur second album Mom & Dad chez ElmandOak qui succède à leur très réussi et plus indie pop Man Of The Hour. Ici, les instruments nombreux se combinent à leurs voix chaudes, le funk est assiégé par l’électro et la fusion y est parfaite et immédiate. Duo électro pop, il mixe des sons funk très 80′ avec de la pop délurée et intemporelle.

Derrière Cherub, se cachent Jordan Kelley et Jason Huber qui ont le sens du rythme accéré, trempé dans de la néo-soul et délayé à de l’électro funkadelic. Véritables boîtes à rythme sur pattes, leurs claviers dansent, leurs guitares enflamment les mélodies et les rendent irrésistibles. Mom & Dad propose douze pistes qui voyagent le long de montagnes russes où les émotions brutes sont lâchées en plein vol, enivrantes.
What I Want débute l’opus sur un tempo singulier. Des sons carillonnants, dignes d’Alice aux pays des merveilles, explosent l’espace et le temps. Une voix calme et posée, celle de Jason Huber, intense, prend le relais sur des mélodies lancinantes, qui doucement font fondre la glace et se noient en une étreinte subtile et infinie. La danse proposée ici est fiévreuse, envahie de beats, submergée de parenthèses plus calmes où la tension accumulée est palpable.

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Avec Cherub, la retenue est inexistante, le défoulement assumé et les paroles libératrices sont des armes contre les inhibitions défendues.

Dear Body enchaîne. Des beats claquent le long de la mélodie, des claviers libres affolent et parcourent le morceau. La voix de Jason Huber se fait plus soul et peu à peu envoûte la piste sur des frémissements aux claviers déchaînés. Huber est ainsi un nouveau Prince pris dans un tourbillon de funk romantique.

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You, Me, and Jodeci qui suit, commence en résonances et en échos. Le rythme est lent, mais brutal. Le morceau semble un appel à la soul électro qui séduit, tout comme La Casa Del Obispo, où les consonances font penser à Dan Black, The Servant et à MGMT. Les sons et les sens fusionnent à l’unisson dans un disco singulier.

 

Xoxo est, quant à elle, un peu plus rock. Les claviers et les rythmes s’y engouffrent et la font tourbillonner. L’électro s’en mêle et fait décoller le titre. Les mélodies sont des bulles sonores qui explosent doucement, mais surement. Ici, champagne, cocaïne ainsi que tous les plaisirs illusoires sont voulus.

Monogamy est une des pistes phares de l’opus pour comprendre ce qu’est l’alchimie Cherub. Electro funk à souhait, elle est une passerelle entre les deux mondes, aux réméniscences 80′. La voix est proche de celle de Prince, délurée sur un rythme apocalyptique délicieux…Les cadences sont intenses et votre corps n’est pas insensible à cet appel jubilatoire.

Cherub, c’est de l’excentrique à souhait, où la danse électrisante côtoie des couplets plus lents, infusés de pop changeante aux frontières brumeuses.
Roxxy suit avec des harmonies de claviers et des beats résonnants, Jordan et Jason unissent leur voix chaudes pour envoûter la mélodie. La pop vicieuse est à déguster le long de la piste qui jamais ne relâche son étreinte, son paradis artificiel.

Doses and Mimosas commence comme un halo lumineux calme qui doucement vacille telles des lumières changeantes. Huber prend alors le contrôle de la piste, de sa voix douce et les claviers enchaînent avec Kelley. La piste s’embrase et les beats assomment.

Quant à Hold Me, elle met en vedette les notes du saxo de Dominic Lalli et implose les émotions. Rythme chaotique précieux où la voix de Huber éthérée fait le reste. Des intervalles sonores se dégagent au ralenti et installent un décalage tout contradictoire entre les instruments et la voix.

Lynndenberries entame la dernière partie de l’album en majesté, au royaume des sentiments et de l’abandon. Douce et rythmée, la piste est diaboliquement subtile et entraînante. Les sensations de désertion d’une fin de soirée ou d’un petit matin embrumé y dominent. Tout semble possible dans leur univers esthétiquement crasseux, l’âme sombre à l’ombre de leurs beats.

Pourtant, au coin d’une piste, des caresses gourmandes se font jour. Le rétro funk fusionné à de l’électro pop sert alors d’écrin à l’ensemble langoureux comme sur All, où Nathalie Prass pose sa voix sur des harmonies de claviers, douceur toute délicate.

La douceur l’emporte finalement, la Soul aussi, dénudée et épurée. Tel est le cas pour la dernière piste poignante Don’t Forget Me. Les beats s’y transforment en échos et errent comme des âmes fantomatiques libérées de tout enjeux. La fin cachée en est le paroxysme inébranlable.

Mettant des sons sur des sentiments inaudibles et insondables, Cherub est le révélateur des plus bas instincts qui deviennent grâce à leur savoir-faire des sentiments brûlants, reflets d’une époque qui n’ose s’avouer ce qu’elle est devenue.

Les douze pistes sont des danses esthétiques brouillées à la limite d’une transe funk. Jordan Kelley, chanteur compositeur et guitariste et Jason Huber, producteur guitariste et chanteur, unissent leur force et leur voix pour disparaître sous des harmonies vocales et sonores endiablées.

Las d’amour, désespérés par le monde aux alentours, ils décryptent les besoins des autres et avant tout les leurs, sous des dehors légers. Leurs sons anesthésient la société et ses plaies, et les soulagent par des beats obscènes. Pourtant bien loin de la vulgarité, ils composent une autre sorte de poésie angoissée, malgré les désirs et l’envie du tout immédiat et sans limite.

La voix de Huber, semblable à celle du chanteur de Passion Pit, Michael Angelakos, rend les paroles douces et fondantes, malgré leur crudité, contrepoids à celle plus grave de Kelley. Les synthés électros sont couplés aux batteries et la guitare se taille une part dans ce cocktail fusionnel qui n’oublie pas de s’égarer dans des ballades émotives. Ici le sang, le sexe se mêlent à l’amour et à la haine. Fringuants, pour eux : »la poésie, c’est de la multiplicité broyée et qui rend des flammes. »

Soufflez sur les braises et n’oubliez pas de respirer.

L’album Mom & Dad est en téléchargement gratuit :

Si vous êtes tentés par un rattrapage sonore, leur premier opus est également en écoute intégrale et en téléchargement gratuit :

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