Close
Common – Nobody’s Smiling

Common – Nobody’s Smiling

Dans son processus créatif, Common a toujours eu besoin d’un producteur à ces côtés. Il y eu la collaboration avec le génie ?uestlove qui déboucha sur deux excellents albums. Puis vint Kanye West avec deux sorties aux résultats plus mitigés. Mais avant ces producteurs de renom se trouvait No ID. Producteur emblématique de la scène de Chicago, mentor de grand nombre d’artistes locaux dont un certain Kanye West, c’est avec No ID que Common a donné ces lettres de noblesse au rap chicagoan.

Nobody’s Smiling est donc un retour source pour Common. En retrouvant son vieux compère, il donne dans le double symbole. Il veut démontrer qu’il est toujours cet artiste capable de sans cesse, se réiventer. Surtout, quoi de plus naturel pour un album centré sur sa ville de Chicago que de reformer le duo qui a mis « Windy City » sur la carte du rap US comme il le dit lui-même.

« Me and Dion back in the zone, I’m doin shows with Tone For the future of the Chi, we gon’ bring it back home »

Maturité + jeunisme = mauvais mélange

Mais le duo est très vite très vite confronté a un problème. Comment assumer sa maturité quand on a plus de 20 ans de carrière et offrir à la nouvelle génération d’auditeur le son qu’elle apprécie ? Ce grand écart marketing est presque impossible à réaliser mais Common s’y emploie malgré tout.

Malgré ces louables intentions, Nobody’s Smiling sombre dans un jeunisme lénifiant. Aussi talentueux soit-il, No ID peine à imprimer une véritable direction artistique à cet album. On assiste à une succession de morceau plutôt qu’à un projet musical cohérent. Certains sortent néanmoins du lot comme la très bonne introduction The Neighborhood où l’on retrouve la joyeuse bande de Cocaine 80’s.

Le single de Nobody’s Smiling intitulé Kingdom tire également son épingle du jeu. Avec ces choeurs d’église et son allure martiale, No ID livre ici à Common un écrin au sein duquel les paroles prennent tout leur sens.

Blak Majic, symbole de cet égarement musical

Sur le papier, le travail en commun de ces artistes laisse entrevoir une collaboration fructueuse avec la présence de la très talentueuse Jhené Aiko. On est en fait très déçu de la production lourde servit par No ID. Un sample répété en boucle, un beat ultra-bruyant qui a rapidement le don d’agacer. C’est peu dire que l’on est déçu par ce titre.

Pourtant tout n’est pas à jeter dans ce Nobody’s Smiling. Common reste un des MC les plus réguliers du rap US et il le prouve ici une nouvelle fois. Sans être éblouissant de technique, ces textes sont d’une justesse rare. D’autant plus que le sujet lui tient cette fois particulièrement à cœur.

Common, les textes avant tout

Véritable plongée dans une ville de Chicago en proie aux violences, cet album de Common s’attache à décrire la ville tel qu’elle est aujourd’hui (The Neighborhood) et en dépeint les principaux acteurs. Qu’ils s’agissent du jeune homme tenant son corner et rêvant de gloire, comme sur No Fear ou de ces femmes qui livrées à elles même doivent en faire plus que les hommes pour survivre (Hustle Harder), Common s’attache à les dépeindre avec attention.

On retrouve aussi avec plaisir le Common que l’on apprécie sur Kingdom et qui lui a valu cette réputation de rappeur conscious. Sur fond de religion, il s’applique à tresser une métaphore autour de la clé. Clé du paradis, clé de la prison deviennent le symbole d’une liberté qui nous échappe sans cesse.

Common, promoteur de jeunes talents

L’autre bonne surprise de Nobody’s Smiling, c’est la présence de ces jeunes pousses que Common souhaitait mettre en avant. Ces rookies font plus que se mettre au niveau. Qu’il s’agisse de Lil Herb sur The Neighborhood et son couplet tout en énergie, ou Dreezy et son flow sur-vitaminé sur Hustle Harder, on s’aperçoit que la relève de Windy City est dores et déjà assuré. A noter également, la présence de Vic Staples, l’étoile montante californienne qui confirme ici tout le bien que l’on pense de lui.

Les fans de Common seront parfois déçu par cet album sans audace mais il permettra surement à la nouvelle génération de découvrir ce poids lourd de la scène US.

common - nobody's smiling

Close