Close
Détroit – Horizons

Détroit – Horizons

C’est plus de 10 ans après Des visages, Des figures que nous revient Bertrant Cantat, ex-leader de Noir Désir, épaulé de son ami Pascal Humbert.

Plus de 10 années tumultueuses qui viendront nourrir ce disque. Car Horizons, est un album introspectif, saigné à vif mais néanmoins marqué par une nostalgie touchante. Le chanteur ne joue plus avec les mots, ce sont désormais eux qui jouent avec lui.

Et c’est à travers son vécu qu’il nous touche, nous.

Musicalement parlant, le disque est dans la digne lignée de l’ultime livraison de Noir Désir, bien qu’ici Cantat ne soit accompagné d’aucun des membres du groupe.

Poésie triturée, les mots sont hachés, crachés ou chantés sur des sonorités évoquant les grands espaces, aussi bien extérieurs qu’intérieurs au poète. Que ce soit la basse, la guitare ou bien encore l’harmonica, tous les instruments servent le texte si bien que l’on pourrait croire qu’ici la musique n’est qu’un prétexte.

Un prétexte pour que Cantat, après ces longues années puisse enfin s’exprimer. Bien sûr, la traversée de ce disque aux routes sinueuses est risquée, les vipères ne manquent pas de se cacher derrière le cri sec des guitares, et il n’est jamais bon de trop s’exposer à cette douleur viscérale qu’est celle qui a donné sa couleur à chaque morceau de l’album, comme autant de débris de l’esprit du chanteur, mais que c’est bon.

Et si ça l’est, c’est que chacun pourra s’y retrouver, et trouver dans la souffrance de l’un, l’humanité de tous. Sur ce point, mention spéciale à Ange de désolation qui conjugue merveilleusement bien la part d’ombre et de clarté du poète et de son œuvre, et à Horizons voyage en huis clos qui paradoxalement invite à l’évasion.

Deux instrumentales ainsi qu’une reprise d’Avec le temps de Léo Ferré viennent consolider l’ensemble sans pour autant diluer l’intensité de l’écoute.
Un paysage désolé, beau mais troublant.

Détroit - Horizons (cover)

Close