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Eyes & No Eyes – Folk spleen infini

Des balancements clashés de guitares et un chant lancinant habitant les mélodies, voici Eyes & No Eyes qui propose en 8 titres une pérégrination sombre, bordés de noirceur poétique au goût rock âpre, adoucit par le chant délicat qui ouvre sur un autre monde.

Tristram Bawtree (chant, guitare), Becca Mears (Violon), Thomas Heather (batterie) et Marcus Hamblett (basse) forment le cœur incandescent de ce groupe anglais qui dit l’invisible et chante l’indicible.

Cadençant leurs mouvements d’effluves rock qui préparent à la transe sur Breathe In, ils torsadent leurs harmonies jusqu’à en faire de douces lumières qui dansent sous le souffle des instruments, comme sur le très beau Autocrat.

Poésie itinérante pour harmonies libres de leurs sens, Eyes & No Eyes tutoie les cimes des désirs, appuyant les regrets et gerçant les angoisses.

Sous une ligne de guitare funambule, à l’ombre de percussions graves, Hidden Thieves souffle ainsi un spleen rocailleux qui jamais ne relâche la pression. Pulsations au cœur, notes en traverse tels des bleus, le chant envoûte, accompagnant les émotions, les renversant.

Alors d’une guitare chaude et d’un chant délicat, le récit se fait plus opaquement doux, telle une ballade au ralenti, alternant les balancements d’une inégale mesure, chassant les doutes à coup de cordes sèches, scandant les esprits de vagues ténébreusement timides.

Le ciel menaçant se déploie dans un folk vénéneux, l’hiver semble prendre congé des paysages pour s’installer au creux de l’âme, au chaud du cœur. Les teintes, assombries par le violon, défilent embarquant les fils d’une histoire écrite par Tristram Bawtree. Les notes s’y chevauchent, les sentiments s’emmêlent dans ce bal au doux nom de Rust, crescendo grave qui s’envole dans de funestes notes.

Puis Old Crow pousse les tempêtes, embarquant pour un folk aux clairs-obscurs étoilés, le rythme se farde d’une douceur triste, le chant y guide les manques, y traîne le destin.

Dans un crépitements d’âme, Blackwaterside charrie les émotions, démasquant l’ivresse, déposant le jour pour un début de nuit inconnu, à la lueur du chant qui percute les cœurs. Leur spleen délicat s’enflamme ainsi de poésie, s’éteignant avec The Drowned World. Là, les harmonies nuageuses saccadent les peines, attisent les serrements de cœur.

Eyes & No Eyes emporte en 8 pistes, d’un rock flambé de folk, de délicate ombres qui hantent les harmonies sombres. Tissant une toile harmonique aux teintes brumeuses, il déchire l’asphalte de ce bel instant brouillé.

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