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Figaro – Copake

Figaro, groupe fougueux découvert avec l’entraînant Moving Slowly, revient avec leur pop dynamique aux effluves rock qu’il distille sur leur premier album Copake.

Leur pop toujours aussi mordante est un plaisir qui se déguste bien frappé comme leur petit Queen Mary, la nostalgie en touches diffuses signes d’un psychédélisme années 60 porté par un dynamisme bien ancré dans le temps présent.

Sur Copake, Figaro se lâche, sans rien perdre de sa superbe. Avec un rythme sauvage sans répit, ils offrent une pérégrination douce en terres cadencées par la voix du chanteur, proposant des pistes entêtantes qui luttent de leur tempo singulier contre l’angoisse, la sérénité cachée dans les choeurs comme sur Summer House.

Cherchant des cadences addictives, ils les déploient en les modulant, tantôt plus musclées, tantôt plus suaves comme sur le connu Moving Slowly qui claque comme un appel à rompre le quotidien de ses guitares, invitant à aller chercher plus sur un tempo soutenu de chœurs entêtants.

De cris d’urgence en murmures acidulés et doux, leurs sentiments en demi-teintes conquièrent comme sur Nantucket qui apaise son acidité par des chœurs vaporeux transformant l’accroche initiale en boucles plus voluptueuses, en un slogan irrésistible craquant sous les percussions entremêlées de guitares électroniques.

Au cours de leur ballade, Brain Operator se cache là, évasion tout en échos tendres tendus sous le joug des guitares, le chant cadençant chaque pas de cette promenade chaude et nostalgique.

Avançant délicatement, avec des pointes de vitesse et de poésie, ils naviguent en différentes eaux comme sur Countryside, qui ressemble à un petit mantra accompagnant l’esprit de ces notes douces teintées d’une mélancolie aux reflets des guitares lancinantes.

Figaro est maître dans cette oscillation perpétuelle entre douceur suave et énergie plus musclée, sans que l’un ne gagne, maintenant un parfait équilibre qui chevauche leurs rêves diffus ainsi qu’un horizon infini qui se dégage à mesure de l’avancée dans Copake.

Battant la mesure, réchauffant de leur chant, ils savent happer sous leurs teintes chaudes et leurs harmonies plurielles s’en dégagent comme un dernier rayon de soleil avec Northern Winds. Mélodies intemporelles, emplies d’effluves années 60′ en douceurs matinées des années 70′ infusées de vapeurs actuelles, ils conquièrent intensément avec leur sens du rythme impeccable.

Les guitares douces s’y succèdent, s’excitant en osmose avec le chant qui module les harmonies pour chercher d’autres voies tout aussi accrocheuses comme sur Fly Away qui embarque intensément.

Alors Korean Monk clôt l’opus, comme il a commencé, sous un chant musclé dont le rythme mutin réveille les esprits, modulant la transe des corps. Nostalgique et intemporel, Figaro est un groupe qui conquiert l’énergie, soufflant sur les braises du souvenir, l’irradiant d’harmonies musclées à la sérénité douce.

En 9 titres, ils prouvent avec Copake leur intensité sauvage, à l’orée de mélodies autres, en touches délicates et avec entrain. Avec douceur, ils semblent dire de leurs harmonies « La clarté ne naît pas de ce qu’on imagine le clair, mais de ce qu’on prend conscience de l’obscur. »

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