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Filbert : Chronographic

Filbert : Chronographic

Grandir sans oublier son âme d’enfant, dans ce monde qui quelquefois peut être âpre au gout, ne devrait pas être facultatif. Pour ceux qui pensent que « vieillir, c’est battre en retraite », bienvenue dans le monde de Filbert, qui vous montre que l’on peut très bien concilier les deux et que grandir, ce n’est pas toujours renoncer à certaines choses.

Filbert, c’est Daniel Gutierrez, Briana Gregg, Josiah Byars, Matt Scheuber, Mike Gonzalez, Jon Fadum et Dana Androsky. Ils font de la folk mâtinée de pop un peu créativement déglinguée.

Ici, ce qui frappe, c’est d’abord la voix singulière et sa cadence décalée à l’âme douce et mélancolique. Puis, dans un second temps, c’est cette musique sortie de nulle part, qui touche intensément, dès la première écoute. Ce folk organique semble bricolé de pleins d’influences diverses, d’harmonies peintes à la brosse. Filbert vient de dévoiler son album Chronographic  qui touche et réchauffe, comme s’il nous fournissait un endroit capable de réconforter et de protéger.

Breath débute l’opus comme une respiration délicate et l’âme de Filbert vous saisit au vol. Des guitares bordent cette étrange ballade, cousue d’une âme délicieuse et complexe. Alors, peu à peu, s’installe l’ambiance si particulière de cette musique douce et pensive.

Un peu dans la veine de Yoni Wolf, la voix chaude appuie le tempo entraînant, une sorte de boite à musique psychédélique. Quelquefois les murmures et le chant se conjuguent comme pour mieux raconter un conte pour adulte.

Dans cette ronde sonore, vous vous surprenez à chercher les licornes et les elfes, mais rien de tout cela pourtant, seulement une vision mi-tendre, mi-brute de la vie qui vous réconcilie avec le monde. La sensibilité à fleur de peau, Filbert, au nom moyenâgeux est une belle découverte, une intemporalité emplie d’un humanisme qui se voile, se dévoile et se cache.

Les sept pistes vous glissent dans une torpeur malicieuse et vous fait relativiser la vie. Headphones, lui, est une petite merveille de musicalité troublante, de tintillements soudains et d’échos de journal intime tâché d’encre. Ces paroles semblent avoir été écrites par un élève montré du doigt par le système, car sa créativité n’était pas en adéquation avec ce que l’on nomme les normes. Atypiques mélodies donc, qui font du bien et colorent le monde de teintes différentes.

Quant à Sliced Bread, Collections, Race Cars and Chocolate, elles vous conquièrent totalement à coup de doux uppercuts et de délicats instants offerts en cadeau… Et si le changement c’était maintenant ?

FILBERT : Chronographic

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