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Girls in Hawaii @ Le Nuba

On savait Girls in Hawaii de retour grâce à leur EP Misses, sorti en avril dernier. 4 titres mélancoliques, 4 pistes qui martèlent avec force qu’ils reviennent.

Puis, le concert à la Gaîté lyrique avait un peu stoppé nos ardeurs, mais c’était sans compter ce concert du 1er juillet, avec leur nouveau batteur et leur nouvel claviériste, où Girls in Hawaii enflammait le Nüba.

Sur la scène, le plaisir aux lèvres, les 6, balançaient leur renaissance à la face du monde. Oscillant entre des rythmes tonitruants portés par des guitares clashants le chant, et un folk doux emportant les mélodies jusqu’à ressentir un plaisir évident poindre et une douceur fatale se faire lancinante.

Lundi soir donc, ils en ont aussi profité pour dévoiler des chansons inédites de leur prochain album Everest, dont la sortie est prévue pour la rentrée chez Naïve. Sur une route troublante, de la disparition à la reconstruction difficile, ils en gravissent à leur rythme, les étapes essentielles, à la force de leur volonté et de leur rage.

Ces étapes se font en musique, équilibre latent entre une force électrique qui met à genoux et une fragilité qui craquelle de failles leurs mélodies à la volée. Au Nüba, Girls in Hawaii, marquait de leur grand retour l’arène musicale, à leur haut niveau, avec tendresse. Il est des miracles construit dans les larmes et les notes, celui-ci en est un.

GIH, ces enragés de la vie dont les armes sont leurs harmonies poignantes, reconstruisent leur monde en clairs-obscurs, avec une élégance subtile et une cadence infernale qui vient secouer le public, ravivant par là-même l’amour qu’il leur porte. De ce partage, lundi, de plus d’une heure, une évidence apparaît Girls in Hawaii gravite parmi les plus grands, et Everest porte bien son nom.

Parti de sommets de désolation, de dédales en ruine, ils plantent un drapeau rouge sang en haut de leurs entêtantes mélodies. A coup de riffs, ils surmontent l’incertitude. De leur pop qui fait des écarts, se faisant plus rock, plus fatale, une fluidité à toutes épreuves transparaît dans leurs harmonies.

Not Dead  et Rorschach  sont sans équivoques. « I’m not dead » parcourt la salle dans des bourrasques de mélodies, scandant en un cri l’obligation de survivre. En écoutant ce titre,  la phrase de Balzac prend ici tout son sens : « ils prenaient plaisir à répéter une même phrase en épanchant la passion dans ces belles nappes de sons où leurs âmes vibraient sans obstacle.  »

Girls in Hawaii @le Nuba

Les périples ont éraflés leurs âmes mélancoliques, écorchés leurs mélodies à en devenir foudroyantes. Aux confins du rock, ils signent un retour fracassant. De la première à la dernière note de leur concert, GIH a la rêverie sombre qui hante les couplets de leurs toutes dernières chansons.

Girls in Hawaii @ le Nuba

Derrière une énergie rageuse, des tempêtes de guitares bagarreuses font la haie. Mélanges de sonorités enivrantes, cette pop donne l’importance aux rythmes, chérit les précisions, aime les contrastes et les compositions taillées à l’orfèvre. Étendard d’une scène Belge en émoi, il flotte aux vents, une beauté insoupçonnable habitant leurs pas de danses.

De Misses à Dirty Sands salement beau, tout en échos brouillés et en boucles synthétiquement additive, à Words Are in the woods, folk triste à la boue lumineuse, à la mélancolie abrupte, à la douceur vive, à la blessure à fleur de peau, leur valse scandée, à moitié susurrée est emplie de guitares chaudes, de batterie en furie et de clavier en émoi. Girls in Hawaii, en live, a l’élégance délicate, le murmure doux et l’énergie infinie.

La force dans les harmonies est continue, tenue par les voix qui sont des rythmes plurielles se chevauchant fougueusement. La respiration douce des claviers s’y mêle et les envolées sont intenses.

« I Miss You » résonne en boucle dans le Nüba, sur fond noir mis en lumière par une alchimie qui se ressent. Poésie faite des vivants au sujet des disparus, canevas touchant d’un puzzle qui se reconstruit.

Après Plan Your Escape, ils rompent donc leur silence de 3 ans suite au décès de l’un des leurs et renouent doucement avec la scène.

Sur cette scène du Nüba, justement, heureux, Antoine Wielemans (chant, guitare, basse ), Lionel Vancauwenberghe (chant, guitare), Daniel Offermann (basse, percussion) Brice Vancauwenberghe (guitare et chant) et les deux petits nouveaux : François Gustin (clavier) et Boris Gronemberger (batterie), ont rappelés au public qu’ils étaient là et bien là.

Girls in Hawaii @ le Nuba

GIH est un soleil noir, un second souffle délicieux aux entailles à peine cicatrisées, à la joie de vivre renaissante. Des lames de souvenirs chargent leurs chansons comme This farm will end up in fire, Fields of gold, The Frog, anciennes pistes trouvant une autre dimension ici, une autre sonorité.

Puis à l’envolée, Birthday Call résonne. Le chant décalé est une complainte soutenue par la force des guitares. Le rythme change, bifurque, se chargeant de voix plurielles. Eux claquent le tempo en tapant des mains, comme le public qui suit.

L’association est belle entre ces chants polymorphes et ces guitares en rafale, la pop de Girls in Hawaï est profonde et envoûtante. L’évasion en invitation, fragiles comme les premiers pas d’un convalescent, Girls in Hawaï reprend ses marques en délicatesse.

Un rappel plus loin, Girls In Hawaï est définitivement de retour, à très bientôt glissent-t-ils… Effectivement, ils seront à Hasselt (Belgique) pour le festival Pukkelpop le 16 août et au Trianon à Paris le 20 Novembre prochain. Ne les manquez pas, GIH s’écrit sur les chairs, tambourinant à la porte de votre âme.

Girls in Hawaii @ le Nuba

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