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Graph Rabbit : Only Fields

Graph Rabbit est un duo originaire de Brooklyn qui se compose d’Austin Donohue au chant et à la guitare et de Shy Kedmi aux synthés. Leur premier album Snowblind sortira le 9 octobre prochain. Il est produit par Allen Farmelo (The Cinematic Orchestra, Talk Normal) et masterisé par Valgeir Sigurösson (Bjork, Sigur Rós). Leur musique est à la croisée de l’univers de Sigur Rós et d’Inspired & The Sleep.

Graph Rabbit n’a véritablement pris forme que lorsque Donohue a commencé à travailler avec Allen Farmelo en 2010. Tout droit sorti de leur imagination, toujours fort poétique, leur monde musical est librement inspiré des oiseaux, des arbres et de la neige, dans une ambiance très cinématographique.

A l’écoute de Only Fields, leur premier single, le contrat est réussi. Les envolées du chant de Donohue font irrémédiablement penser à des oiseaux survolant un champ à l’étendue infinie, où les rayons du soleil donnent de multiples reflets et clarté aux paysages ainsi baignés de lumière. Ici, guitare, synthés analogiques et glockenspiel tintillent l’espace pendant que la voix de Donohue hypnotise l’oreille.

Paysage surréaliste et sons aux textures inattendues s’unissent ici. Seuls les champs infinis arriment l’horizon que Donohue de sa voix vaporeuse étire de manière démesurée. La piste est un parcours initatique, une errance minimaliste et envoûtante dans un paysage aux contours brouillés, à la poursuite d’oiseaux à travers champs. Tout en acoustique, la piste est belle et arrête le temps réel instantanément.

Only Fields débute comme une berceuse enfantine. Très vite, les notes deviennent plus intenses, denses et progressent dans une envolée souple et floue. La voix de Donohue est douce et profonde. Elle semble dompter les synthés qui ondulent accompagnés de petits tintillements. Ici, la rêverie sonore est puissante, plaine où les reflets de chaques élements s’allient aux autres et sont à l’unisson. Lumières qui se réfléchissent et miroitent, l’harmonie est extrême et le résultat parfaitement calme.

Les sens et les sons ne font qu’un, douce torpeur où la mélancolie se colore de teintes irisées. La voix d’Austin Donohue vous rappelle à l’essentiel et vous perd dans des méandres de douceur profonde où passent les attentes d’une vie ou d’un instant. Là, au milieu des synthés délicats et de la guitare réconfortante, la phrase de Sénèque résonne et prend tout son sens : « Hâte-toi de bien vivre et songe que chaque jour est à lui seul une vie » .

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