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How to Dress Well : Cold Nites

How to Dress Well : Cold Nites

Derrière How To Dress Well, se cache Tom Krell, musicien envoûtant qui crée une musique belle et insaisissable ou plutôt sans étiquette. Troubadour aux larges ambiances tamisées avec un goût pour la mise en scène par l’orchestration, Tom Krell a une flamme incandescente dans les paumes de mains et confère à sa musique, une sonorité inclassable et magnifique.

Mélodie aux envolées incontestables, How To Dress Well sait comment atteindre les sommets, en traversant différentes sensations grâce aux changements irisés des pistes et des harmonies larges et édifiantes qui y sont contenues.

Ocean Floor For Everything, la première piste dévoilée a une mélodie qui semble toute aquatique. Là, dans une immensité abyssale, la chaleur est diffuse, l’étreinte est caressante et la voix de Tom Krell vous happe dans des vagues douces et profondes, où le R&B est alternatif et mélangé à des sonorités langoureuses. Sa voix et ses arrangements se marient merveilleusement bien et appartiennent à un ailleurs, intemporel et inlocalisable.

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Monde englouti, sa lo-fi explore pourtant à n’en pas douter des sons de la fin des années 80 et du début des années 90, des sonorités Rn’B l’élèvent et participent au brouillage mélodique, si précieux pour Tom Krell.
Sa seconde piste Cold Nites, issu de son album à venir est un hymne aux arrangements mélodiques minimaux qui paraissent déformés. Le résultat en est qu’à l’écoute, il semble que les sons soient détériorés et viennent mourir à vos pieds, dans un dernier soupir irrévérencieux. Ici, l’écho de l’infini résonne et les limites ne sont plus audibles, tant elles sont floues et non avenues.

Mélange de distorsions et de réverbérations harmoniques, la voix dévastatrice de Tom Krell donne le ton et demeure un mystère des sens. Sa musique intrigante est dépouillée et pourtant si évocatrice qu’elle en appelle à la méditation.

Les silences et les ruptures de rythme font partie prenante de la composition, contribuant à la rendre infinie. Les progressions, la lenteur diffuse forment l’étreinte mélodique et vous laisse songeur. Au bord de ses musiques meurt la solitude triste et la beauté du vide immense, presque plein, se réveille.

Total Loss sortira le 11 septembre via Acéphale et Domino Records, onze hors pistes, onze réflexions intimistes submergées par une passion dévorante. Sons vagabonds aux confins du sublimement triste qui nous rappellent son talent de Just Once, s’éloignant de Love Remains.

La fracture est là, mise en lumière et chérie. Il est des musiques bohèmes où crèvent les sentiments comme en extase. How To Dress Well y participe, subtilement et furieusement. Tom Krell fait résonner le « je cherche une fêlure, une fêlure pour être brisé » de Georges Bataille, avec délicatesse.

 

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