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La PreskITW : Alex Hepburn, ame bluesy et soul incendiaire

La PreskITW : Alex Hepburn, ame bluesy et soul incendiaire

Alex Hepburn, des yeux d’un bleu profond et une âme intense qui se lit dans sa voix, qui transperce ses mélodies et s’imprime dans ses notes. Nous avions été conquis par ses titres lancés à l’arrachée sur des vidéos faites maison. A l’occasion de la sortie de son premier single « Under » chez Warner et après son concert en première partie de Matt Corby, nous l’avons rencontré pour vous.

PM : Comment et quand as-tu commencé à chanter ?
Alex Hepburn : En fait c’est compliqué de répondre à ça car, au niveau du chant, tu n’as pas de date exacte à laquelle tu as commencé à chanter. Tout le monde chante. C’est juste qu’on peut avoir un don, mais après il faut le travailler. Je m’occupe sérieusement de ma carrière depuis les 4 dernières années. Avant ça, pour moi ce n’était pas sérieux car je n’étais pas signée.
Mais ma motivation n’a jamais été d’être connu. Je le fais par plaisir. Je ne fais pas ça pour passer à la TV.

Quel est ton plaisir alors à chanter ?
La chanson, c’est pour moi l’expression thérapeutique de mes sentiments, c’est pouvoir évoquer des douleurs ou des moments de joie vécus.
Le truc c’est de pouvoir prendre un moment qui me dérange ou me fait plaisir dans ma vie, et en 3 minutes 50, l’exprimer. En fait c’est bizarre, mais par exemple, si j’ai un problème de cœur, avec quelqu’un qui m’a fait de la peine, j’écris une chanson et c’est presque comme si tu scellais cette émotion dans cette chanson. Tu bloques l’émotion dans le temps et c’est vraiment un truc qui est soulageant pour quelqu’un comme moi qui suis très émotive.

Mais du coup, quand tu reprends ces chansons, quand tu ouvres à nouveau la boite, qu’est-ce qui se passe ?
Je revis le problème. Et c’est très difficile pour une chanteuse d’évoquer sa propre vie.

Tu écris et composes toutes tes chansons ?
J’insiste pour faire mes textes et mes mélodies car je ne peux pas raconter la vie de quelqu’un d’autre. Je n’arriverais pas à transmettre d’émotion. Je fais aussi des co-écritures. Soit la personne fait la mélodie, soit on partage l’écriture des textes.

[pullquote]J’écris beaucoup de titres : 257 chansons en 2 ans et demi.[/pullquote]

Tu es d’origine écossaise, tu es née et tu vis à Londres mais tu as vécu dans le sud de la France (à Valbonne) quand tu étais petite. Quel est ton sentiment par rapport à la France ? Tu prévois de revenir y vivre ?
Actuellement, je passe pas mal de temps à Paris et ce que j’aime beaucoup c’est qu’en France, vous aimez la vraie musique. Là où l’Angleterre pourra avoir des artistes « fashions », limite jetables, la France semble moins avoir ce problème-là.
Et même si les textes sont moins faciles à comprendre pour vous en anglais, vous percevez les sentiments d’un titre, et ça c’est important !

Sur ton EP, il y a Woman de Neneh Cherry, pourquoi cette reprise  ?
Ce que j’adore dans cette chanson, c’est le groove du titre, les textes et aussi parce que c’est une chanson qui est contemporaine sans être récente. Il fallait que les gens connaissent. C’est une chanson de 96. Si j’avais fait une reprise de Hendrix, cela aurait peut-être moins parlé aux gens.

Tu as été repéré sur Myspace. Comment ça s’est passé, qui t’a approché ?
J’ai posté deux-trois titres et ça a bien buzzé. C’était même devenu n°1 au Blues Charts US et les scouts de mes éditeurs, Universal, m’ont trouvé comme ça. Ils m’ont envoyé un message pour me dire qu’ils voulaient me produire, mais je n’y croyais absolument pas au début. Mais c’était bien eux !

Mais quel regard portes-tu sur internet alors ?
C’est énorme car d’un côté, c’est ce qui change complétement l’industrie de la musique et peut menacer l’artiste, mais c’est également un excellent moyen de se faire remarquer.

Sur Internet, les clips ont l’air également importants pour toi, tu en postes régulièrement, est-ce toi qui les définis  ?
Oui et c’est super important. Pour Pain Is, c’était clairement improvisé. Par contre, pour le script de Stop Fucking Around, c’est moi qui ai eu l’idée. Le clip d’Under est superbe. C’est Mark Maggiori qui en a écrit le script et qui est très talentueux.

Tu es signée depuis un petit moment et l’album sortira en février 2013 ?
Oui, l’album a pris plus de temps. En fait, j’avais un gros ¼ de l’album déjà écrit mais le souci, c’est que j’écris beaucoup de titres (257 chansons en 2 ans et demi), et qu’à chaque fois que je faisais une session, je sortais un titre qui était plus fort que les autres. Du coup, la Warner a mis du temps à décider du bon single. Et lors de mon dernier voyage à Los Angeles, il y a peu, et alors que l’album était déjà mixé, j’ai enregistré Pain Is et Under. Et du coup, il a fallu remixé l’album pour les intégrer !

[pullquote]La chanson, c’est pour moi l’expression thérapeutique de mes sentiments, c’est pouvoir évoquer des douleurs ou des moments de joie vécus.[/pullquote]

Pour un premier album, tu as été en partie produite par Jimi Hogart, Gary Clark et Ian Barter, mixé par Cenzo Townsend, masterisé par Tom Coyne. Tu es satisfaite de ces collaborations prestigieuses ?
Ah oui ! Et il y a aussi Linda Perry qui a fait Pain Is  également ! Je pense que j’ai de la chance. Les gens aiment ma voix, peut-être car ça leur fait penser à une époque différente, vintage.

Tu parles extrêmement bien Français. Est-ce que tu envisages une chanson en Français ?
J’aimerais bien mais par contre, je pense que je n’écris pas encore aussi bien en français qu’en anglais. Donc pas pour le moment. Mais ça pourrait être intéressant, car je ne sais pas si vous avez une voix cassée comme la mienne en France.

Cet album à venir sera Soul 60’s/70’s ?
Oui complétement. Même la version de Under qui est sur l’album n’aura rien à voir avec celle de la radio. Celle de la radio est un remix, celle de l’album est produite avec des batteries, orgues et pianos… Tout l’album sera vintage, années 60.

Quel sera ton prochain single et quand va-t-il sortir ?
Ce sera soit Angelina, soit Miss Misery, même si j’ai une préférence pour Angelina. Et ça sortira surement en février 2013, pour la sortie de l’album.

Tout le monde compare ta voix à celle de Janis Joplin. Est-ce que ce n’est pas trop dur à porter ?
C’est juste énorme comme comparaison. Ce que je ne voudrais pas, c’est que les gens m’attaquent là-dessus en disant : « Alex Hepburn ne pourra jamais être Janis Joplin » car c’est bien évidemment une icône absolue.
C’est une super comparaison qui met la pression, mais ce qui est marrant c’est que je n’ai pas forcément grandi en l’écoutant. Ma voix n’a pas été façonnée pour ressembler à celle de Janis Joplin, c’est simplement parce que je fume beaucoup, depuis que j’ai 13 ans…

Quelles sont les personnes avec qui tu rêverais de travailler ?
Ils sont tous morts ! Jimi Hendrix, évidemment. Etta James qui pour moi avait une des plus belles voix possibles et Jeff Buckley.
Sinon, en vivant, je bosserais bien avec The Black Keys, The Lumineers et j’aime bien Drake aussi, car j’aime beaucoup le Hip-Hop.

Qui y-a-t-il dans ton lecteur MP3 ?
The Black Keys, The Lumineers « Ho Hey », Drake, Hendrix et Janis Joplin (Summertime)

En parlant d’autres artistes, quel est le dernier concert que tu as adoré  ?
Franchement, Matt Corby m’a bluffé. Sinon, Stereophonics au Hammersmith Apollo, c’était vraiment super.

D’ailleurs, tu étais (le 5/12) en première partie du concert de Matt Corby à Paris. Tu as d’autres concerts prévus en France ?
Le 19, je serais en live à l’occasion des 3 ans de CanalStreet.TV à La Bellevilloise.

[pullquote]La chanson qui me définit Catfish blues reprise par Jimi Hendrix et la citation : “The man who smiles when things go wrong has thought of someone to blame it on.” ― Robert Bloch.[/pullquote]

Et tu choisis toujours ce que tu chantes en concert ?
Oh oui ! A chaque fois.

Ta musique est un engagement, en étant forte et profonde. Quelles sont les causes qui te font réagir et qui te donnent envie de t’engager?
Je me suis engagée pour la lutte contre le cancer, ce qui est en quelque sorte ironique vu comment je fume.
Ce qui me met le plus hors de moi est certainement l’esclavage moderne, la traite des femmes, le trafic d’êtres humains et puis les violences faites aux animaux.

Tu viens de parler des animaux, justement, tu dis souvent vouloir devenir biologiste marin. Tu comptes réaliser ce rêve un jour ?
En fait, j’adore les requins. C’est une obsession, j’ai une tonne de bouquins là-dessus. Je ne sais pas si je deviendrais biologiste, mais en tout cas, je veux aller nager avec les grands requins blancs. Mais bon, le label veut que j’attende d’avoir dépassé 27 ans (en référence à tous ces grands artistes morts à 27 ans).

Pour finir, la chanson ou la citation qui te définit le mieux ?
La chanson : Catfish blues reprise par Jimi Hendrix.
La citation : “The man who smiles when things go wrong has thought of someone to blame it on.” ― Robert Bloch.

Pour la suivre : son Facebook et son twitter.

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