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La PreskITW : Bel Plaine

Un premier EP en cadeau intitulé Present, comme pour mieux faire jouer la mémoire dans des bourrasques mélodieuses et inscrire leur nom dans un futur de tous les possibles. Un second EP en préparation, Bel Plaine fait une pop teintée de rock qui claque un peu à la Soma, des guitares et une batterie lancinante baignée par des chants mélangeant énergie et douceur toute contagieuse.

Bel Plaine est résolument un groupe à suivre et à chérir. Ses mélodies ensoleillées à califourchon sur les souvenirs, le cœur dans les harmonies et la tempête dans ses pistes, ce quintette parisien a de quoi vous chavirer. Nous les avons rencontrés pour vous, ces cinq gars talentueux et généreux, tout juste lauréats de Paris Jeunes Talents 2013, pour une interview chorale à 5 voix.


PauseMusicale : Bel Plaine, qui êtes-vous ?
Bel Plaine : Le groupe est composé de Morgan Renault (guitare / chant), Antoine blond (Guitare / chant), Cédric Van Der Gucht (batteur / chœur), Ancelin Quinton (bassiste /chœur) et Alexis Pivot (clavier / chœur). Nous sommes Bel Plaine, un groupe de pop indé, influencé par la musique acoustique folk. On adore les mélodies et les harmonies vocales, ce qui fait qu’on aime bien chanter tous ensemble.

Vous avez commencé à deux. Comment vous en êtes arrivés à une configuration à 5 ?
En fait, lorsque l’on a commencé à deux, on avait déjà l’idée d’être beaucoup pour pouvoir pratiquer un certain style de musique. Sauf que pour cela, il fallait d’autres types de musiciens (batteur, bassiste…), c’est comme cela qu’on s’est agrandi. Mais cette genèse du groupe a quand même pris 1 an et demi, pendant laquelle on a créé l’identité du groupe. Et cette identité s’est finalisée l’été dernier, pendant l’enregistrement de l’EP Present, avec l’arrivée de notre clavier.

[pullquote]On marche beaucoup à l’affectif. C’est aussi ça Bel Plaine.[/pullquote]

Comment cela se passe pour auto-produire son EP ?
On a enregistré l’EP dans une ferme du sud de la France, à Cahors, une très très vieille ferme de 1806 exactement. Elle n’était plus habitée depuis longtemps, les herbes du jardin étaient super hautes.

On a passé quelques jours à jardiner. L’électricité avait été posée quelques temps avant, une seule source d’eau, des douches à l’extérieur… Mais ces conditions étaient une chance, être au milieu de la campagne, le plus libre possible (moralement et psychologiquement), et surtout, beaucoup de temps pour nous.

C’était pas comme dans un studio classique où tu es dans le rush. Là, on avait le temps de réfléchir à des idées qu’on avait un jour et les retravailler le lendemain à tête reposée. Au final, on a peu de regrets sur les arrangements car on a vraiment eu le temps de les travailler comme on le voulait.
On avait pris le matos dans un studio parisien. Du coup, quand on est remonté à Paris, on a enregistré les voix, fait les mixs et c’était bon.

Dans cet EP, il y a une nostalgie optimiste, ça colle à l’image de Bel Plaine ?
Oui, c’est un parti pris. Ça a commencé avec Summer Ends et Flour Drawing, deux titres qui parlaient de notre enfance, et qui représentaient cette nostalgie, ce regard attendri sur l’enfance. Même si on est jeune, on aime réfléchir à ces petites images qui nous replongent en arrière, nous font sourire..

Quel chanson représente le plus cela dans l’EP ?
Forcément Summer Ends, cette petite histoire d’amourette de vacances et Flour Drawing, qui parle de ces souvenirs qui te revient lorsque tu regardes tes parents, ta famille…

Le son sonne très californien, vous êtes un peu des californiens parisiens en fait ?
On aimerait bien habité en Californie mais on aime trop Paris pour ça ! On aime emmener le soleil dans nos titres, c’est une ligne directrice. Là, on est parti sur l’île Madame composé le deuxième EP. On est pas sorti beaucoup mais on cherchait à capter le soleil à chaque instant. Ça vient aussi de l’énergie et l’intensité qu’on essaie de mettre dans notre musique. Il y a également une analogie entre des mélodies un peu catchy, et les textes, qui parlent d’amourettes de vacances, de souvenirs de voyage, qui font du bien. On aime bien jouer tout à fond en fait, comme si on jouait notre vie à chaque morceau.

Et le fait que vous soyez 5 mecs doit bien aider à cela aussi ?
Oui ça fait pas mal d’énergie ! Ce qui fait souvent au départ des mélodies très brutes, simples, et c’est après qu’on se pose la question du relief qu’on va apporter aux chansons. Mais à la base, ça sonne très californien.
Et pour s’en assurer, on tient à ce qu’un morceau qu’on va mettre sur un EP, fonctionne en guitare/voix. Si les gens sont touchés comme ça, on ajoute après les arrangements. Tous les morceaux sont nés comme ça, en acoustique.

Et ça vous permet de renouveler vos titres, comme Walter Castillo…
C’est vrai que Walter Castillo a eu plusieurs vies, avec une première version plus pop / electro qu’on a sorti sur le net, puis une version pour l’EP, un petit peu plus « Bel Plaine », avec plus de guitares. Et en fait, en live, c’est encore une version différente. Nos chansons changent beaucoup et on ne les joue jamais de la même manière selon nos humeurs, nos envies du moment. C’est aussi pour toujours proposer quelque chose de nouveau au public.

Comment se passe le processus de création chez Bel Plaine ?
Pour le 1er EP, c’est différent car on avait travaillé l’EP à 2 avant d »être au complet. Sur le 2ème, chacun amène ses idées et on avance tous ensemble. Chacun apporte sa touche et c’est important.

Et comment vous avez vécu, le fait que quelqu’un d’extérieur au groupe, remixe votre travail ? (les suédois de Digalaux avec Summer Ends)
En fait, on est super fan de leur travail. Ils ne sont pas trop connus encore mais ils sont extrêmement talentueux. On les a rencontré après un concert à Paris, ils nous ont demandé de leur envoyer nos sons. 3 mois après, on recevait ce titre et on a pris une grosse claque.

C’est assez plaisant, c’est presque un honneur qu’on te remixe comme ça en fait. C’est pour cela qu’on a voulu le mettre en avant, en sortant une autre version de l’EP, qui est sorti uniquement en numérique, pour pouvoir ajouter cette version.
Et puis, ils sont devenus des amis. On marche beaucoup à l’affectif. C’est aussi ça Bel Plaine. Certes c’est un groupe de musique, mais c’est aussi grâce à nos amis (photographe, vidéaste, webmaster, ingé son…) qui nous ont aidé depuis le début.
C’est également pour ça qu’on aime bien faire des concerts, ça nous permet d’échanger avec les autres artistes et le public à la fin du concert.

Vous êtes de vrais californiens déjà ! C’est très américain d’aller voir le public après les concerts, de vendre soi-même les CDs ou les T-shirts…
La musique, à la base, c’est un échange. Tu donnes ce que tu es à des gens, qui sont réceptifs ou pas à cela. Donc ça marche pour les concerts, mais on essaie aussi de le faire sur nos réseaux sociaux, notamment sur Facebook. Avoir cette proximité avec notre public, c’est important.
C’est tellement gratifiant que des gens que tu ne connais pas, qui ont écouté ton titre à la radio ou autre, viennent te parler pour te dire qu’ils adorent ce que tu fais.

Vous composez le second EP. Pourquoi un EP et pas un album ?
Déjà un album coûte plus d’argent à produire qu’un EP. On n’a pas encore de label, et si on arrivait à l’auto-produire, il faudrait quand même la structure pour tout ce qui est communication, etc… Ça serait peut-être un peu trop prétentieux maintenant de sortir un album.
Et il y a aussi ce côté américain où cela se fait beaucoup, de sortir deux ou trois EPs et après, lorsque tu as les moyens de faire un super album, lorsque les gens te le réclament, tu fais un album de fou.

[pullquote]Nos chansons changent beaucoup. On ne les joue jamais de la même manière selon nos humeurs, nos envies du moment.[/pullquote]

Et du coup, vous avez des objectifs de fixés ?
Oui et non. L’année dernière, c’était la sortie de l’EP, on y est parvenu. On avance vraiment à notre rythme, en fonction des événements qui se présentent, pour passer à chaque fois la marche suivante. C’est grâce à notre concert à l’International qu’on va faire les Francofolies. Chaque concert en entraine un autre et c’est très bien comme cela.

Vous vous vendez en digital notamment, quel est votre approche par rapport à Internet ?
On essaye d’en faire un outil. On communique beaucoup avec notre public notamment sur Facebook. On aime aussi faire des vidéos, et c’est vrai que pour les diffuser, internet est le média idéal. De toute manière, tu ne peux pas t’en passer aujourd’hui. Et on a la chance d’avoir une vraie communauté qui nous suit sur internet, on a été finaliste du concours Ricard Music Live, et ça, c’est grâce à tous les gens qui ont voté pour nous ! Même chose pour le tremplin Deezer que l’on a gagné.
Ce qui est génial également, c’est le lendemain d’un concert, que tu reçois des messages de gens qui t’ont vu la veille et qui te disent ce qu’ils en ont pensé, c’est un retour direct qui est génial.

Vous avez des concerts de prévus bientôt ?
Les francofolies le 15 juillet.

Vous écoutez quoi en ce moment ?
Foxygen, Half moon run, Nosaj Thing, Daniel Avery, Jamie XX, The Walkmen, Youth Lagoon, Imagine Dragons, Mike Snow…

Site de Bel Plaine : http://belplaine.com/site/

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