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Feu de Joie rêveur et électrique avec la Presk’itw d’Emily Loizeau + Concours

Avec un hommage à Lou Reed, un bébé, une pièce et un nouvel album, tout cela a infusé et nourri Emilie Loizeau de racines supplémentaires et de notes poignantes à la douceur survoltée. 

Artiste humaniste, troubadour moderne à la plume gracile et ouverte sur un monde contemporain en implosion, elle en dissèque les émotions au travers d’histoires intimes en une fable qui croise des résonances sociétales en des notes à la beauté chimique, rêveuse et électrique.

De cet album Mona, sorti chez Polydor, Emily nous en conte l’histoire, sa vision des émotions et fait voler les coeurs en un grand feu de joie, le 10 novembre prochain à La Cigale pour une décharge émotionnelle qui se vit sur scène et pour lequel on vous y invite, avec un concours.

Magie des mots et respirations troubles ourlées d’une lumière à la délicatesse brute, rencontre avec une artiste touchante qui dit le monde et le coeur, sous forme de fable et d’harmonies à l’alchimie poétique.



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Pause Musicale : Un nom français, des mélodies en anglais et en français et une voix féminine douce qui se fait sauvage, parfois brute dans ses paroles : explores-tu les contraires, les contrastes et les contradictions et aimes-tu naviguer en eaux troubles ?

Emily Loizeau : Oui, c’est vrai, j’aime les contrastes et les contradictions. J’aime éclairer les choses d’univers contradictoires, j’aime par exemple traiter de choses violentes noires, désespérantes avec un angle lumineux, absurde, drolatique parfois ou au travers du conte et du langage de l’enfance.

Je trouve que du coup, on arrive plus à tirer du sens et de la vérité et que ces choses sont plus recevables, parce qu’elles passent par le prisme de la légèreté et de l’enfance et du rêve. Cela permet de dire les choses de manière encore plus directe finalement et de dire des choses que l’on ne pourraient pas dire aussi frontalement, en les cadrant dans quelque chose de plus réel.

Les contraires permettent d’avoir un sens plus pertinent. Par rapport à la langue, c’est beaucoup plus organique et inconscient, sans doute lié à ma culture. J’ai été élevé dans les deux langues. Je pense, je rêve, je parle comme cela donc j’écris comme cela, non pour jouer sur la bipolarité mais parce qu’elle est en moi.

« La plus belle chose d’une chanson, c’est qu’elle fait voyager dans l’imaginaire de l’autre. »

En plus, j’aime faire que ces deux langues se rencontrent parfois au sein d’une même chanson ou au sein d’un même disque, parce que cela m’amuse d’essayer de les rapprocher l’une de l’autre.

Lorsqu’on parle deux langues, les gens peuvent avoir l’impression que l’on change un peu de personnalité et c’est un peu le cas, puisqu’on épouse une autre culture et des racines qui ont leur différence, à chaque fois que l’on parle dans une langue ou une autre. J’aime que celles-ci s’entrechoquent et se rassemblent.

EMILIE Loizeau -interview

Mona, est-ce des métamorphoses plurielles et des réinventions de ton identité artistique baignées d’une mélancolie douce qui dit la vie et ses phases parfois sombres, en étant sur le fil ?

C’est ce que je cherche en tout cas et si c’est ce qui se ressent, tant mieux. Je crois que j’ai toujours essayé de faire ça, depuis mes premiers disques, mais celui-là étant un conte, une fable écrite sur le thème d’une histoire intime et réelle, c’est de manière plus intense que sur les autres disques.

Effectivement, ce sont également des réinventions. C’est une réinvention d’une histoire dont je n’ai cessé de métamorphoser les éléments de réel pour en faire des fantasmagories complètement délirantes et non reconnaissables. Mais, en même temps, je voulais qu’elles restent ancrées dans le réel pour que le propos et ce que je cherche à dire reste limpide, même si il y a des côtés parfois obscures.

L’histoire d’un enfant vieux dans un univers absurde, mais à la fois bien réel avec des médecins qui défilent pour livrer leurs diagnostics. La pièce de théâtre, c’est cela et les chansons en découlent.

« Je me suis dit que l’on était tous des déracinés potentiels. On est tous potentiellement voués à être un jour sur le fil de la vie et en migration. »

Ensuite, oui dans la musique, il y a une métamorphose à partir de ce que je suis et de ce que je développe depuis le 1er disque.

Quelque chose de très organique, d’acoustique et de très naturel, même si il y a une guitare électrique avec un son très particulier, travaillée de manière très organique. Ce qui me plait dans le son, c’est que ce ne soit jamais lisse, mais en même temps très simple et pure, avec une vraie recherche et une vraie patte.

En tous les cas, ce que j’ai voulu faire là, c’est métamorphoser cela, vers quelque chose qui soit perverti, transformé, ébréché, tordu par des effets chimiques avec une pincée d’électro à peine visible. Mais, cette pincée est là, transformant du coup ce paysage de manière très volontaire par rapport aux compositions d’une part et d’autre part par rapport à l’histoire qui a un côté psychédélique et un peu sous drogues médicamenteuses.

Il y avait également la froideur de ce registre médical que je voulais rendre. Du coup, dans ma recherche de sons et sur ma maquette, j’ai réussi à dessiner un son rythmique, un son de voix, un piano transformé en guitares par des effets, déjà à la source. Ensuite, c’est cette couleur là qui en est sorti, en allant voir Renaud Létang qui lui est vraiment un génie sur ce genre de travail et qui a fait de cela quelque chose de classieux, mais en suivant cette intuition que j’avais eu au départ dans les maquettes.

Et en faisant cela, mon groupe, l’orchestration d’Olivier Koundouno, sa beauté, sa pureté, son côté très classique est arriver à en faire une fusion. C’était un pari pour moi, d’arriver à faire un alliage de ces deux choses. J’étais très heureuse d’aller au bout de cela.

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