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La PreskITW – Girls In Hawaii

Le cœur aux abois, un amour de la vie dans les harmonies, un souffle entre ciel et terre, entre profondeurs marines et cimes célestes, Girls In Hawaii livre un album épique et touchant, fait de nuances gravées dans la peine, enrichies d’un courage et d’une volonté de lumière baignant Everest à bien des égards.

Si il fallait choisir un disque qui mêle toutes les émotions qu’un être humain traverse et les besoins rageurs auxquels il aspire, Everest serait celui-là. Sorti le 2 septembre, chez Naïve, il est un ténébreux mélange de sérénité et de revers vaporeux, marquant le retour tout en mélodies subtilement ciselées de ce groupe touché dans leur chair, par la disparition de l’un des leurs.

Cet album montre GIH, le cœur sur la main, l’esprit dans les nuages, les mélodies aux quatre coins des vents, embarqués dans les marées de la vie et les nuages de l’avenir. L’occasion d’une belle rencontre avec deux membres du groupe, Antoine Wielemans et Lionel Vancauwenberghe.

Pause Musicale : Everest, le titre de ce troisième album s’est-il imposé par un consensus ?
Girls In Hawaii : Ça n’a pas été facile de trouver un titre pour ce disque car on a eu un peu de mal à le situer. Il parlait un peu de beaucoup de choses à la fois et d’un sujet particulièrement complexe. En fait, ce titre existait depuis 4 ans. En sortant des tournées de Plan Your Escape, on avait commencé à discuter en groupe, Denis aussi à ce moment-là, de ce que à quoi on voulait qu’il ressemble au niveau du son.

On voulait un troisième disque qui soit plus lumineux, plus aérien, plus fougueux, plus épique. Je ne sais pas pourquoi, ça nous faisait penser aux montagnes, et Everest était un mot qu’on aimait plutôt bien, qui fonctionnait un peu comme un code pour s’en rappeler, une direction à suivre. Du coup après, lorsqu’on a recommencé à jouer, on n’y a plus pensé, ni même à un album, encore moins à un titre d’album. C’est surtout à la fin que ce titre a resurgi avec du sens.

[Lionel ajoute] : C’est celui qui collait le mieux aussi d’un point de vue des sonorités ou même visuellement aux morceaux qu’on avait fait. En fait, pendant un temps, le disque s’appelait hello strange mais on trouvait que c’était trop léger et qu’Everest collait mieux avec sa teinte musicale.

A l’écoute de cet album, on se demande si vous n’avez pas travaillé plus généralement sur l’impalpable quel qu’il soit, l’indicible ?
Oui c’est très bien vu. Ce n’est pas très conscient. Quand on a travaillé le disque, il y a beaucoup de choses qui nous ont échappé.  Cela a été difficile de se dire d’une manière consciente, on va faire cela ou cela. Mais, au final, quand tu dis cela, il y a dans toutes ces plages éthérées, ces ambiances vaporeuses, beaucoup de choses dites, mais pas par la voix ou par la parole. Effectivement, il y a comme une présence qui se ballade dans tous les morceaux, quelque chose d’un peu céleste.

Votre pochette est très belle, elle semble être entre deux mondes, laissant l’imagination travaillée, comment l’avez-vous choisi ?
Ça a été l’aspect le plus dure du disque. A écrire, on n’avait pas de pression donc il a été plus simple à écrire bizarrement. De même pour l’enregistrement, on a travaillé avec un producteur qui nous a empêché de douter, qui nous a beaucoup poussé en avant, et en deux mois, il était réalisé.

On est donc arrivés au stade de la pochette et on s’est dit que cela allait être rapide, mais ça a été l’enfer. On a mis deux, voire trois mois à se décider. On n’arrivait vraiment pas à réduire le disque à une image. Normalement on travaille, comme pour les autres albums, avec un ami à nous qui est photographe et qui s’appelle Olivier Cornil, qui faisait nos projections en live et nos pochettes d’albums, mais pas sur ce disque-ci.

On a commencé à chercher nous-même. On voulait quelque chose de percutant, qui tombe vraiment sous le sens visuellement de ce qu’on avait fait en musique et on a cherché et encore cherché. Mais à chaque fois qu’on trouvait quelque chose et qu’on avait presque l’impression de l’avoir trouver, on trouvait ça ou bien réducteur ou bien ne collant pas complètement à ce que nous voulions.

Jusqu’au moment où nous sommes tombés sur le tableau de ce peintre belge, Thierry De Cordier, et on a complètement flashé. Effectivement, cette pochette, c’est presque de l’abstraction, il y a une vague de puissance très abstraite qui nous parlait.

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Il semble qu’avec Everest, vous soyez entre musique introspective et réveil métaphorique avec des compositions plus sophistiquées, est-ce le cas ?
Oui. Quand j’ai l’image mentale de tout nos disques en tête, oui, je le trouve plus travaillé, pas dans les détails, parce sur le deuxième, on avait des chansons avec plein de détails, peut-être même trop, Ici, il y a plutôt une sorte de stylisation plus poussée. En fait, c’est dû pour beaucoup à Luuk Cox avec qui on a travaillé, qui nous poussait à faire beaucoup de place autour des voix notamment.

Il nous disait par exemple, dans ce solo, on va retirer dix notes, cela dira la même chose, mais ce sera beaucoup plus ouvert en fait. Donc cela s’ajoute, en plus, à des compositions qui sont parfois à tiroirs, qui peuvent aussi se répondre comme Switzerland et Mallory’s height, relativement proches . Ce disque a un coté plus approfondi à ce niveau-là dans la mise en forme.

Everest est baigné d’une grâce douce, pourtant sur scène comme au Nüba, vos mélodies sont plus musclées, c’est une volonté ou c’est instinctif ?
Ça dépend des salles. Au Nüba, on a donné de l’énergie pour passer cela aux gens, comme un certain défouloir. Au plus, on est dans des bonnes conditions pour faire des concerts, au plus on arrive à être subtiles et donc on peut se rapprocher par moment des ambiances du disque.

On a aussi ce background, on aime bien les groupes assez puissants, assez rock à la base, donc quand on répète des morceaux même de ce disque-ci, on a une tendance à muscler les morceaux, car parfois sur le disque on aurait peut-être aimé qu’ils soient un peu plus musclés aussi.

L’album évolue entre folk (Here I belong), pop plus électro (Changes) et pop énergique comme We are the living. Entre ciel et mer, dans des interstices, toujours avec des clairs obscurs, mélangeant lumière et les ombres : Est-ce que c’est cela le nouveau Girls In Hawaii ?
C’est marrant comment tu décris les choses, tu les décris bien. ça nous perturbe. C’est vraiment intéressant. En fait, on n’avait pas envie de s’attaquer frontalement au sujet du décès de Denis ou même de la disparition et du manque. En même temps, c’était impossible de l’ignorer. C’est aussi un peu ça cet Everest, ce truc qui est devant toi énorme, et que tu ne peux pas contourner.

En même temps, on assumait pas de le faire frontalement de façon très claire, donc c’est effectivement un album avec un thème, qui au départ, est vraiment sombre et un contexte également sombre pour nous. Pour Denis (Wielemans), on avait juste envie faire un album le plus lumineux possible, le plus aérien possible, ne pas tomber dans la lourdeur. On a vraiment toujours essayé de la contrebalancer, donc il y a toujours cet équilibre effectivement entre quelque chose de très sombre au départ et des envies de lumière, de hauteurs et des choses assez planantes en permanence.

Donc oui, ça nous va bien. C’est comme cela qu’on le perçoit aussi, même au niveau du style dont tu parlais. Pop légère et électro, c’est quelque chose qu’on a toujours voulu faire et je trouve que dans ce disque, même dans les différences de style, il y toujours une unité qu’on n’avait pas forcement avant, surtout sur le deuxième.

Depuis le début de tes questions, tu parles vraiment d’un fil invisible entre la pochette, les sons, et c’est un truc que nous avons pas mal réussi cette fois-ci. On parle souvent d’une cohérence qu’on n’a jamais vraiment eu. Je me demande, si ce n’est pas vraiment la vraie nouveauté qu’on a sur le disque. Elle nous surprend un peu nous aussi cette cohérence, car on ne sait pas trop comment elle est arrivée. Car au début, on avait des morceaux tellement différents avant de rentrer en studio et finalement on se retrouve avec notre disque le plus cohérent.

[Antoine ajoute] : Je pense aussi que la méthode que l’on a employé est aussi responsable. On a fait cet album, dans un seul studio, près de Paris, pendant 18 jours en prise et 1 mois à faire les voix. Il y a donc eu un délais assez court par rapport aux disques précédenys qu’on faisait parfois dans trois, quatre endroits différents sur 1 an et demi de temps, avec des méthodes et des instruments différents selon les lieux.

Pour celui-là, l’espace était plus restreint et Luuk Cox comme Tchad Blake, ont donné une vraie direction forte dans la production et dans les mixes aussi après. Quand nous sommes rentrés en studio, on avait 35 à 40 morceaux. On était un peu perdu dans notre matière, on avait plus envie et besoin de lâcher prise et de se faire mener par Luuk.

Nous étions donc moins dans le contrôle absolu et cela a permis plein de choses. Cela a permis le développement de morceaux qui sont parti des démos pour déboucher ailleurs, et en fait du coup, il a vraiment su rassembler nos énergies, et nous a aidé à construire quelque chose de plus cohérent.

Comment définiriez vous le son de cette album et le qualifieriez-vous de différent par rapport aux précédents albums ?
Souvent, on emploie des mots imagés pour parler de nos albums. On dit souvent que le deuxième était humide et forestier, plus dans le sol, plus renfermé sur lui-même aussi et que celui-ci serait plus lumineux et aérien, plus solaire.

Sur ce troisième, on a écrit vraiment chacun complètement la moitié avec un morceau qu’on a écrit entièrement à deux, là où dans les autres, c’était un peu plus déséquilibré. Ici, j’ai l’impression qu’on arrive enfin à une vraie recette à tout niveau. On est aussi très heureux des prises de voix sur ce disque. Sur le premier, en tant que chanteurs, on a évolué.
Sur le deuxième album, nous n’étions pas trop concentrés sur les voix, car on était tellement sous pression et crispés sur le disque qu’on a eu moins de recul et d’apports de gens extérieurs. On aime beaucoup le deuxième mais ici, sur le troisième, on a aucunes frustrations.

Concernant les voix sur cet album, Everest, il y a un truc très jouissif, frais. C’était très agréable et c’est très important, car ce disque a un côté touchant, très intime, qui parle par moment, sans en parler, du thème de l’absence et du manque et je pense que les voix sont réussies et sensibles. Elles sont mises en avant comme jamais auparavant sur ce disque, poussées. Ce sont des voix plus chaleureuses qui parlent et transpercent.

Comment ça s’est passé et quand avez-vous décidé de faire ce troisième album ?
[Antoine commence] : Au départ, pendant 1 ans et demi voir deux ans, il n’y a vraiment plus eu de groupe, il n’existait plus. Puis avec le temps qui passe, on avait du mal à passer à autre chose dans nos vies et on avait même du mal à apporter une réponse pour savoir si il fallait ou non passer à autre chose dans nos vies.

C’est quelque chose qui n’est pas résonné en fait. On a une aventure qui s’est arrêtée du jour au lendemain, de manière assez brutale, qu’on avait construit des années avant. Après, je pense que nous nous sommes tous remis à faire de la musique, en se disant que le groupe était peut-être fini, mais pas forcement le fait de faire de la musique.

On s’y est un peu remis en voulant explorer une possibilité, à savoir si cela nous ferait encore du bien, si cela avait encore du sens. Moi, je me suis donné un an, en me disant qu’il fallait que je réponde à cette question car sinon j’allais être bloqué là-dedans toute ma vie. J’ai loué une petite maison à la campagne, dans les Ardennes, en Belgique, avec comme projet de faire de la musique deux, trois heures, sur tous les jours pendant un an et de voir ce que cela provoquait chez moi.

Après quelques mois, il y avait quand même quelques morceaux qui m’avaient vraiment fait du bien, vraiment plu, on s’est échangé des trucs et très vite en fait, cela s’est débloqué un jour. Par moment, on se disait qu’on allait refaire un disque, mais c’était trop abstrait encore pour nous, ça ne voulait rien dire. C’est sans doute quand il y a eu les chansons devant nous et que notre éditeur, avec qui on parlait, nous a dit « vous avez vraiment de quoi faire un disque », même si on avait du mal encore à y croire.

Car même en tant que groupe, on n’avait plus de batteur. On a donc bossé dans un premier temps, avec Daniel, notre bassiste à la batterie, puis on a eu un batteur pendant 1 an et demi, un chouette mec, mais il a sans doute fait les frais du remplacement, ça ne collait pas.

[Lionel enchaîne]  Il y a eu vraiment beaucoup d’étapes, assez longues, beaucoup de discussions, des découragements aussi et des doutes. Il y a eu pendant 1 ans et demi, une période de remise en marche comme cela. On avait l’impression d’être très loin de la réalité d’avoir de nouveau un groupe, de faire un album ou de refaire un concert. Et puis, je ne sais pas, tout s’est accéléré.

Je pense qu’il y a un moment où nous y avons plus cru qu’un autre. Luuk Cox nous y a fait croire comme notre éditeur, notre manageur. Il y avait des choix à faire qui se sont révélés payants, qui étaient des hasards heureux. Après, tout s’est enchainé dans l’énergie du studio et du mixage. C’est très bizarre pendant deux ans on flottait complètement, puis après en deux mois, on avait un disque, nous n’avons pas tout compris à ce qui s’était passé.

En même temps, tu parles d’étapes, je trouve qu’Everest est construit comme un résumé avec les titres en marquant les principales étapes avec The Spring, Changes, Misses, Here I Belong, Not dead, Wars, est-ce un résumé de ces dernières années ?
Finalement, ce sont des chansons que l’on a écrites pendant ces deux, trois dernières années, donc fatalement elles représentent des moments sombres, ou plus lumineux. Après, cela se met plus en avant dans ce disque-ci, mais un moment, on prend toutes les chansons, on essaye de raconter comme une histoire du début à la fin, mais c’est aussi très musical. On sait très bien par exemple qu’on peut passer de The Spring, à Misses.

C’est après-coup que tu te rends compte qu’il y a un enchainement que tu peux lire différemment. C’est très amusant, mais ce n’est pas prémédité, ce sont des curieux hasards, plutôt, il y a parfois des chouettes coïncidences par rapport à cela. Surtout, on voulait un début surprenant, ce morceau The Spring qui fonctionne comme une intro, qui en même temps, est une vraie chanson.

Elle s’installe doucement, pendant assez longtemps. C’est de premier abord assez froid et en même temps, cette froideur, est un peu contradictoire avec le titre et les paroles assez lumineuses. C’était un peu comme poser, dès l’entrée du disque, comme expliquer aux gens, dès le début, que pour nous, c’est un disque particulier. C’est Luuk Cox qui nous a suggéré au studio de la mettre en premier. Au début, on trouvait ça étrange, et on a essayé en tracklisting et ça nous a provoqué un truc fort.

Ça met également dans un certain état, en disant « posez vous, écouter et respirer ». Il y a beaucoup de blancs. Ce titre d’entrée de jeu demande une certaine écoute, une position. Tchad Blake nous le disait aussi, c’est un disque qui s’écoute au casque et peut-être seul.

Il semble y avoir plusieurs sens aux chansons, labyrinthiques échos de questions. Est-ce cela Everest, la volonté de laisser le public trouver sa propre signification aux chansons et aux thèmes abordés ?
Je pense que c’est un truc qui est naturel chez nous depuis le début. Nous abordons des choses, des sujets, mais toujours de manière très imagée. Au début, on ne le faisait sans doute pas exprès, on était focalisés sur la musique. Pour Everest, la difficulté, c’était de travailler beaucoup les textes pour que ça reste très ouvert, très métaphorique, très poétique.

Votre musique a évolué, votre approche de la musique a-t-elle également changé ?
Oui,  il y a une forme d’enjeux à la faire, à la jouer devant les gens. Alors qu’à nos débuts, pas du tout. On en faisait à côté, c’était un bac à sable de liberté. Maintenant, on veut préserver cette fragilité, garder l’excitation, notre écriture personnelle, la faire aussi pour soi, tout en fournissant du plaisir aux autres.

Notre premier disque n’était pas vraiment fait exprès, il était fait pour nous. En revanche, il y avait une pression sur le deuxième car le premier avait bien marché donc on flippait. Le troisième nous a fait du bien. Le contexte est tellement affreux que nous avons refait un disque avant tout pour nous, utile à nous. C’est seulement à la fin du process, que l’on s’est rendu compte qu’il allait être écouté, alors qu’il disait des choses personnelles. Je pense, que c’est une approche que l’on peut retrouver plus facilement pour un autre disque, maintenant.

Vous commencez à penser au prochain ?
Quant tu finis un disque, tu penses toujours au suivant. Tu as décidé d’aller dans cette voie-là, et petit à petit, tu commence à te dire, ça, c’est cool aussi. On ne va pas dire ce coup-là qu’on va en faire un nouveau rapidement car on dit toujours ça, à chaque fois, et ça ne marche pas.

Que voudriez vous qu’on retienne d’Everest et quelle phrase de lui peut le résumer ?
C’est difficile, mais c’est une chouette question. Tirer une phrase, je sais pas, mais je sais qu’on a beaucoup utilisé avant ce disque-ci, des mots comme difficultés ou doutes.

Je préférerais ici, qu’on y accole des mots comme sérénité, une certaine forme de sagesse, de la lumière et l’énergie. On ne les a pas trop utilisés pendant nos interviews, mais c’est cela. C’est lié à Denis, nous n’avons pas consciemment fait un hommage à Denis, mais quelque part oui, et ce sont des mots que l’on aime bien associer à ce qu’il était.

Antoine dans un dernier mot glisse, et « On a bien réussi », formule qu’ils reprennent tout les deux en cœur. Everest est construit comme un accord profond entre les âmes et la vie, jonglant avec les obstacles, happant la lumière des expériences humaines, dévoilant une persienne ouverte sur le monde pour lui parler.


Cet album, fragile, vif, tortueux dans le sérénité, est un cadeau. Il est la somme de ce qu’ils sont, une force brute et subtile à la fois, par-delà les monts, aux cadences indélébiles, aux mélodies d’un monde d’après n’oubliant rien de ce qui fait son identité : son passé tout comme le présent.

Tracklist :
01 The spring
02 Misses
03 We are the living
04 Changes
05 Switzerland
06 Here I belong
07 Not dead
08 Mallory’s height
09 Head on
10 Rorscharch
11 Wars

Dates de concert :
Oct 27 L’Astrolabe Orléans
Oct 28 Le Chabada Angers
Nov 20 Le Trianon Paris
Nov 27 Stereolux Nantes
Nov 28 Antipode Mjc Rennes
Nov 29 La Sirene La Rochelle
Nov 30 LE KRAKATOA Merignac
Dec 01 Atabal Biarritz
Dec 03 le Rockstore Montpellier
Dec 04 L’Epicerie Moderne Feyzin, France
Dec 05 La Laiterie Strasbourg
Dec 06 La Vapeur Dijon
Dec 07 Le Grand Mix Tourcoing

1 comment

  1. Margaux says:

    Superbe interview, merci !

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