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La PreskITW : La Fine Equipe

La PreskITW : La Fine Equipe

Débarqués au New Morning vers 21h00, on a juste le temps d’écouter les dernières punchlines de Drowning Dog et Dj Malatesta. La salle se remplit peu à peu, l’ambiance « Underground » déjà bien présente. Des courts métrages de Kino Paname sont diffusés sur la droite de la salle, un atelier de graphs sur la gauche et sur scène se lance le duo de DJs TurnSteak. Les beatmakers enchainent leurs prods pour un set propre, technique, fracassant les basses lourdes à la face du public.

Le New Morning ressemble de plus en plus à un de ces très bons clubs du New York underground !

1h après les débuts de TurnSteak arrive La Fine Equipe. Les mecs sont sereins et décontractés. La canette de 86 est posée sur le bord de scène, tout est en place. Le show est impeccable, précis. Le public, qui les attendait depuis le début, exulte. Les têtes bougent, les corps se déchainent. Les mecs sont excellents en live, il suffit de (re)lire notre live report sur la soirée Mattic & Friends pour s’en apercevoir.


Jeudi soir, en plus du gros son, La Fine Equipe nous accordait une interview. Rendez-vous en backstage, posés sur des canapés pour une rencontre à leur image : simple, passionnée et détendue !

Pause Musicale : Une petite présentation de l’équipe ?[pullquote]les prochaines voix auront moins l’accent marseillais ![/pullquote]

La Fine Equipe : 4 beatmakers, dont 3 originaires de Marseille, 1 de Paris. On s’est rencontré autour du scratch, on avait un crew de scratch par équipe. On a tous migré à paris, on a monté des studios d’enregistrement, notre label Nowadays Records et on a sorti nos albums la Boulangerie, Fantastic Planet, la boulangerie 2 et récemment un projet un peu en parallèle à La Fine Equipe, Hoosky.

PM : Pourquoi la Boulangerie ? Un référence à Jay Dee ?

LFE : Le Donuts de J Dilla, y’a un peu ça et c’est aussi le coté marseillais, Pagnol et puis « La fille du boulanger » surtout. En fait on a cherché des films sur la boulangerie, on venait d’arriver de marseille et c’était marrant. Donc on avait pris des phrases comme celles-la mais maintenant on est beaucoup plus parisiens. On s’est tous installés ici donc les prochaines voix auront moins l’accent marseillais !

PM : Il va falloir trouver les films qui vont bien !

LFE :  Il y en a ! Tous les films d’Audiard, le titi parisien, on va trouver !

PM : Justement, 3 marseillais et 1 parisien dans un groupe, ça se fight pas trop ?

LFE : On est pas fan de foot alors déjà, la moitié des tensions ont disparues ! Ensuite, on est montés à Paris donc c’est qu’on a absolument aucun problème avec ça et puis, la musique à Paris, c’est quand même plus facile, pour rencontrer des gens, pour le boulot.

PM : Vous avez tout monté à Paris ?

LFE : Ouais, Maison Alfort, Montreuil et sur Paris même. Ce sont les marseillais qui s’incrustent si tu veux. La french Connection, c’est la mafia. (rires)

PM : Bosser en étant 4, pas facile ! Comment se passe le process de créa chez LFE ?

LFE : On a tous notre home studio chacun et on travaille tous chacun de notre côté, nos matières, nos sons. Et on se retrouve ensuite pour réarranger des morceaux, les restructurer et pour apporter des idées nouvelles. Depuis, qu’on fait les lives, on réarrange beaucoup plus !

PM : Le label (Nowadays records), un studio de mastering (Casablanca), d’enregistrement (Want to pass it), il vous manque quoi ?

LFE : Des danseuses ! Ca c’est pas con ça, une troupe de danseuses et un vidéaste. On est super indépendants grâce à ça, on a notre pôle de production donc on fait tout nous-même.

PM : Comment expliquez vous l’engouement autour du DJing ces dernières années ? Avec Birdy Nam Nam, C2C (entre autres) et maintenant vous..[pullquote]Ca fait 8 mois qu’on est passé au live.[/pullquote]

LFE : On est à part nous musicalement et techniquement aussi, car à la base on a fait beaucoup de scratch puis on s’est orienté en partie sur la prod, le studio. donc on devient très producteurs, très beatmakers, donc forcément s’en suit le live.

PM: Combien de temps que vous faîtes des lives ?[pullquote]Nova, c’est une radio qu’on aime et qu’on respecte beaucoup. [/pullquote]

LFE : Ca fait 8 mois qu’on est passé au live. Avant, on faisait des lives mais c’était souvent pour des évements exceptionnels, des releases party. Lorsqu’on sortait nos albums on faisait des lives,  lorsqu’on organisait des soirées avec un dj set super orienté. Mais le fait de tourner,d’avoir un tourneur de faire des dates en tant que « La Fine Equipe », c’est vraiment depuis janvier.

PM : Avant ça, il y a eu Radio Nova ? Comment on en vient à collaborer avec cette radio référence ?

LFE : C’est le hasard des rencontres et c’est aussi des sons qui correspondent à la radio et nous on a été assez proches d’eux. Il y en a un de l’équipe qui a travaillé avec une radio, TSF, qui bosse aussi avec Nova (il partage les mêmes locaux). On les a rencontré et on est dans le même feeling tout simplement. Les mecs ont kiffés l’album, ils nous ont soutenus et nous on était content et fiers de travailler avec eux car c’est une radio qu’on aime et qu’on respecte beaucoup. En fait, Ils sont partenaires avec nous depuis le premier album donc ça marche plutôt bien.

PM: Mattic vous l’avez rencontré comment ?

LFE : Mattic on l’a rencontré avec Wax Tailor. En fait c’est grâce à Gib qui est ingé son. (Gib précise) En fait je suis ingé son aussi, donc j’ai fait beaucoup de sons pour des concerts et j’ai tourné avec Wax Tailor pendant pas mal de mois, et c’est comme cela que c’est fait la rencontre avec Mattic.

PM : Vous faites sa prochaine tournée à Wax tailor ?

LFE : Non, mais (Gibs encore) moi j’ai mixé son dernier album (album sorti le 10/09) dans mon studio. Donc on a encore des supers contacts avec lui, on s’entend aussi très bien. C’est comme cela que j’ai rencontré Mattic sur la tournée je lui ai fait écouter tout ce que l’on faisait pour La Fine Equipe. (Chomsky donne plus de détails) Ils sont venus à Paris à La Cigale pour un concert il y a un peu plus de 3 ans. On travaillait encore sur La Boulangerie quand on a rencontré Mattic et on a fait un week-end de fou. Genre, on l’a séquestré au studio et on a fait 12 tracks en 2 jours. Et c’est partie de là en fait, y’a eu une accroche qui a été directe, très naturelle avec lui. Le projet est partie de là, il avait déjà un concept d’album qui s’appelait Fantastic Planet. Du coup on a suivi et on a fait les prods.

PM: Et la collaboration qui vous fait rêver maintenant ?

LFE : (Gibs répond sans une seconde d’hésitation) Imhotep, le producteur d’IAM. (Chomsky enchaine) Et puis, avec oOgo pour Hoosky, on s’oriente plus sur de l’électro dont y’a beaucoup d’artistes avec lesquels on aimerait collaborer. Pas mal d’artistes car on est assez ouverts et on veux faire plein de choses en ce moment.

PM: Vous avez quand même une actu déjà bien chargée !

LFE : CM Jones, Hoosky, CLST (prononcez Céleste). Un groupe avec qui on a commencé à travailler et c’est bien cool.  C’est Yann Kesz et Buddy Sativa, deux gars qui sont dans le hiphop / jazz depuis pas mal d’années qui étaient sur « La Boulangerie 2″ et donc ils ont un projet un peu électro 80′ french touch. On a sorti un morceau qui est sorti y’a deux mois  »Sunset Hunter » et on va développé cela. D’ici cet hiver, on va travaillé, et il va y avoir d’autres sorties. Il y a également « Just a little bit » Vol. 2 qui va arriver cet hiver, plus un EP Hoosky et l’album de Blanka aussi qui va sortir, et enfin un EP de La Fine Equipe qui va arriver en 2013 donc y’a pas mal de choses !

(Hugo ajoute) Et peut-être, une « Boulangerie 3 », mais c’est pas encore sûr ![pullquote]premières parties de C2C en octobre[/pullquote]

On a aussi des collaborations avec ASM qui tourne aussi avec Wax Tailor qui doit sortir. Il y aura également des remix pour Mister Modo et Ugly McBeer. Ils ont bossé avec Astrid Edberg qui a aussi bossé avec nous sur « Fantastic Planet » . Il y aura aussi une musique pour un film de Besson.

PM : Vos prochaines dates?

LFE : Samedi à côté de Nantes, ensuite à Belgique à Moucron et les premières parties de C2C en octobre à Toulouse et à Lyon.

PM: Une énorme actu et finalement peu de presse papier, non ?

LFE : Ca dépend, la magazine Elle, on a eu (rires). Assez particulier car ils ont un peu tous la corde au cou donc ils te font payer des encarts pub… Ils sont en train de mourir. Les papiers, c’est surtout quand on sort un album. Or là, c’est pas vraiment le cas. Les 3/4 des projets qui arrivent sortent en digital et la presse en est encore à parler de sortie « physique ». Pour eux, un projet n’existe pas sans le support physique. C’est une démarche de promo particulière..
Là, on a un gros clip en préparation pour Hoosky,  « Just a lil’ bit », le clip avec le chien… On a reçu les photos, un gros gros truc, c’est une équipe de jeunes qui s’appelle Clouds Box. C’est en tournage en ce moment, ils bossent depuis des mois et tournent depuis 1 semaine. On y va demain (vendredi donc) pour tourner 2/3 scènes. La diffusion sera pour novembre/décembre en même tant que la sortie de l’EP avec des remixs. Ca va être super classe et il nous tarde !

Un gros merci à La Fine Equipe pour le temps accordé et leur bonne humeur !

En bonus, les sons de l’interview :

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