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La PreskITW : Marie-Flore

Marie-Flore a sorti, il y a quelques temps, son EP Feathered with Daggers faisant suite à More Than thirty seconds if you please. Ce deuxième EP est irrésistible, avec une face mélancolique dans les textes, à l’ambiance folk rock où les arrangements subtiles se marient à merveille avec sa voix de braise. A la réalisation, on retrouve Robin Leduc, le même qui a travaillé sur le dernier album de June & Lula. De cette union, l’identité de Marie-Flore s’en trouve plus dévoilée, plus fatale.

Sa voix légère et grave porte Feathered With Daggers qui résonne d’une douceur lancinante léchée par une âpreté contenue dans son chant langoureux. Pop mélancolique aux accents puissamment rock, aux racines folk, sa musique résonne d’échos vertigineux, de fragilité à la force brute, parée d’une écorce rugueuse qui donne tout son charme à la musique de Marie-Flore et qui met en lumière ses failles poétiques à tomber.

Rencontre avec Marie-Flore, artiste singulière à la voix enivrante.


PM : Marie-Flore, qui es-tu et quel est ton parcours musical ?
Marie-Flore : J’ai commencé par le conservatoire (alto) pendant 8 ans, puis j’ai été un peu fatiguée de l’enseignement et de l’ambiance qui y régnait, alors je me suis mise à la guitare, en autodidacte.. J’ai commencé à écrire des textes pour les mettre en musique.. En français d’abord, puis l’anglais s’est imposé très rapidement.

PM : Tu as sorti, il y a 3 ans, More than thirty seconds if you please et un nouvel EP Feathered with daggers il y a peu, qu’est-ce que tu as fait durant ce laps de temps ?
MF : J’ai beaucoup écrit pour ce qui devait être à la base juste un EP. Puis, quand j’ai rencontré Robin Leduc, mon réalisateur, j’ai rapidement voulu faire un album à ses côtés. J’ai aussi co-écrit des paroles pour d’autres groupes, sur l’album de Stuck in the sound, Pursuit notamment.. Partie en tournée, pas mal voyagé aussi.. Et puis, dans le fond, je crois que j’ai pris le temps d’être sûre de ce que je voulais musicalement défendre.

PM : Ce dernier est plus profondément rock, une nouvelle approche pour ta musique ?
MF : Mes influences ont toujours été constituées de «rock» (BJM, BRMC) ou en tous les cas, des années 60, du son garage à des choses plus psychédéliques..
Je crois que les différentes rencontres que j’ai pu faire au cours de ces dernières années m’ont beaucoup aidée à envisager mes compositions via un autre prisme que celui par lequel je passais au tout début, qui ne me correspondait, finalement, pas tellement.

[pullquote] Je crois que j’ai pris le temps d’être sûre de ce que je voulais musicalement défendre. [/pullquote]

PM : Avant de l’enregistrer, avais-tu une image précise de l’EP en tête ?
MF : Le processus a été assez long, en fait. Cela fait deux ans que l’on travaille sur l’album, dont on a extrait quelques titres pour faire cet EP.
Je n’avais pas vraiment une image précise, d’ailleurs je pense que cela s’entend sur les 5 titres.. C’était plus un son, une atmosphère, que j’ai trouvé dans la manière de produire qu’a Robin.

PM : Marie Flore en hommage à Joan Baez … Sacrée pression, tu étais un peu prédestinée à faire de la folk anglo-saxonne ? Plus sérieusement, penses-tu que l’éducation influe sur la musique que l’on aime au départ ?
MF : (Elle rit) Je ne sais pas si je crois à ce genre de choses.. Je crois que oui, ça pose certaines bases… Après je ne pense pas qu’il y ait vraiment de déterminisme musical dû à ce qu’on te fait écouter dans ton berceau…

PM : Tu as commencé avec le conservatoire. Est-ce que tu considères cela comme un bon départ pour un artiste ou est-ce trop encadré pour quelqu’un aimant la liberté ?
MF : C’est ce que j’évoquais plus tôt, je crois que la rigueur imposée lorsqu’on suit ce genre de formation est nécessaire, et j’aurais vraiment aimé qu’il me reste quelque chose de ces 8 années.. [pullquote] Les textes de l’album ont tous le même sujet.. Ou plutôt le même objet, la même adresse.
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Mais quand j’ai commencé la guitare, il y a eu comme un refus inconscient de me plonger dans l’aspect technique, je ne sais toujours pas le nom des accords que je joue, et Robin ou mon groupe parfois, s’arrachent les cheveux quand ils doivent déchiffrer mes accords..

En fait, je crois aussi que j’aime assez l’idée de préserver la magie, même si cela fait perdre un peu de temps quand je travaille avec des vrais musiciens, j’ai appris toute seule ou en regardant jouer les gens, et quand on me demande quel accord je joue, je montre ma guitare et je lance bêtement « Ben, tu vois pas ? »

PM : Pourquoi avoir choisi l’anglais pour écrire et chanter ?
MF : Parce qu’il constitue mes influences premières et je crois que cette langue m’amuse beaucoup aussi..

PM : La composition semble être ton espace de récréation que tu ne veux pas partager, c’est vital pour toi?
MF : La composition comme l’écriture, oui… C’est pas vraiment que je ne souhaite pas partager.. C’est plus que je ne me suis jamais posée la question.

J’ai un rapport très viscéral aux mélodies, aux paroles, ça ne me dérange pas de prêter, en revanche, ça me dérangerait d’inclure quelqu’un là dedans, dans mes chansons. Pour le moment, en tous les cas..
Après, je ne dis pas que si Peter Hayes débarque un soir et me dit « J’ai le titre qu’il te faut » je ferai la fine bouche.. Je serais très honorée, même j’imagine.. Mais ce n’est pas près d’arriver..

PM : Tes sources d’inspiration, quelles sont-elles ?
MF : Les textes de l’album ont tous le même sujet.. Ou plutôt le même objet, la même adresse. C’est un EP qu’on pourrait aisément qualifier de monomane, en fait, hem..

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PM : Lorsque l’on écoute ta musique, on a envie de te comparer à des Cat Power ou Isobel Campbell, tu trouves cela juste ?
MF : (Elle rit) Je sais pas si c’est vraiment à moi de juger cela juste.. Après tout ce sont des très bonnes comparaisons face auxquelles on ne peut pas vraiment se vexer !

Depuis les premiers titres que j’ai fait écouter, on m’a tout de suite dit « On dirait du Cat power » alors que je connaissais pas vraiment.. Et puis par la suite, un de ses musiciens m’a contacté pour qu’on travaille ensemble, pensant que j’étais très fan du groupe.. Alors bien entendu, ça m’a fait sourire sur le moment, j’ai cru à une blague, et puis non… et notre collaboration dure depuis des années maintenant.

PM : Pour Feathered with daggers, tu as travaillé avec Robin Leduc, comment s’est faite cette rencontre ?
MF : C’est mon batteur sur le disque, Nicolas Mathuriau, qui me l’a présenté. A vrai dire, je ne pensais pas vraiment qu’il voudrait travailler avec moi. Mais on s’est rencontrés, et puis, quand le projet de l’EP s’est concrétisé, il m’a demandé de lui faire des CD avec des titres de références..

Le jour où je lui ai donné, il m’a fait découvrir des titres des mêmes groupes dont je pensais connaître la discographie sur le bout des doigts.. Je crois que c’est un peu à ce moment là que je me suis dit que c’était lui qu’il me fallait pour l’ EP ! Il l’a réalisé et puis co arrangé aussi. Sur ce titre nous avons invité Gregg Foreman ( Nldr Cat Power ) qui a apporté sa touche.. Psyché !

[pullquote] Je crois que j’aime assez l’idée de préserver la magie…[/pullquote]

PM : D’ailleurs, les rencontres, paraissent importantes dans ton itinéraire musical (Emilie Simon, Pete Doherty, Robin Leduc, Stuck in The Sound, Gregg Foreman), est-ce le cas ?
MF : Certaines d’entre elles ont été déterminantes, oui.

PM : Tu oscilles entre une douceur intimiste mélancolique (By the Dozen ou Sibyllin King ) et un rêve plus troublé, plus expérimental, tirant sur le punk comme avec Waste Of Time et Wolves, est-ce que ce sont deux faces de ta personnalité ?
MF : En effet… Tu sais il y a cette chanson qui fait « Where’s my punk spirit.. when i need it ». Je crois que je suis un peu comme ça. On se rêve un peu comme on aurait l’envie d’ être, des fois, on l’est, et puis d’autres moins.. Mais c’est le lot de tout le monde, non ?

PM : Comment décrirais-tu ton son ?
MF : Assez éclectique je crois.. Sur l’album à venir, il y a beaucoup de chansons qui tirent vers des ambiances assez différentes.. Même si la production en soi reste assez homogène, je ne crois pas que j’ai de mots vraiment pour définir « mon » son.

PM : Quelles chansons écoutes-tu en boucle, en ce moment ?
MF : Sans grande originalité, blizzard  de Fauve… Et puis aussi La dolce Vita de Christophe. En ce moment.

[pullquote] »Where’s my punk spirit.. when i need it « . Je crois que je suis un peu comme ça… [/pullquote]

PM : Quels sont tes projets dans l’immédiat ?
MF : Terminer cet album et partir en tournée !

PM : Des dates de prévues pour des concerts ?
MF : Cet été, on vous dit ça très vite !

En attendant l’album, son Ep, Feathered with Daggers, est disponible ici. Vous pourrez également la retrouver sur scène le 14 juillet au Trabendo.

La PreskITW - Marie-Flore

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