Close

La PreskITW : Riff Cohen

A l’ombre des orangers, aux confins des mondes pluriels, Riff Cohen livre un message de paix, insuffle la douceur en philosophie.

Alors que le monde semble quelquefois hermétique aux fusions et aux unions, Riff Cohen en prône par milliers et offre la marche à suivre sous forme d’harmonies rythmées pour construire une Terre de mélanges et un hymne de cohérence balayant les intolérances acides. Son premier album A Paris, le prouve, il est une passerelle infinie.

Rencontre donc avec ce troubadour nomade, poète en d’autres pays, au chant enivrant.

Prec1 / 2Suiv
Utiliser vos touches ← → (flèches) pour naviguer

Pause Musicale : Tu as fait un 1er album A Paris, comment se sent-on avec un premier album ?
Riff Cohen : Je voulais tellement avoir l’album, je l’attendais depuis des années. C’est bizarre parce que des fois quand cela arrive enfin, on réagit différemment de ce qu’on pensait. Tu te dis je serais tellement contente quand il sera là, je partirais en vacances et finalement, il y a d’autres choses à gérer. J’apprécie énormément mon premier album et je suis contente qu’il existe.

Il sent bon le jasmin, les orangers, les épices et la méditerranée et parfois le bitume, est-ce ton identité, un mélange revendiqué de pop métissée ?
Oui, c’est un style que je représente avec ce côté exotique, méditerranéen et ce mixte d’Est et d’Ouest qui existe énormément à Istanbul et à Tel Aviv en fait. Ici, ce n’est pas vu comme mélange mais plutôt comme un conflit ou une juxtaposition. C’est dans la méditerranée que l’on vit comme cela, dans ces mélanges, avec ou sans la religion, moderne ou pas moderne, entre deux langages et deux mondes.

En occident, il  y a une mentalité différente donc oui, je représente cela et c’est mon identité en tant que personne et artiste, même si j’ai autre chose à dire avec un autre style. Mon rêve pour le second, ce serait de faire que des chansons voix-piano car c’est mon instrument. Même si je suis heureuse car j’exprime ce que je veux dans mes concerts, avec ces rythmes variées et ces danses possibles.

Comment définirais-tu ta musique justement ?
C’est rock trash. Il y a plein de rock et trash, car c’est un peu brouillé et minimaliste avec des influences qui sont marquées de différentes manières, avec du raï africain et autant de spiritualités différentes, avec des rythmes ou des instruments spécifiques. Il y a du rock donc, et puis une transe avec des rythmes nord africains.

Tu as même une chanson en yiddish Tzama Nafshi ?
Cette chanson a été composée il y a quatorze ans, c’est un psaume, le 42 et j’y ai rajouté des influences indiennes car j’ai pris des cours de chant indien pendant un an. Si on écoute l’album, les influences viennent de Perse, d’Inde, du HipHop et sont toutes mêlées entre elles.

Quel est ton parcours musical ?
J’ai commencé par le piano classique à 4 ans puis enchainée avec 11 ans de conservatoire en faisant partie de chorales. Puis j’ai été actrice et là, j’ai pris des cours de chant pour la première fois et pendant des années, afin de développer la voix à l’occidental puis à l’oriental avec un prof Perse et Indien. Je voulais déconstruire ce que je connaissais en rencontrant un autre monde, une autre philosophie et pour découvrir une autre manière de chanter et de d’exprimer.

Je pense que j’ai trouvé un chemin entre les deux styles qui se marque sur cet album. C’est un mélange. J’ai choisi une voix brute comme lorsqu’on parle ou l’on prie et je l’exploite différemment selon les chansons. Après tout cela, j’ai été dans un lycée de musique pendant 3 ans complété par 3 ans d’université de musicologie et depuis 18 ans, j’ai toujours eu l’habitude de faire des concerts.

C’est la faute à mes ancêtres si j’aime les rivages et les mots et que j’ai des plumes dans le dos… A cheval sur les océans, je tangue, je touche l’horizon, je suis libre »

Tu parles souvent de tolérance, de paix et de vivre ensemble, comment vis-tu le climat actuel?
C’est triste, mais je pense que la musique a ce rôle d’arranger les choses, de fournir un espoir. Il y a tellement de choses belles dans chaque culture, dans chaque pays à découvrir et à aimer. Je suis une optimiste définitivement.

Tu rends hommage aux femmes piliers de clan, notamment dans Une femme assise ?
C’est un hommage à ma grand-mère plus précisément. Ce sont des questions que je me pose, j’aime et je connais cette thématique de tribu avec des disputes et des amours. C’est très différent d’ici, où c’est plus individualiste.

Moi, je suis dans l’entre-deux je crois, car je n’aime ni la trop grande distance ni la trop grande proximité d’un groupe, d’un clan. Et même si on a toujours besoin d’une famille et de gens qui vous soutiennent, je pense que dans ce titre, il y a une petite critique. Elle m’a tellement protégé que la peur enferme dans une bulle, une peur qui amène les mauvaises choses dont je me libère aujourd’hui.

Quelle est ta relation avec Paris, ville culturelle et métissée ou difficile et superficielle ?
En ce moment, je découvre quand je suis en France à quel point je suis Israélienne et inversement quand je suis en Israël. Je dois énormément à Paris, grâce à elle, je sais mieux qui je suis et j’ai découvert beaucoup plus mon identité. Il y a encore des choses à régler je pense, car certains se prétendent ouverts mais en fait pas vraiment, ils sont juste seulement forcés de l’être.

Certains textes sont de ta mère sur cet album ?
Effectivement, la majorité des textes sont de ma mère sauf Une femme sur un tapis que j’ai écris et qu’elle a traduit en français et un texte d’un poète. Sur les chansons en hébreux, il y a des textes à moi. J’ai des périodes où j’écris et j’ai des carnets dans mon sac pour ne rien manquer.

Je voulais déconstruire ce que je connaissais en rencontrant un autre monde, une autre philosophie et pour découvrir une autre manière de chanter et de d’exprimer.

Tu es en train de faire de nouvelles chansons ?
Oui, j’ai repris des textes de ma mère et je suis en train de les composer.

Peux-tu nous parler de Greetings ?
C’est une chanson de Rhama el din, un compositeur Nubien et ça parle d’une fille qui passe sans dire bonjour. La langue, c’est un mixte entre africain et arabe. J’aime cette musique et sa découverte, car il y en a plein avec des gammes intéressantes et des voix magnifiques que je voulais mettre en lumière.

Prec1 / 2Suiv
Utiliser vos touches ← → (flèches) pour naviguer

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Close