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La PreskITW : The Broken Orchestra

The Broken Orchestra vient de sortir son premier album Shibui dont nous avons déjà parlé, petite pépite irrésistible, en écoute intégrale. Nous avons interviewé l’un de ces deux fondateurs, Pat Dooner. Rencontre avec ces magiciens du son et ces faiseurs de mélodies atypiques.

Qui est The Broken Orchestra ?
The Broken Orchestra est un vaste collectif de musiciens, de chanteurs, de vocalistes, d’artistes mais son l’idée est née dans l’esprit de deux producteurs Carl Conway Davis et moi-même Pat Dooner. C’est vraiment un travail collectif lorsque Carl et moi faisons le squelette du projet et que nous travaillons avec les musiciens pour le mettre en forme, les mener dans certaines directions, l’enregistrer, en faire les arrangements et le mixer pour en arriver au résultat final.
C’est très organisé mais en même temps assez libre car nous avons créé des liens et des lignes directrices. Le choix des musiciens est donc très important car chacun amène son cachet, sa façon de jouer et ses propres sentiments en tant que musicien.
Nous travaillons séparément avec chaque musicien et il est très rare que l’on se retrouve ensemble en même temps.  Il faut penser cela comme un unique exemplaire d’un enregistrement infini.

Comment avez-vous choisi le nom du groupe ?
Le nom a été choisi durant une nuit de discussion avec Carl, en studio. Nous en avons fait une liste, en alignant des noms qui pourraient convenir. Curieusement, The Broken Orchestra a été le premier sur une liste d’une vingtaine de noms et on l’a bien ressenti. Cela n’est que plus tard lorsque nous nous sommes assis et avons réfléchi à cela, qu’on a réalisé que cela décrivait parfaitement notre façon de travailler. Nous sommes un groupe qui n’en est pas un dans le sens traditionnel du terme.

Les débuts du groupe ?
Nous avons commencé vers 2010, je pense. Je venais juste de finir mon dernier album avec Lady Paradox (Pat D & Lady Paradox- Soulscapes & Jazz Breaks) et je commençais à travailler dans un studio d’enregistrement.

Carl a aussi commencé à travailler au même endroit et nous avons donc décidé de bosser ensemble dans le but de nous familiariser avec le matériel. Nous pensions que ce serait une bonne idée d’expérimenter différentes techniques d’enregistrement. Pour moi, c’était une grande chance d’étendre mes capacités en production et de pouvoir ainsi m’éloigner du sample, étant donné que je m’y sentais légèrement limité. C’était vraiment étrange de commencer à travailler avec quelqu’un que ne me connaissait pas avant, mais nous sommes senti parfaitement à notre place. Nous partagions des goûts et des expériences similaires dans des styles différents, mais tout cela fonctionnait très bien ensemble.

[pullquote]Il faut penser cela comme un unique exemplaire d’un enregistrement infini. [/pullquote]

D’où vient l’idée de cet album, quelles en sont les origines ?
C’est une question très difficile. Je pense que nous ne nous sommes pas préparés au voyage qui consiste à faire un album. Tout s’est simplement et naturellement mis en place. Cet album, c’est une première collection d’idées originales et c’est devenue une opportunité inattendue. Avec les petits bouts de ce que chacun a mis dedans, P-Vine Records au Japon nous a demandé si on pouvait faire cet album ensemble. C’était l’occasion de les finaliser et de les lier. Nous sommes très reconnaissants envers P-Vine qui a été extrêmement patient dans l’attente du résultat final. Cette opportunité nous a donné la possibilité de signer avec Phonosaurus Records qui a merveilleusement amené notre musique sur le marché. Ils restent peut-être 5 ou 6 idées que nous n’avons pas développé quelques en soient les raisons, mais nous avons choisi celles qui pourrait fonctionner et à partir de cela, l’album a été fait.

Comment décririez-vous vos sons ?
Il est difficile de décrire cela car ça vient juste d’arriver. Il y a énormément d’influences et d’inspirations diverses qui viennent de tous les styles. Pour comprendre, je vous dirais : « Mettez vos écouteurs, asseyez vous un dimanche après-midi et relaxer vous avec. »

Sur Shibui, ce sont majoritairement des voix de femmes, cela aurait pu être des voix d’hommes aussi ?
Avoir des chanteuses sur cet album n’est pas le vrai reflet de tout notre travail, car nous travaillons aussi avec des hommes. Je pense que c’est un heureux accident que ce soit uniquement des chanteuses. Pour en arriver là, c’est d’abord une énorme discussion entre nous et puis une décision s’impose, celle de travailler avec les bonnes personnes sur les bonnes chansons. Pour juger le chant, nous sommes en désaccord autant que nous sommes en accord, car nous avons tout les deux d’intéressants points de vue sur ce que l’on aime ou pas dans ce secteur. C’est difficile de trouver des chanteurs qui sont vraiment très bons et qui comprennent également où nous voulons aller. Nous sommes heureux et reconnaissants d’avoir pu travailler avec ces magnifiques chanteuses sur cet album, connu ou inconnues pour certaines, ayant un vrai talent. Dans le futur, vous pouvez vous attendre à un projet avec des chanteurs aussi.

[pullquote]Je pense que ce mélange de styles et d’influences en fait ce qu’il est.[/pullquote]

Comment avez-vous travaillé pour l’enregistrement de Shibui ?
L’enregistrement commence toujours avec des idées simples que nous regroupons entre elles. Nous écrivons un tas d’idées et nous mettons chacun différentes méthodes, styles et sons sur la table. On peut commencer avec une mélodie aux pianos, des chœurs de guitares et des riffs de batterie et cela peut être extrêmement simple. Mais d’autres fois, cela doit être plus construit. Ensuite, ces idées, nous les emmenons à un niveau plus poussé. Puis, nous réunissons les musiciens nécessaires et nous entrons dans un processus de collaboration. Nous expliquons et nous obtenons ce que nous souhaitons de l’artiste, tout en écoutant en même temps leur contribution. Après un certain temps en studio, on écoute et on essaye de construire ce qui nous convient. On coupe et on monte ensemble les différentes parties ou sections et nous faisons exactement pareil pour l’instrument suivant.Quelquefois cela prend une nouvelle direction et on revoit donc ce qui nous semble bon. On a un studio très agréable, et nous avons la chance de pouvoir utiliser du très bon matériel. C’est assez modeste en définitive, mais cela nous convient parfaitement.

[pullquote]Nous avons vraiment l’envie de développer le côté live de The Broken Orchestra.[/pullquote]

Quels sont les projets futurs pour le groupe ?
Nous avons commencé à travailler sur de nouvelles choses. Nous sommes très attachés au projet de studio et il sera toujours une partie importante de notre processus. Nous avons hâte d’avancer, de continuer à travailler et d’essayer de nouvelles idées en se renouvelant perpétuellement. Nous avons vraiment l’envie de développer le côté live de The Broken Orchestra, mais ce n’est pas facile, car nous ne sommes pas un groupe « installé ». Le live pourrait impliquer une partie DJ et un live band pour avoir une acoustique dépouillée. On en aura certainement un aperçu pendant la promo.

En attendant, il se pourrait bien que Phonosaurus Records et Pause Musicale vous fassent gagner des albums de The Broken Orchestra, dans les prochains jours. Stay tuned !

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