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La PreskITW : Vendredi

Vendredi a l’épiderme sauvage et l’échine atypique.

Duo de deux musiciens, Vendredi cultive une douceur sauvage et des harmonies ardemment poétiques, romantiquement violentes. La musique qu’ils créent, refuse les étiquettes, multipliant les alliages, captivant d’un sens du rythme insolent. Leur premier EP Veneris Dies, de sept titres mêlés racontant une histoire sort chez Nø Førmat / A+LSO le 3 mars prochain.
On a rencontré ce duo formé de Charles et Pierre-Elie qui nous ont livrés leur récit de genèse et leur version de la création.

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Pause Musicale : Vendredi, vous êtes deux, comment vous-êtes vous rencontrés ?
Charles : On s’est rencontré lors d’un pic nic au bois de Boulogne. Les ambiances sonores du parc m’inspiraient, et comme Pierre-Elie était ingé son, j’en ai profité pour lui proposer de faire des enregistrements de sons.Un jour, il m’a rappelé pour me demander si je voulais faire de la musique. C’était un vendredi et c’est comme cela que tout a commencé.

Pierre-Elie : C’étaient des amis communs qui organisaient ça, on s’était déjà aperçu une fois ou deux. Mais, c’est là qu’on a commencé à être potes. Il y a peu de monde qui ont cet intérêt pour les enregistrements.

On essaye de fuir la discrimination sonore

Vendredi, le nom du groupe c’est donc un hommage à ce jour là et pas du tout à « Vendredi ou la vie sauvage » ou autres ?
C : C’est d’abord, le jour où je suis allé bosser chez lui.
PE : Il y a plein de sens et c’est cette multi-signification dans de nombreuses cultures différentes qui nous intéressait aussi. Pour certains, c’est le début du shabbat, pour d’autres, c’est le début du week-end, pour d’autres c’est la fin de la semaine.

C’était donc aussi le côté à la fois fin et début de quelque chose qu’on aimait. Un journaliste a dit que Vendredi « c’est comme un point de chute et d’éternel recommencement ». On aime bien ça, c’est lourd en signification mais vu qu’on est deux personnalités assez différentes, ça collait bien.

Cet EP fait très musique spirituelle, musique métaphorique, hantée d’un récit. Justement, quel est ce récit qui semble sous-tendre votre musique ?
PE : C’est vrai, on souhaite raconter une histoire sur chaque EP correspondant à des chapitres différents.

C : On ne veut pas tout dévoiler, mais l’histoire pour l’instant se focalise sur ce phacochère : Vendredi, va vivre pleins d’aventure dont la première est Veneris Dies.

PE : Veneris Dies, signifie « le jour de Vénus », le cadre de l’histoire, c’est que ce phacochère est amoureux de Vénus, qui lui est inaccessible.

La preskITW -vendredi

Vous semblez avoir des identités bien marquées et différentes, quel est votre parcours à chacun ?
C : J’ai toujours été influencé par la musique club, la house ou l’électronica. Quand j’étais petit, mon père était éditeur d’art et bossait avec un ingénieur informatique. C’est ce dernier qui m’a fait découvrir Alive 97 de Daft Punk et c’est à partir de là que je me suis intéressé à la musique électro, que j’ai écouté Pete Tong, Dimitry From Paris que j’ai adoré. Je suis resté dedans et progressivement, j’ai découvert le hip-hop ainsi que la musique afro beat. Ce qui m’a le plus marqué, c’est la house.

PE : Moi j’ai un père hautboïste qui était soliste de la formation Yehudi Menuhin. Encore aujourd’hui il fait des concerts à l’international et a signé chez Universal. Je viens donc d’une famille très ancrée dans la musique, avec une mère flutiste et des frères et sœurs qui font d’un instrument, violons, violoncelle ou piano.

Moi-même, j’ai été flanqué au conservatoire assez jeune où j’ai fait de la trompette et du piano. Je ressentais une sorte de frustration dans le fait que je ne pouvais pas partager ça avec beaucoup de personnes. J’ai un peu délaissé ça avec le temps, puis j’ai gagné un walkman et là j’ai commencé à écouter la radio.

Vendredi, on a également choisi ce nom car il a plein de sens et c’est cette multi-signification dans de nombreuses cultures différentes qui nous intéressait

Ma première émancipation musicale, c’est lorsque j’ai découvert J Dilla et Dr Dre que j’ai adoré et c’est la première fois où j’ai commencé à dévier musicalement, dans le secret de ma chambre. Après, il y a eu internet et j’ai écouté plein de choses diverses et variées et fait de la musique électro. Je pense que j’ai commencé à être satisfait de ce que je faisais comme musique, quand j’ai commencé à en faire avec Charles. Je trouve qu’on a trouvé un univers avec deux parcours différents qui se sont trouvés et se complètent.

Justement, comment vous composez tous les deux ?
C : ça dépend des titres. Sur Veneris Dies, les premières choses que l’on a composé ensemble, c’était des trucs que j’avais commencé à la maison et comme Mount Kimbie, on s’envoyait les morceaux par mails puis on les continuerais à deux si l’autre était réceptif. Maintenant on compose plus directement ensemble.

PE : au début, c’est vrai la moitié des morceaux venait d’un de nos ordinateurs, mais on finalisait et on finalise toujours ensemble. Il y a vraiment une répartition du travail qui s’équilibre à chaque fois et ça se ressent.

C : Très souvent, une phase de concertation s’impose à nous, mais on y arrive à se mettre d’accord assez rapidement sur un son, un kick ou un accord.
Même si on a des influences qui au début sont très différentes les unes des autres, on se rejoint sur de nombreuses choses et notamment sur certains artistes qui pour nous sont fondateurs et influents.

Veneris Dies, c’est l’histoire d’un phacochère, Vendredi qui est amoureux de Venus.

Lesquels ?
James Blake (ses premiers Eps), Flying Lotus, Mount Kimbie, Shlohmo, Fela Kuti, La Bossa, J Dilla, Chopin ou la musique romantique russe. Je pense pas que ce soit une question de parcours mais plus de sensibilités car peu importe de là où l’on vient, on se rejoint sur des points et on vibre sur les mêmes ondes.

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