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La PreskITW – Yodelice

La PreskITW – Yodelice

Yodelice revient à la vie, avec un nouvel opus, Square Eyes. Cet album à l’âme urbaine est bercée par des méandres électriques et des mélodies épiques aux accents intimistes. Pop fougueuse et incandescente, son album de 11 titres est une traversée dans l’âme de Yodelice, dans son monde à l’imagination bien trempée où sévissent des titres à la puissance douce, à la force subtile, au souffle d’asphalte.

Rencontre avec cet artiste qui fait rimer liberté, imagination et patchwork d’époques, sous des mélodies singulières et belles comme l’excellent Time.

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Pause Musicale : Yodelice, avec ce nouvel album Square Eyes, on semble te redécouvrir comme une première fois, avec une autre facette, est-ce pensé ainsi, comme une nouvelle ère ?

Yodelice : c’est une bonne question. Oui. Enfin oui, je n’en sais rien, après ce sont les gens qui vont l’écouter de différentes manières. C’est une proposition artistique et c’est toujours accueilli d’une manière extrêmement subjective, donc il y a des gens à qui cela va parler et d’autres qui vont être hermétiques.

C’est toujours particulier. Après c’est vrai que moi en terme de propositions artistiques, j’ai crée ce personnage pour m’offrir une liberté artistique et laisser libre cours à mon inspiration et à mes envies du moment. Donc, je refuse de rentrer dans des cases, de refaire la même chose, à moins que ce soit vraiment en accord avec moi. Du coup, oui cet album est un petit peu différent des autres, surtout en terme d’énergie.

Plus particulièrement, à l’écoute de cet album, on se dit que Square Eyes, oscille entre pop mélancolique et rock enfumé et sombre, est-cela?
Oui merci, cela me va, merci et salut. (Il rit)

Tu me parlerais du personnage de Yodelice, est-ce qu’il a été crée aussi pour te masquer, faire un écran ?
En fait, il n’y a pas vraiment volonté de se cacher derrière Yodelice. Avant d’être un disque, c’était un projet de scène, on a fait des petites salles parisiennes de 20, 30 personnes et des petits clubs comme la Dame de Canton, l’Alimentation Générale, le Sunside puis la Flèche d’Or qui est déjà une autre catégorie. Cela a toujours été un projet de scène, donc il n’y avait pas vraiment de volonté de se cacher, mais plutôt de trouver la clef d’une proposition artistique qui soit un petit peu plus que de la musique.

C’est à dire, ce n’est pas une comédie musicale, mais j’aime assez ces projets à tiroirs. J’aime également avoir une silhouette et peut-être qu’à l’époque du moins, c’était aussi une manière pour exorciser chez moi une timidité de la scène, une pudeur, car mine de rien, même si c’est une création imaginaire ce qui l’inspire c’est mon quotidien, c’est ma vie de tous les jours donc, c’est à la fois imaginaire mais ancré dans une réalité et c’était pour toutes ses raisons plus que pour se cacher.

Je voulais vraiment que ce disque ait une texture à part.

Justement tu me parlais de comédie musicale, il y en a une ( Happy Crowd) sur l’album qui fait très opéra rock je trouve..
C’est vrai, j’aime bien le côté glam rock fin 70′ début 80′. Je suis un grand fan de Queen, Freddy Mercury, et il y a dans ses compositions un truc très musical comme Bowie, une sorte de rock grandiloquent et en même temps, je ne pourrais pas faire que cela. C’est marrant, je ne me vois pas non plus là-dedans, mais j’aime bien ce jeu, ce truc d’interprétation à outrance.

Je trouve justement qu’il y a deux temps dans ton album,un plus énergique, l’autre plus calme, la frontière se situant sur Another Second. Est-ce qu’il est pensé de cette manière? »
Non, mais ce que tu me dis à vraiment du sens pour moi, parce que j’ai eu beaucoup de mal à faire le tracklist du disque. Déjà, j’ai enregistré beaucoup plus de chansons qu’il n’y en a sur le disque. Après, j’essaie de construire des voyages et j’ai eu la sensation qu’il était en deux temps.

D’ailleurs Another Second ne faisait pas partie de ce disque, mais j’avais l’impression que l’on avait besoin de respirer car tout est hyper dense, énergique et produit et à un moment, moi et ma guitare me manquaient un tout petit peu. Je me suis donc dit, on va réintégrer ce titre là au milieu du disque, tu l’as bien senti, pour repartir doucement jusqu’à Square Eyes et ensuite à Familiar fire qui termine le disque, où à la fois, je calme le jeu musicalement mais pas dans le message, j’aimais assez le côté un peu positif de cette chanson.

Yodelice, j’ai crée ce personnage pour m’offrir une liberté artistique et laisser libre cours à mon inspiration et à mes envies du moment.

Ton album est plus musclé. Est-ce que c’est une volonté ou est-ce totalement instinctif ?
Je m’entraine tous les jours, je fais des pompes. (il rit) Oui, je pense que cela vient de la scène, je le trouve plus énergique aussi. Il a été composé pas mal à New York et mine de rien, je me suis rendu compte avec le recul que j’étais hyper sensible au point géographique dans lequel je me trouve, ainsi qu’aux éléments qui m’entourent.

NY, c’est une ville qui va à 200 à l’heure et c’est marrant, car quand on est rentrés avec Xavier Caux, avec qui j’ai réalisé le disque et Patrice Renson, on s’est dit que les tempos étaient deux fois plus rapides que d’habitude, que l’on n’avait pas mis de guitares acoustiques, mais que des guitares électriques. Je ne sais pas, c’est peut-être aussi l’envie de retourner sur scène. Cela commençait à me titiller et du coup sur scène, j’ai toujours électrifié mes chansons, même mes premiers albums, parce que j’ai besoin de cette énergie là. Je ne peux pas entretenir un espèce de set mélancolique et nostalgique introspectif trop longtemps. Sinon, au bout d’un moment, tu entretiens cet état et cela a pu me peser à un moment donné.

Il y avait mon premier album Tree of life, où effectivement, je pense avoir vécu une petite dépression et je l’assume. C’était un disque extrêmement mélancolique sur la nostalgie de l’enfance et puis après je suis passé à autre chose, mais j’entretenais ce répertoire et au bout d’un moment, j’avais l’impression que cela entretenait un état dans lequel je n’étais plus à l’aise.

Justement, entre ton dernier album et celui-là, il y a un temps qui s’est écoulé, en avais-tu besoin et qu’as-tu fait ?
Oui, j’en avais besoin. J’ai pris du temps pour passer du temps avec les miens, pour voyager et pour aller voir des expositions et des concerts, pour retrouver une vie. Parce qu’une vie en tournée, c’est différent. Les premières fois, j’arrivais très bien à composer en tournée mais sur la fin, j’avais l’impression de tourner en rond et que je n’étais pas content de ce que je faisais, donc c’était important de faire une pause pour ne pas rentrer en mode automatique.

Encore une fois, Yodelice, c’est une liberté artistique, je refuse vraiment que ça devienne une boîte fermée où je ne peux pas faire ce que je veux. Quand tu rentres en mode automatique, il n’y a plus vraiment le truc des débuts, la même sincérité. Comme j’ai vécu cela en produisant des disques de variété, en technicien, un truc où tu as une recette, une manière de faire, je ne veux surtout pas que Yodelice tombe là-dedans donc la pause était aussi importante pour cette raison, pour pouvoir s’abreuver de nouvelles choses et repartir avec du neuf.

Il semble que cet album soit une promenade dans des contrées sombres et entêtantes, presque crépusculaires, qu’est ce qui t’as inspiré pour cet album et en quoi pour toi est-il différent des autres ?
Je pense qu’il est différent dans le sens où il est plus produit. C’est à dire que Xavier, Patrice et moi, nous avons passé beaucoup plus de temps sur les sons, sur les choix de méthodes d’enregistrement. Je suis un peu un geek de vieux matos vintage, de vieux micros de vieux magnétos.

Du coup, je voulais vraiment que ce disque ait une texture à part. C’est-à-dire qu’on a employé plusieurs méthodes d’enregistrements comme un patchwork d’époques. On a enregistré par exemple les batteries et les guitares, comme dans les années 60′ avec les mêmes micros, les mêmes chaines de console jusqu’au magnétos des années 60. Puis après, je voulais y intégrer des synthétiseurs, mais plutôt analogiques mi-70 mi-80′, j’avais envie de trouver un son qui a la fois soit poussiéreux sans être trop rétro non plus, qu’il y ait un truc un peu à part et je suis assez content du résultat.

Je le trouve justement un peu hanté par les Doors, The Rolling Stones…
Alors c’est vrai, cela fait carrément partie de mes influences, de mes premiers coups de foudre musicaux, ce sont effectivement ces années là, ces groupes-là. Moi, j’ai commencé la guitare le jour où j’ai entendu une chanson de Jimi Hendrix Voodoo Child avec cette pédale wah-wah qui commence le morceau. Je n’avais pas analysé que c’était de la guitare et c’était pour moi comme une révélation donc ces groupes comme Led Zep, les Whoo, les Clash, ce sont vraiment des groupes qui m’ont inspirés.

Ce sont mes premiers coups de cœur, ce sont mes disques de chevet que j’écoute régulièrement quoi qu’il se passe et quelque soit la mode. J’ai toujours ces racines-là qui sont en moi et c’est marrant finalement qu’elles aient mis autant de temps à ressortir de ma personnalité.

Moi, je t’identifiais peut-être à tort à la tradition folk et avec cet album je me suis dit, notamment avec Time qui est ma préférée, qu’en fait non…
Oui, il a fallu passer par de nombreuses étapes. Moi, quand j’ai commencé ce métier, j’ai toujours rêvé d’être musicien. Je ne me suis jamais projeté comme un chanteur ou un artiste. Je n’ai jamais tripé dans ma chambre à me projeter devant des foules. J’ai toujours écouté des disques et je rêvais de jouer de la guitare, faire des sessions pour les plus grands du moment.

J’ai été très heureux, car très vite j’ai pu gagner ma vie avec la musique, mais j’étais plutôt dans un mode de technicien plus qu’un artiste. Je pense que lorsque est arrivé cette envie de faire cette proposition artistique Yodelice, j’avais passé tellement de temps en studio à produire et à surproduire des disques que j’avais envie de faire un album extrêmement organique. C’est-à-dire de le composer à la guitare et j’avais envie que les gens ait accès à un disque très pur.

Je n’avais pas forcément envie de faire un disque de folk, mais un disque moins produit qui me ressemble, quand je compose des chansons avec des guitares. il s’avère que cela est tombé exactement au moment où il y avait un retour au folk ce qui ne m’a pas dérangé. Car, moi dans mes disques de chevet, il y a Harvest de Neil Young, ou des disques de Dylan, mais je ne me suis jamais projeté de cette manière. Et puis, avec la scène, sont revenues mes envies de guitares électriques. Je suis guitariste depuis que je suis môme, j’ai joué dans plein de groupes de rock et c’est finalement quelque chose que j’avais délaissé et qui revient naturellement en moi, comme un retour aux sources.

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