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La PreskITW : You and You

Derrière You and You, se cache Félix Perez, un artiste fragile qui navigue en eaux folk, avec une touche soul mixée à une pop que l’on dirait anglaise. Catcheur des mélodies douces, troubadour de la liberté, il aime brasser des cultures différentes et ouvrir l’esprit des gens.

Son premier EP Song, Stories and Magic Tricks était déjà une petite ballade langoureuse vers un horizon différent. 3 ans après et quelques concerts plus loin, You and You sortira son premier album Kep It Safe, chez [PIAS] le 17 juin prochain.

12 pistes poétiques d’où l’identité de Félix gorge les moindres veines de cet album, lui procurant une mélancolie et des espoirs à la pelle. Sous les mélodies, un plaisir implicite, inviter le monde à son voyage, un voyage atypique, intimiste qui se fait sous des entrelacs de guitares, avec des textes parfaitement ciselés et un plaisir fou à explorer des sonorités irréelles, entre pop, rock et folk.

Des paysages oniriques dessinés à l’encre de chine, des toiles tissés dans le surréalisme qui l’inspire, l’homme se dévoile dans son interview. Un artiste pour qui l’art a une place à défendre dans la société. Nuages de fumées sans feux, il allume le monde à son aise pour mieux le garder en sécurité, près de son cœur, proches de ses harmonies délicates.


Pause Musicale : Bonjour, peux-tu te présenter pour les lecteurs qui ne te connaîtraient pas encore ?
You And You : Je suis un artiste pop folk qui sillonne le paysage musical depuis maintenant 5 ans. Mon premier album Keep IT Safe sortira le 17 juin prochain sur le label [PIAS].

Ton EP de 5 titres avait-il un titre prémonitoire « Song, Stories and Magic Tricks », car ton parcours est un peu magique ?
Mon parcours alterne la magie et la patience, j’ai eu la chance de rencontrer des gens qui m’ont rapidement aidé à me faire un petit nom sur Paris et à ouvrir des portes importantes.
Mais la vie d’un artiste en développement qui chante en anglais est aussi faite de moments plus difficiles et de remises en question fréquentes. Il faut pouvoir s’appuyer sur les choses positives pour résister, quand les choses n’avancent pas comme on veut. La foi en mon projet et en ce que je veux faire de ma vie a été très importante.

Tu as une belle histoire : gagner le FAIR, travailler avec Denis Clavaizolle (Cocoon, Jean Louis Murat) et te faire remarquer par Kenny Gates le patron de [Pias], on pense quoi quand ça arrive ?
Oui c’est vrai que c’est une belle histoire. Ce sont des personnes qui ont des carrières très importantes et les côtoyer donne de la confiance en ce que l’on fait au quotidien. Le FAIR, ça a été une surprise et une grande fierté. Ça m’a permis de m’affirmer en tant qu’artiste, c’est un passeport, un label de qualité important.

Denis, ça a été un vrai plaisir de travailler avec lui. Je me souviens, avec le sourire, de ces nuits passées au studio à travailler sur les titres, de nos désaccords, des verres à 3h du matin. Ce sont des moments qui restent gravés.

Kenny, ça a été incroyable. J’étais à Bruxelles. Je jouais deux titres pour une soirée organisée par la boite de prod d’une amie basée là-bas, et il se trouve que Kenny était à cette soirée. Il a apprécié les chansons, nous avons discuté de tout et de rien, de musique, des vacances etc.. et puis il a eu l’audace et le courage de croire en moi, ce qui aujourd’hui n’est pas évident, pour ça je l’en remercie.

[pullquote] La musique, c’est une remise en question permanente. [/pullquote]

Est-ce difficile de se faire connaître… parce qu’à voir ton parcours, on ne dirait pas ? As-tu connu des périodes de doutes ou de découragement ?
Tout est envisageable, certains projets connaissent un succès rapide, d’autres ont besoin de plus de temps pour y arriver. J’ai évidemment connu des moments de doute, des moments difficiles, des labels qui vous promettent des choses, puis qui disparaissent sans laisser de trace, des concerts mauvais, des collaborations difficiles.

Tout ça fait réfléchir, fait douter, fait se remettre en question. La musique, c’est une remise en question permanente. On peut avoir 100 avis positifs, si le 101ème avis est négatif, tout s’écroule. J’ai la chance d’être bien entouré, d’avoir des gens qui ont des avis pertinents qui me font avancer et ça c’est très important.

Ton premier album Keep It Safe va sortir le 1er juin, pourquoi ce titre et comment te sens-tu ?
Je me sens très excité. J’ai hâte que les choses se mettent en place et que le plus dur commence. J’ai hâte d’aller défendre ce disque sur scène et d’aller à la rencontre du public, ça fait un peu cliché, mais c’est tellement vrai..

Le titre, c’était pour moi l’occasion de mettre en mots quelque chose que je recherchais au fond de moi, ce besoin de sécurité et de certitude dont j’avais besoin à l’époque. Keep it Safe (« garde le précieusement » ), c’est une invitation à la sincérité à la douceur et aux vrais valeurs comme l’amitié, l’amour etc.. Je veux que les gens, sans avoir écouté la musique rentrent dans un univers chaleureux, je veux qu’ils s’oublient un peu le temps d’une écoute.

[pullquote]Je me vois plus comme un rêveur optimiste. J’aime croire que tout n’est pas perdu et que l’on peut encore croire en des jours plus agréables. [/pullquote]

12 titres aux noms mélancoliques ou inspirés par la nature, quelles ont été les influences majeures pour cet album ?
Je voulais que le disque soit plein de chaleur humaine. Les chansons sont comme les couleurs de la pochette, chaleureuses et pleines d’une mélancolie positive, celle qui fait avancer. Je ne voulais pas d’un disque triste, je voulais un disque qui fasse du bien.

Comment crées-tu tes chansons et écris-tu tes textes ? La musique en premier et les mots après, car les deux semblent être traités à égalité ?
J’ai une technique d’écriture qui m’est personnelle, je pars de la musique avec un « yaourt » ( une sorte de bla bla en anglais ) et à travers quelques mots qui reviennent, je crée le texte.

C’est une technique qui me vient tout droit du surréalisme des années 20 ( Breton, Aragon ) qui est l’écriture automatique qui consiste à créer un texte dont le sens se met en place par l’inconscient, par les émotions et sentiments enfouis en nous. Ça paraît bizarre, mais ça marche pour moi.

A l’écoute de ton disque, il semble que tu n’aies pas qu’un seul univers, folk, soul, pop … Est-ce une volonté de rester libre et d’éviter les étiquettes ?
Je tiens à rester libre le plus possible, c’est très important pour moi. J’admire un personnage comme Beck qui est capable de passer de la folk au hip hop puis au rock, sans que ça choque. J’aimerais que les gens qui apprécient ma musique ne soient pas étonnés si je passe d’un style à l’autre. L’important pour moi et le plus difficile je pense, est de garder sa signature.

Tu chantes en anglais, pourquoi ce choix ?
F.P:  C’est ma langue musicale. Ayant des parents immigrés espagnols, je n’ai pas grandi dans la culture Brassens, Brel, Ferré ou autre Gainsbourg. La musique, j’ai découvert ça ado avec Nirvana, les Red Hot, Pearl Jam, l’anglais me vient naturellement. J’ai la chance d’avoir un accent très correct donc j’en profite, même si en France, c’est pas forcément choisir la facilité. Le français me titille de plus en plus par contre. J’ai de plus en plus envie de m’y frotter donc à suivre..

[pullquote] J’aime l’expression d’exilé sonore, je la trouve intéressante, ne me sentant à ma place nulle part, j’aime croire que la musique permet de la trouver. [/pullquote]

A l’écoute de ton album empli d’espoir et de mélancolie, j’ai pensé à cette phrase d’Aragon « Certains jours, j’ai rêvé d’une gomme à effacer l’immondice humaine.  », vous en rêvez avec votre musique ?
C’est drôle que tu aies pensé à Aragon quand même.. C’est vrai que c’est une phrase très actuelle, on voit beaucoup de choses pas très gaies à la télé, dans la rue etc.. Pour moi la musique, c’est un moyen d’effacer un peu tout ça et de me créer un petit monde, un petit refuge. Je n’ai pas la prétention de pouvoir effacer l’immondice humaine, mais me la cacher quelques instants, oui c’est très possible..

Ta musique semble être sans terres, sans frontières, rassembleuse en quelque sorte, tu es un exilé sonore et un rêveur optimiste ou un profond mélancolique ?
Je me vois plus comme un rêveur optimiste. J’aime croire que tout n’est pas perdu et que l’on peut encore croire en des jours plus agréables. J’aime l’expression d’exilé sonore, je la trouve intéressante, ne me sentant à ma place nulle part, j’aime croire que la musique permet de la trouver. Par contre, je ne suis pas mélancolique, les gens qui me connaissent me définiraient plus comme un charmant casse-couilles..

[pullquote] J’aimerais que les gens qui apprécient ma musique ne soient pas étonnés si je passe d’un style à l’autre.[/pullquote]

Tu rêves de travailler avec qui maintenant ?
Je ferais bien un truc avec Eddie Veder, un duo ça serait chouette. Sinon j’enregistrerais bien quelque chose avec Mark Ronson, le mélange des genres, ça peut être pas mal..

Des dates de concerts prévues en France ?
Bientôt je pense. Je sais que ça travaille dur de ce côté-là au label et chez mes tourneurs..

Quels sont les projets à venir pour You and You ?
Aller défendre ce premier disque et en faire plein d’autres!! Pourquoi pas bosser pour d’autres..

Qu’est-ce qu’il y a dans ton iPod en ce moment ?
J’écoute pas mal de soul en ce moment ( Marvin Gaye, Lee Fields, Bill Withers ). J’aime bien Alt J, Half Moon Run aussi. J’écoute en boucle Franck Ocean, José James et les incontournables chez moi, Bon Iver, The National et Iron and Wine..

Une citation qui te résume le mieux ou que tu chéris ?
« Tomber est permis, se relever est ordonné »

TRACKLIST :
1 Fly
2 Crawling
3 Bye Bye
4 A Brand New Son
5 The Road
6 Rainbow
7 L’Eclair
8 The Departure
9 Wasted Mind
10 No river in the sun
11 One last Day
12 The House On the Moon

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