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Jack Colwell & The Owls : Picture Window

Jack Colwell & The Owls : Picture Window

Jack Colwell est un chanteur auteur-compositeur de Sidney qui utilise sa formation classique pour la mettre au service de son univers merveilleusement alternatif. Il sort avec sa tribu de musiciens, The Owls, son premier album Picture Window, petit opus de folk sombre et mélodieuse, flirtant dangereusement avec de la pop lunaire. Riff de piano en pagaille, solos de flûte, beats de cordes et refrains accrocheurs sur des paroles attrape-coeur sont la puissance de cet opus et la force toute tranquille des évocations possibles.

Un son à la Midlake, une poésie vocale un peu à la Antony Hegarty de Antony and the Johnsons, Colwell de sa voix poignante, explore les émotions du coeur brisé, amertume, patience, l’espoir, l’obsession ou la folie au travers de huit pistes lumineusement brumeuses. La grâce illume les orchestrations et les sentiments y sont légion. »Spitfire » dramatise l’atmosphère avec les cordes et le choeur de voix grésillantes alors que « The Labyrinth » dévoile plutôt la confusion des sensations et des sons avec un violon semblant flambé vengeur accompagné d’un piano agressif. « Pigeons & Peacocks » est une fresque de la transition entre un hier regretté, perdu et un lendemain inconnu, où piano et voix en constitue la trame principale.

Le piano est quelquefois lâché pour une ambiance sonore plus sombre encore, comme sur « Banquet » où l’électrique se mêle au bal, créant ainsi une complainte épique et magnifique, car gorgée d’une tension toute entendue et assumée. Le son alt-pop n’est jamais seulement triste, car même s’il explore des sentiments profonds, relate des défaites et des moments à jamais perdus, il se mue en espoir tout brûlant sur des pistes comme « Melody Captain », « Picture Window », « From The Ground » et « Waiting For Three » ou Daisy M.Tulley pose sa voix subtile et mélancolique.

Colwell déclare « To me, that shows my music is making an emotional connection with someone. Instead of singing in some kind of vapid bubble, it’s directing an emotion – and whether people like [what they’re feeling] or not, that is the intention of the work.” et il y réussit à merveille, sans aucune compromission, avec une délicatesse toute innée.

Il est des opus mélancoliques à souhait qui donne envie de crier sa joie de vivre, de se rouler aux pieds du hasard et de l’aventure, celui-ci est de ceux-là, flamboyant et incandescent telle une dernière cigarette, qui donne envie de se brûler les ailes et de battre le pavé, de désir.

Picture Window est en écoute intégrale et jouissive :

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