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JBM : Stray Ashes

Derrière JBM, se cache le chanteur canadien Jesse Marchant. Ame sombre à la voix émouvante et intense, JBM est un auteur-compositeur-interprète pour qui les mélodies sont innées et les sentiments traduits en musique sombre et émouvante.

Stray Ashes, son deuxième album est hanté de récits poétiques dispersés en dix pistes envoûtantes. S’il fallait tenter de le décrire, JBM possède un timbre de voix déchirant où les mots se cassent sur les vagues langoureuses des rochers de la vie. Proche d’un univers Born Iverien, il crée sa propre ambiance incandescente et ténébreuse.
Journal de bord d’un mélancolique qui aime la vie, le récit commence avec Ferry, navire accostant à une rive inconnue. Les résonances sont omniprésentes, presque lancinantes grâce à une guitare en solo et des touches de batterie qui racontent les dernières expériences de Jesse. La tonalité mise à nue est celle qui sous-tend l’opus, à la fois brute et délicate.

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Only now, est construite autour du passage d’un instrument à l’autre. L’urgence d’agir est à fleur de peau, face aux changements et aux disfonctionnements nombreux décrits par Jesse. Chant brouillé, venant des entrailles de JBM, il s’échoue à vos pieds, nu et dépouillé.

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Les chansons de JBM sont des cris du coeur, aux mélodies somptueusement folk où une ligne de basse passe souvent en continue. Les textures sonores s’y font de plus en plus intenses, comme si on se rapprochait du coeur battant, de la vérité crue.
You Always Keep It Around est de celle-là. Ballade folk à l’ancienne flirtant avec une country enivrante, la voix de JBM guide les pas des intruments qui l’accompagnent doucement, à tâtons sur ses talons. Dépouillée, l’aura mélodique est intense et poignante.

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Winter Ghosts suit comme un halo de lumière perdu dans une tempête. Ici, les guitares et la voix s’unissent pour faire corps dans une immensité inconnue. A chaque arrêt, un autre instrument s’ajoute, comme les batteries et le tambourin. La progression dans l’intensité des notes est continue. Le résultat en est une piste à l’allure répétitive qui ressemble à une prière ou à un espoir chanté, les paumes des mains ouvertes vers le monde.

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Si l’opus est intimiste, il n’est par pour autant hermétique au contexte, ni à l’atmosphère ambiante. Ce qui peut sembler être une retraite du monde est plutôt une contre-plongée dans la société, en un équilibre incertain. Sur une corde raide, JBM est un funambule qui contemple le monde et offre son univers aux autres.
Les chansons à la mélancolie certaine ne sont pourtant pas des tombeaux. Ce sont des fenêtres à demi-ouvertes sur le monde et l’espoir caché, au coin d’une rue, aux croisées de la vie.

Forests est ainsi. Elle commence de manière plus enjouée. Guitares au poing, envolées de mots ponctuant les mélodies qui suivent une basse délicate en filigrane qui se révèle à certains moments plus intense. JBM a une voix proche de Fink, appel profond à mille et un espoirs et mille et une déceptions.

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Sur certaines pistes, le piano dialogue amoureux avec JBM, comme dans Thames, où la pérégrination est plus posée, mais tout aussi émouvante.

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A d’autres, c’est la guitare, éternel compagnon de Jesse qui se fait plus présente. Ainsi, Moonwatcher, est une piste hantée par la triste réverbération de la guitare, seule dans un cortége infini. La batterie s’y ajoute lentement et lui donne une ambiance un peu funèbre comme si on enterrait le passé ou ses rêves, nul ne le sait.

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Crooked Branches au tempo plus doux, presque chaud, met en lumière la voix de JBM légèrement dissociée du rythme, comme en décalée. Là, elle glisse sur un air calme aux jeux de guitares simples, piste dédiée à sa soeur.

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Quant à On Fire On a Tightrope, c’est une ballade crépusculaire, cinématographique, où le paysage défile sous vos yeux, tel un instantané de votre vie. Simple mais incendiaire, elle est touchante et la voix de JBM s’en détache, lumineuse. Les guitares en flot régulier, tamisées et la batterie ponctuent la complainte et lui apportent une allure tout aérienne.

Enfin, Keeping Up est le dernier tour de piste, petit matin d’une nuit sombre, où l’on reprend ses esprits. Elle résume l’opus en entier, l’ambiance, les sentiments, la soif de vivre sous-jacente sous la mélancolie abbysale et les espoirs démesurés, rythmés par les guitares et la batterie. Une fin ou une ouverture sur autre chose, une interrogation à l’envolée.

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Mélange de grâce toute raffinée et de force brute, noctambule poétique, Stray Ashes vous emmène dans un endroit singulier, un peu à l’écart des autres.
Cendres de vie, débris du monde, l’exploration vocale est délicate. Ce sont les batteries et les boucles de guitare qui électrisent l’ensemble.

Mixé avec John Congleton, le brouillard mélodique se déploie et tisse sa toile au long des pistes. Ici crépusculaire, plus nuageux à d’autres endroits, le troubadour triste est vaporeux. McKenzie Smith à la batterie (Midlake) et Macey Taylor à la basse (AA Bondy) apportent leurs touches à l’édifice sombre sorti chez Western Vinyl.

Intrépide sillon, le sentier longeant les canyons s’avèrent lumineux, même si la destination reste l’inconnu de l’équation posée.

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