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JeanCristophe : Ma vie en rose

JeanCristophe : Ma vie en rose

Quatre ans après la sortie de son premier album, JeanCristophe revient avec « Ma vie en rose« , album électro-pop, véritable bouillon surréaliste aux accents roses amères.

« Boys Addict » commence l’opus sur un air d’inspiration nouvelle vague, à la manière d’une introspection acidulée pop, aux paroles ironiques, aux choeurs larvés, deuxième degré à pleine bouche. Mélodie entraînante aux touches de synthé, guitares, piano, un peu à la manière d’un Alain Chamfort.
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« Avoir mal » suit telle une musique de boite à musique déréglée, bal de la souffrance à la mise en scène simple, avec une touche de Miossec, version première bouture. Des paroles cinglantes lâchées en dissonance avec la musique douce et répétitive.
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« Obsession » met les claviers en fête, avec une Mylène Farmer au masculin, sur l’obsession des garçons, clamée et réclamée.

« Merci la Vie » ressemble à s’y méprendre à une musique de fête foraine, avec une pincée d’accordéon, un zeste de clavier dans une ambiance très « Elephant Man », un remerciement à la vie dans ce qu’elle a de cruauté et de mauvais coups et de hasard aussi, tantôt joyeux, tantôt grinçant.

« Les Amitiés Particulières » presque chuchotées, avec une musique légère, sont un hymne sobre à une interrogation en suspens, hantant les individus, presque du domaine du non-dit.

« Poupée de cire Poupée de son »  est quant à elle une biographie douce amère avec un piano accompagnant une voix délicate,  peinture tout en sons de soi, sans concessions : touchant Gainsbourg.

Si « Jusqu’à la Corde » aborde l’amour et l’autre, au piano, sous forme d’un dialogue imaginaire, suspendu à un fil, un fil tranchant de surcroit, triste et mélancolique, avec les cordes au pluriel.
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« Song For Emet » retourne à la pop, petit bordel comme un cadavre exquis, un soupçon de Katerine là… Un ballon lâché en plein vol ici.

« Envoyez-Moi la garde suisse » a des accents anarchistes, choeurs d’opérette sur un air pompier : une vague d’ironie et de sarcasmes de plein fouet…puis telle une confession à mi-voix, calme et qui se recasse les dents sur l’air de fanfare.

« Supergarçon » est, lui, pensé comme un épisode de comics, rythme haletant, refrains tel un générique de dessin animé des années 90, qui tranche avec les paroles sucrées mais sombres sur la destruction voulue et appelée comme une prière.

« Maman Songe« , électro sereine, sur la mère qui se perd, sombre sans couler… Vrais parcours chaotiques d’une mère et d’un fils en suspend.
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Vient ensuite « Nature Boy« , avec la voix de Natacha Tertone, tentation Jane Birkinnienne, autour de variations de cordes et de piano, subtil et délicat.

Enfin « Là et Maintenant c’est tout » est un duo contrarié de deux faces, entre Natacha et Jeanchristophe, accompagné par des claviers, des guitares, qui monte en intensité, une bonne conclusion à l’album, brouillant les pistes encore un peu plus.
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Un petit opus qui dessine une identité brouillée, hors piste. JeanCristophe, comme un saltimbanque, choisit de naviguer dans la vie et dans les sons avec une simplicité affichée, ne masquant pas une réelle douleur qui se révèle au gré des pistes avec une profonde mélancolie qui affleure… L’entre-deux joué joueur et surtout une belle plume loin d’être rose, ambivalente tel un bubble gum acide.

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