Close
Jonathan Wilson – Fanfare

Jonathan Wilson – Fanfare

Avec Fanfare, sorti il y a maintenant deux semaines, le californien Jonathan Wilson maintient sa recette ‘rock à l’ancienne’, sauce psychédélique, sans toutefois renoncer aux ingrédients les plus modernes de la production.
S’il s’entoure de grands noms du passé comme Crosby et Nash, ce n’est pas pour s’enregistrer avec un 8-pistes, mais pour prendre le pari de délivrer une bonne copie rétro avec du moderne. Épreuve risquée s’il en est, il s’en acquitte pourtant fort bien.

Il faut dire que le bonhomme, s’il n’avait sorti qu’un seul album avant celui-ci, est rompu à l’exercice de la production, ayant accumulé les collaborations prestigieuses ces dernières années (Father John Misty, Erykah Baduh, Elvis Costello et j’en passe). Celle-ci, propre et léchée, pourrait d’ailleurs décevoir le fan des sixties attiré par la présence des rois du country-rock évoqués plus haut, s’attendant à retrouver les crépitements du son de naguère.

Non, Fanfare est décidément un album bien dans son temps, qui ne souffre d’aucune crise identitaire. Le multi-instrumentiste ne s’arrête d’ailleurs pas à faire de l’ancien avec du neuf et prouve, si besoin il y avait, que la technologie a bien un rôle à jouer dans le psychédélisme.

Le long des 13 pistes qui font cet album, Wilson nous emporte dans un univers bien à lui et ce dès son intro, Fanfare, ponctuée d’envolées psychées et d’éléments progressifs. Impossible de louper l’influence du Floyd, voire de King Crimson, là-dessus.

A la première écoute, on pourrait reprocher à ce disque de ne pas savoir alterner les ambiances. Et pourtant, s’il est vrai qu’on retrouvera aisément une certaine profondeur sur la plupart des morceaux, c’est bien en leur en sein même qu’existent les éclaircies.

A l’instar du solo de guitare sur Dear Friend (une des perles de l’album) ou du brouillard vocal de l’ode à CSNY Cecil Taylor, Wilson sait comment écrire des histoires dans l’histoire par le biais d’apartés parfois maîtrisées, souvent relâchées.

A l’exception d’une ou deux prestations sans envergure, comme peut l’être Her Hair Is Growing Long, l’ensemble des morceaux du disque mérite une écoute attentive. Comment ne pas se sentir nostalgique de l’inventivité des années 1970 après Future vision ou Illumination ?
Pari réussi pour Wilson en définitive, qui nous emmène quarante voire cinquante ans en arrière sans faire grésiller nos enceintes.

Tracklist :
1. Fanfare
2. Dear Friend
3. Her Hair Is Growing Long
4. Love To Love
5. Future Vision
6. Moses Pain
7. Cecil Taylor
8. Illumination
9. Desert Trip
10. Fazon
11. New Mexico
12. Lovestrong
13. All The Way Down

Jonathan Wilson - Fanfare

Close