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Khushi ou les soubassements d un reve

KHUSHi est un chanteur compositeur de Londres, qui fait de la musique dans la droite lignée de The National, Alt-J, Tune-Yards et Bon Iver. A l’écoute de sa musique incendiaire, tout en retenue et en poésie, on ne peut qu’être conquis.

Mélancolie en mélodies multicouches et polyrythmiques, les notes se chevauchent et fusionnent dans un halo de lumière tamisée. Là, sa voix douce et profonde vous caresse et l’étreinte de ses promesses devient infinie. Singulier, sa poésie est touchante, son sens du rythme séduisant, et sa pop lunatique est teintée de fêlures et de bleus à l’âme dangereusement captivants.

Sous des mélodies fluides parsemées de quelques rythmes envoûtants, Khushi trace son sillon et rejoint la famille des Fleet Floxiens, offrant de rebondir tout en espoir et en notes, face aux événements quels qu’ils soient.
Les amoureux d’Alt-J y reconnaitront les siens avec une même manière de construire des tempos chaloupés qui ne se terminent jamais comme on le pense, et un même ordre du chaos à la structure parfaite avec une identique étincelle de vie dans le mouvement.

Quelques titres seulement et déjà, l’ombre des symphonies furieuses qui agencent un nouveau lendemain, une onde de choc prête à ruer dans les brancards.
Magpie est de celles-ci. C’est une petite ballade, pleine d’échos, où la voix langoureuse de Khushi se pose comme un appel à la perte de soi. Les percussions accompagnent le tempo profond et aérien. La magie opère, la poésie est belle.

You Say, est, quant à elle, une complainte qui berce les douleurs, captivante à souhait. Khushi y pose de sa voix ailée les soubassements d’un rêve, les rythmes des lendemains qui dansent et les révoltes contre la routine. N’y manque rien, pas même les chœurs qui chavirent le ciel, ni le tempo qui vous attrape au tournant, et vous laisse tel un pantin désarticulé.

Seven Years Old, est une prière à la lune et aux astres, l’énergie tapie dans les batteries et les guitares. Elle vous emmène et vous enivre par sa tristesse sous-tendue. Les dissonances en fin de piste vous achèvent dans une illusion métaphorique, tambours battants.

Enfin, Phantoms est dans la lignée de Simon & Garfunkel contemporains, un souffle folk dépouillé et puissant habille de douceur cette mélodie dont le rythme crescendo vous décoche une flèche, celle du réveil des sens.

Khushi tend à créer de l’intérieur, par ses notes, un organisme nouveau avec les seuls éléments du réel revu et corrigé de manière mélodique.  Composition ardente d’un cœur battant avec violence et délivrance.

Jubilation et incandescence sont alors à portée de main. Tourments en sus et tortueux en boucle, c’est une source de flamboyance, l’appel à un basculement résultant d’un mouvement d’ensemble où forme et fond se confondent, commandant une nouvelle construction fantasque. Ici se traduit l’intensité de la danse, celle de la vie, précieuse et capricieuse.

Khushi semble ainsi répondre à la question : « Qu’est-ce-que le paradis ? » C’est l’enfer perçu sous un angle différent, singulier. Lui donne une déchirure pour mieux se blottir contre elle et se rassurer tout contre. Sa musique est pénétrante et poignante, lui qui se définit ainsi :

« Born a bastard.

Raised by wolves.

Cultivated by yoghurt.

Finished by the end. »

Khushi

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