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Kissed Her Little Sister : Sailor

Kissed Her Little Sister aka Jeff Morisano avait sorti, il y a déjà quelques temps, un premier album auto-produit High & Low, remarquable opus, pure étrangeté sublime. Kissed Her Little Sister revient avec son nouvel album Sailor, mélodies indie rock, cette fois-ci, aux sons saturés, lo-fi. Sailor, c’est de la folk, teintée de jazz sur certains morceaux, qui rappelle à la fois Simple Kid ou Khula Shaker version ancienne. Dix titres créatifs, bouillonnants sous l’harmonica, la batterie, la guitare et les voix douces menées par celle de Jeff Morisano.

Musique multi-couches aux teintes irisées, Jeff Morisano en crée une indomptée. Un son à Beck, et un sens profond de l’harmonie expérimentale aux transitions musicales sauvageonnes et réussies, Kissed Her Little Sister transcende toutes les barrières. Jeff est inspiré par le théoricien Pierre Schaffer pour qui la création est essentielle et doit être ludique avec une importance toute ciblée sur la manipulation sonore. Disparate, l’opus aux voix étouffées, est un état brut en équilibre, dirigé par un caméléon libre qui cultive l’absurde via ses textes tel Samuel Beckett ainsi que les superpositions sonores intéressantes.

Passé maître dans l’art du mixe de différentes musiques, Jeff mélange du jazzy avec du tambour et change la texture d’une chanson en plein mouvement en mélodies psychédéliques. L’homme n’a peur de rien et ses sons sont contagieux, sans limites, sans règles traditionnelles.

« Up now Gathering » ouvre l’album avec un souffle jazzy qui se change en folk moderne dans « In A Field », où harmonica, guitare, et tintements diffus prennent la relève avec simplicité et efficacité.

« That Was Only Wasting Time » utilise des sons jazzy rétro, puis la batterie prend la suite, mélodie saturée d’où la voix de Jeff Morisano tire son épingle du jeu, envoûtante et rythmée, un soupcon de Amos Lee, sons singuliers un brin soul.

« I Ain’t Got A Friend » reprend la danse, presque a capella avec quelques instruments qui, ici ou là, soutiennent la voix, notamment le saxo inattendu qui se joint à l’ensemble, au choeur de voix, changeant le ton musical du morceau, belle créativité diffuse et subtile.

« My Nature » et « I Am A Human Being » sont dans la pure tradition folk avec un son pourtant bien à lui, entêtant et rythmé où harmonica en folie et guitares font des envolées dans l’univers d’un Dylan sous acide.

Sur « Our Govrment », le choeur de voix guide la chanson avec des guitares, légèrement décalée celui-ci apporte une touche collective très décadente à la piste comme sur « If The Devil Come For Me », petite complainte avec une guitare qui mène l’ensemble.

« The Thrill is Gone » commence doucement, brouillée, les guitares et la saturation sonore en filigrane sont pourtant ultra-présents, une transe calme, nocive.

Enfin, « Catfish » clot l’opus, conclusion de neuf minutes intenses, pop dilettante et détériorée à la David Byrne aux multiples résonances et échos brouillés qui clashent au début, servant de trame sonore qui tend à s’effacer pour laisser place à des riffs de batteries en sourdine, Jeff prend place, dans la mélodie cassée qui semble aller où elle le souhaite, libre…

Ballade sonore, débauche musicale surprenante et fascinante… Les terres de Jeff sont irrésistibles, singulières, véritables passerelles sur un autrement séduisant, car imprévisible et indompté.

Sailor en écoute intégrale et en téléchargement gratuit :

Et si vous ne connaissiez pas son précédent opus High & Low : il est aussi en écoute intégrale et en téléchargement

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