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La Presk’ITW : POSTAAL

La Presk’ITW : POSTAAL

L’instinct, l’intelligence et la férocité d’émotions tout en notes puissantes, Postaal, groupe franco-anglais, happe sous ses notes plurielles à la couleur nuit, au souffle de liberté.
De leur premier remix publié il y a plus d’un an à leur EP AA1 sorti tout juste hier, ce groupe au rythme incandescent et à la dynamique singulière a su accrocher nos coeurs.
Rencontre avec un duo formé de Denis et d’Hervé, qui n’a pas fini de faire parler de lui, tant sa musique bouscule les corps de ses combinaisons magnétiques.

Pause Musicale : Bonjour, pouvez-vous vous présenter aux lecteurs qui ne vous connaitraient pas encore?
Postaal : Hervé, producteur auteur compositeur. Je suis pianiste de formation et Denis qui est anglais, est chanteur, guitariste.

Comment avez-vous choisi ce nom Postaal ?
A la base, on voulait quelque chose qui parle de voyage,et très vite on a eu l’idée de ce nom postal qu’on a modifier pour le personnaliser en mettant dans un premier temps un tréma puis qu’on a retirer en mettant seulement deux A.

Comment avez vous commencer l’aventure Postaal et comment vous-êtes vous rencontrés ?
En fait, on avait un ami en commun avec qui je bossait en musique et il a rencontré Denis un jour en soirée. Il l’a invité à passer en studio et on s’est rencontrés ainsi et on a accroché. On a décidé de faire un track ensemble puis s’était parti.

Comment avez-vous l’idée de reprendre cet track de En Vogue ?
Pour en vogue, on était tous les deux en studio depuis un moment à bosser sur nos track originaux et un soir, on a eu envie de faire un cover. C’est Denis qui a trouvé ça, on a repris les accords et tourner les intrus et ce remix est sortie.
On voulait qu’elle sonne différemment et on l’a mis en ligne sur youtube, avec des images folles.

Et tout de suite après on a été contactés et c’est comme ca qu’on a rencontrés nos managers.

Vous êtes un duo, comment vous vous partagez les tâches ?
On fait tout ensemble. On est tout le temps à deux en studio et on travaille également les visuels à deux.
Moi (Hervé), je suis plus du côté de la production et Denis est plus chanteur, même si je chante également sur les refrains. On prend toutes les décisions à deux.

Tu parlais de visuel, vous avez une esthétique et une identité assez mystérieuse. On ne voit presque jamais vos visages, est-ce voulu cet part de mystère, même dans vos clips ?
Denis : Ce n’est pas important nos visages. On voulait juste que les gens se concentrent sur le plus important, ce que l’on propose, notre musique, ce que l’on dit et nos influences. On a jamais eu l’intention de se cacher.

Hervé : Ce n’est pas qu’on ne voulait pas se montrer mais plutôt qu’on ne voyait pas trop l’intérêt de le faire. On avait fait un photoshoot et on avait commencer à tourner notre premier clip avec un mec qui portait une capuche. Et on s’est dit, ca serait cool si on portait ces même capuches sur scène. On a fait des photos et ça a fait partie de notre identité, même sur scène.

C’est marrant car tout semble ultra cadré, pointu et pourtant, cela est finalement très spontané ?
Oui, dans tout ce que l’on fait, dans les clips, dans les sons, toujours, même sur scène. Par exemple, l’idée des deux lights en Led, les deux AA en live synchronisé sur nos sons, on voulait ça. Un des potes de Denis est un super ingé light (notamment avec Metronomy). et il nous a dit comment faire.
Tout naît toujours de ce que l’on souhaite, avec spontanéité, même si on sait ce que l’on veut. C’est totalement instinctif comme les remix ou les collaborations comme la dernière piste avec Jackman.

Comment vous décrieriez-vous votre musique ?
Denis : C’est électronique avec un groove soul et des influences HipHop. Et on aime sampler donc oui, électro mais cela bouge énormément je dirais, car on a des pistes plus également plus House, plus pop.

Hervé : C’est même électro soul.

Vous parlez de HipHop et c’est ce qu’on retrouve chez Justice. Et justement le remix que vous avez fait pour KCPK, il est même mieux que le justice de la belle époque. Tu as de l’électro, du Hiphop et à un moment ça break.
Hervé : On aime bien. Pour moi, c’est mon adolescence et pour Denis, c’est une des ses références.

Denis : On aime la musique qui excite et fait vibrer les gens comme Chemical Brothers. C’est important de trouver ce bon équilibre, ce qu’on a dans cet EP AA1 et de toujours avoir des drops qui entrainent les gens et leur font ressentir des émotions.

Hervé : On travaille les basses et les drops électro souvent avec des structures un peu pop. On aime ça, comme le hipHop que notre musique excite les gens.

Est-ce que Taking My Freedom, « Prendre ma liberté », c’est une définition de ce que vous êtes et ce vers quoi vous tendez ?
Denis : Oui, ne pas faire les choses comme les gens voudrait vous les imposer. Combattre ça pour faire ce qui compte pour vous et que vous voulez faire, à votre manière. Il y a toujours des gens qui veulent autre chose pour vous, c’est un combat.

Hervé : Oui, c’est important pour nous. Lorsque l’on s’est rencontrés, on a beaucoup travaillé seul et on garde cela, notre volonté, même si on est entourés maintenant.

Le dernier titre extrait de votre EP AA1, c’est le puissant City Lies avec Jelani Jackman. Pouvez-vous nous en parler ?
Hervé : C’est un track que l’on a fait en plusieurs étapes. On l’a faite avec Pascal Toussaint, qui est un des chanteurs avec lesquels on travaille beaucoup. C’est un choriste de gospel incroyable qui chante le refrain que l’on a traité comme un sample.

Denis : On voulait un rappeur sur celle-ci et le label de Jelanie Jackman nous avait contacter. On l’a découvert et ll a une voix incroyable, profonde avec un flow progressif qui allait parfaitement avec ce que nous voulions sur City Lies.

Hervé : Il est venu avec nous lorsque nous avons joué sur scène au Great Escape. On a répété la journée et c’était génial. Quand il rentre sur scène, il est aller chercher les gens, c’était vraiment incroyable.

Vous avez de nombreux live à venir, on vous a fait jouer au Nuba sur une de nos soirées et ce qui nous avait halluciner c’est que en live vous êtes à la fois puissants et sombres. Est-ce une de vos forces cette noirceur émotionnelle qui claque ?
Hervé : C’est ce qu’on aime et ce qu’on a aimé en live comme Chemical Brothers. C’est ça, des grosses basses, de la puissance à l’état brut, très dark.

Denis : Maintenant, nous avons encore plus de live derrière nous. Le Nuba, c’était notre premiere date. Nous avons encore plus de puissance, de samples et une vision plus précise d’une certaine narration en live.

Vous avez collaborés avec The Shoes sur Give It Away, comment cela s’est mis en place ?
Denis : Ce sont des amis de longue date. On a passé une nuit avec eux en studio avec un autre artiste et on a commencé à faire un truc à deux heures du mat. A essayer des chants, des synthés et le matin suivant, on a écouté et on a tous aimé.

Hervé : ça nous a beaucoup aidé. On avait presque rien sorti, à part Let Go et on s’apprêtait à sortir Freedom. Du coup, cela nous a aidé à nous positionner dans les médias.

Maintenant vous rêvez de collaborer avec qui ?
Hervé : Avec Charles Bradley, des chanteurs authentiques d’époque, soul.
Denis : Oui, Bradley ce serait un rêve comme Missy Elliott ou Miguel. Et nous collaborons aussi avec des artistes emergents, issus de la soul et du RnB. Nous avons commencer à travailler avec un producteur américain qui bosse avec Kanye, pour une prochaine piste.

Il doit y avoir une manière différente de bosser entre production européenne et prod américaine, non ?
Hervé : Oui, dans le process. Par exemple, ceux américains bossent sur des accords, un beat et on est beaucoup à bosser tous en même temps. l’un se focalise sur les ponts, les autres sur le beat, puis on se renvoie d’autres petits bouts. c’est hyper collaboratif. Alors qu’en France, il y a souvent deux producteurs max sur un morceau et c’est déjà beaucoup. On travaille tous ensemble dans la même direction et c’est intéressant comme expérience.

Vous êtes signés chez Pop Records, label de BETC Pop en licence chez Polydor. Votre EP AA1 vient de sortir, pouvez vous nous en parler et pourquoi ce titre ?
Denis : Nous avons mis deux AA, cela recroise notre identité et c’est une alchimie.
Hervé : En terme visuel, c’est aussi très parlant, c’est nous deux et l’entrecroisement.

Il est composé de trois titres originaux, Burning, Freedom et City Lies et de deux remix, un de Clément Bazin et un de Catchmen, originaire de la même ville de Denis. On cherchait du sens pour ces remix, et c’est ce qu’on a trouvé.

Une citation ou une chanson qui vous définirez le mieux?
Denis : Ex Factor de Lauren Hill

Hervé : Daft Punk avec Veridis Quo.

Une phrase aussi ?
Denis affirmatif : L’Eurostar ! Alors Hervé de préciser, le wagon bar de l’Eurostar, Metropole.

L’alchimie complète et la force créative de deux talentueux artistes dont le premier EP est à écouter et à se procurer ici. Et si vous ne les avez jamais vu en live, foncez- y :
04/06 – Le Bikini – Toulouse
03/07 – Grand Parquet – Fontainebleau
08/07 – Le Pop-Up du Label – Paris.

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