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Lord Huron : Lonesome Dreams

Lord Buron a la grâce des bourlingueurs aristocratiques et décadents, puissamment fin de siècle. Tout droit sorti d’un imaginaire ravageur, Ben Schneider semble être un homme sur qui le temps n’a pas de prise. Nostalgie avec le poing et les yeux rivés vers des contrées autres, sa prose couplée à des mélodies douces tirent sur une harmonie folk rock rugueuse.

Son album Lonesome Dreams sortira en janvier en France, chez [PIAS] France, pour le moment son EP Time To Run est disponible en digital.

Oniriques et profonds, les arrangements mélodiques sont sinueux et sont empreints d’une tension séduisante. Oscillant entre rêve et réalité, Lord Huron ne choisit jamais entre les deux et vagabonde dans ces dix titres savoureux de folk.

Messie d’une vie libre et hors du temps, inspiré par une nature qui est souvent piétinée ou utilisée selon des objectifs propres, lui enjambe cela avec ses mélodies et plante le décor d’une route poussiéreuse le long de plaines chaudes et désertiques, à l’aide de percussions, de guitares superposées, de pianos ou bien encore d’harmonicas.

Ici, le temps est impressionniste et comme arrêté dans les limbes d’un soupir de guitare où la voix de Huron se perd. N’allez surtout pas lui dire que le monde change et que la société se perd dans une superficialité accrue, où l’étendard du très vite, du tout maintenant flotte. Il ne s’en remettrait pas et finirait par se réveiller de son monde sépia où coulent des mélodies et des envies que d’autres qualifieraient d’un autre temps.

Si le saloon ici semble à une portée de galop raisonnable, les chevauchées sonores de ces titres bordées d’un soleil couchant vous prennent de court. Vous ne rêvez pas seulement avec lui, vous traverserez des routes et des rivières comme dans In The Wind,

vous rêvasserez adossé à un arbre dans She Lit a Fire.

Vous vous réveillerez aux sons de percussions lunatiques dans Brother et surtout vous succomberez avec Lullabye 

Là, le temps n’appartient à personne, pas même à lui. Il ne revendique la possession de rien, il partage juste aux grands jours ses rêves solitaires qui sont un puissant hallucinogène, sous des mélodies apaisantes où la rythmique enivrante vous séduit.

Lord Huron, c’est de la folk saturée, sur des chemins boueux qui deviennent lumineux, une envie de ballade avec un baluchon qui vous étreint, des couchers d’étoiles en vrac. Il a ce pouvoir là et d’autres encore, comme dans The Man Who Lives Forever

Caché sous un folk lancinant, les guitares, des sifflements et une voix qui embrasse l’univers vous étreignent avec en sus des paroles poétiques. The Stranger est une ode aux paysages dignes des plus grands westerns, où les échos du monde urbain résonnent loin. Là, l’intimiste rencontre les grands espaces et se conjuguent à des mélodies douces et rythmées.

End of the Earth doucement, tout en harmonie et en échos, vous fait frissonner, à travers des contrées douces et chaleureuses.

Time To Run plus sautillant et plus rythmé vous achève. Une envie de liberté sauvage vous envahit. N’y résistez pas, c’est impossible :

 

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