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Lorde chavire le Carmen

Hier soir, dans une ambiance tamisée, Lorde était au Carmen, comme si elle était en son royaume. Sans peur, avec l’élégance nonchalante d’une adolescente devenue femme, Lorde livre ses mélodies avec délicatesse, profondeur et douceur subtiles. Le Label Mercury lui a offert là un écrin à sa dimension, mélange irisé de notes modernes et de rythmes romantiques fin de siècle.

Dans ce décor imposant où les moulures du Carmen s’étaient habillées de néons rouges, Lorde a dompté l’espace, séduit l’auditoire, dévoilant en live sa singularité et son talent à la saveur atypique.

Hier, des tempêtes de cadences douces et des vagues chaloupées portées par sa voix ont résonné au Carmen. Les tempos de ses mélodies ont un goût puissant, abreuvés par un synthé langoureux, ponctués par sa voix voluptueuse. Ici, la batterie perce les silences du Carmen, devant un public retenant sa respiration à la vue de Lorde, ce petit bout de femme à la douceur profonde, à la passion certaine.

Biting Down, chanson de son premier EP, a entamé le bal, souffle puissant qui retentit par-delà les notes, effectuant des boucles aux harmonies mystérieuses en cadences souples et profondes semblables à des pulsations de cœur libres.

Avec ses mains, sa gestuelle singulière accompagne la rythmique étrange de ces chansons, lui donnant les reines pour dompter sa musique. Lorde, magnétique, enchaîne avec Buzzcut Season, nouvelle chanson à l’âme pop délicate irriguée d’une énergie suave dissimulée sous une décontraction sereine. La voix de Lorde caresse, percute, habite l’espace et guide les harmonies, en cadence avec une batterie souple la mettant en valeur.

Un pas de deux profond, un rythme volcanique, Lorde, sur scène, est une héroïne mêlant romantisme vintage et contemporanéité douce, sa voix s’élevant avec facilité loin de ses notes, par-delà les accords. Formant un corps à corps singulier avec sa musique, Lorde semble encore surprise de l’accueil qu’elle trouve, tout comme d’avoir la possibilité de jouer dans un lieu qu’elle trouve si magnifique, remerciant chaleureusement les gens, presque timidement.

De ses yeux mutins, de son chant espiègle, Lorde est un mélange de confiance et de modestie mêlées à une grâce ténébreuse qui porte ses chansons à mains nues, sans artifices, se livrant elle-même.
De sa voix limpide, elle glisse sur les mélodies pop musclées par la batterie en roue libre. Pulsations corporelles en étincelles, une douceur pop moite et sombre avec un grain d’optimisme s’en dégagent, piquant à souhait, une pointe d’insolence irisée dans les tempos.

Puis Tennis Court résonne dans le Carmen conquis. Alors, un souffle, une véritable brise d’automne au goût d’été se lève, à la saveur d’un songe fragile. La cadence sobre hypnotise en une version plus musclée qu’usuellement. Lorde se promène dans les saisons, donnant une respiration, des frissons et une incarnation à ses compositions entre deux mondes.

Love Club, lui succède, petite pop décalée aux mouvements sensuels, mêlant un punch décadent à une fraicheur exquise. Lorde assume ses mélodies, les métamorphose comme si elles reflétaient parfaitement aux même instants, son humeur et ses états d’âme. Connectée d’un fil rouge à ses chansons, elle prend son envol avec sa voix et caracole en tête des notes avec légèreté, n’oubliant jamais la profondeur qui est sienne.

Royals alors s’avance. Profondeurs des pensées, tempo pop des enfers, douceur des origines rythment cette musique tout en résonance, déposant un baiser de sa voix capable de tout, embrasant les harmonies.

400 Lux terminera en beauté ce bal majestueux, extrait de son prochain album. Sa voix caressant les notes qui fusionnent en cascades d’harmonies, en vapeur de tempos où Lorde trouve toujours des évasions à même ses chansons, incorporant des inconnues à l’équation.

En attendant, Pure Heroine, son album prévu pour le 27 septembre prochain, la belle est une louve à la mélodie dévastatrice de douceurs, avant-gardiste dans la lignée de Mo et de Kitty Pryde.

Lorde semble tisser sa propre toile, faire résonner son âme délicatement par ses mélodies. Irriguée par ses expériences, inspirée par ce qui l’entoure, elle les retranscrit instinctivement en mélodies. Profitant de ces quelques jours à Paris, elle vient d’ailleurs de dévoiler une nouvelle chanson Team, comme un cadeau.

« I am in paris as i release this. Every street we drive down makes my eyes pop with the most incredible things carved in stone, and gilded on pillars, and wrought with metal; the heroes and heroines of this city aren’t so hard to find. this song’s are a little more mismatched, less classic courtesans on their pedestals, but nonetheless brilliant. this song is kinda of that world, and at the same time, very much of this one. enjoy. »

Lorde est un tourbillon de vie, irrésistiblement talentueuse, farouchement libre et furieusement poétique. Le rendez-vous est pris pour le 27 septembre, ne le manquez surtout pas.

Tracklist de Pure Heroine :

1. Tennis Court
2. 400 Lux
3. Royals
4. Ribs
5. Buzzcut Season
6. Team
7. Glory And Gore
8. Still Sane
9. White Teeth Teens
10. A World Alone

Lorde-Pure-Heroine

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