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Marian Hilll – Play (Téléchargement)

On avait découvert Marian Hill grâce à deux titres dont l’excellent One Time qui jouait avec les harmonies, déclinant une espièglerie poétique dans leurs mélodies tant subtiles que délicates.

Derrière Marian Hill, se cachent Jeremy Lloyd et Samantha Gongol qui forment ce duo singulier. Ici, les combinaisons balaient les nuances, jonglent avec les effluves contradictoires, qu’elles soient jazzy, électro ou pop, fusionnant à la perfection sur toutes les pistes.

Play, leur premier EP vient tout juste d’être dévoilé et offert au téléchargement, pendant une semaine seulement. Sur cet opus, 5 titres qui explorent des cadences plurielles, les inscrivent dans des contextes mouvants et enserrent ce récit nomade, dans des vagues souples d’harmonies chaloupées.

Play commence la pérégrination. Les rythmes de Jeremy s’y plient au souffle soul de Samantha, amenant une nostalgie diluée dans des labyrinthes de teintes R&b mi-modernes, mi-vintages, clashant d’effluves électro, la sérénité qui par moment s’en dégage.

Marian Hill repense à chaque seconde de chaque harmonies, leurs battements tout comme leurs balancements, fournissant ainsi une oscillation quasi-perpétuelle, comme sur Lovit qui enlace. Invitant les pulsations, elle occupe l’esprit par des chamades aériennes, s’immisçant dans l’inconscient par ses rythmes répétitifs métamorphosés sous le chant de Samantha.

Puis Wisky continue, explorant un R&B tout en échos. Les caresses des cadences rampantes sont portées par la voix sensuelle de Samantha. Alors, les accords des contrastes en légères touches emportent, tandis que les tempos se brisent sur des effets de multiplication à l’infini, empruntant plusieurs routes simultanément.

Eux possèdent une manière bien à eux de démultiplier les possibilités, refusant de délimiter le champ des possibles, tout en en augmentant la superficie. Ici, se perdre devient un jeu d’enfant, la trajectoire emplie de secousses douces et de soulèvements des rythmes. Créatifs, maniant les impulsions jusqu’à en faire des respirations essentielles, ils quadrillent le monde de leurs harmonies exquises.

Au gré des notes, comme avec Breathe Into Me, on se sent, en apesanteur, dans des mélodies organiquement limpides ou dans des limbes aériennes où tout demeure possible. Alors tissant leurs harmonies avec délicatesse, la toile ainsi réalisée se balance sur le fil des ruptures, frôlant les déséquilibres pour mieux faire remarquer cet impeccable don de symétrie, d’ubiquité et d’altérité généreuse qui est le leur.

Marian Hill émeut par l’alliance des machines et d’un humanisme décliné dans le chant, sous des couplets enchanteurs et des harmonies soulignant l’intime éparse dans leurs fragments d’âme. Ici, les paradoxes frisent dans l’air, exaltant les impulsions sans limite.

Le minimalisme dévoile le pêle-mêle des sentiments qui s’y épanouissent, mettant en joue les mouvements doucement cinglants, permettant les voiles inclinées des mélodies. Avec élan, sans aucun geste entravé, Marian Hill souffle la vie.

Alors, à s’y méprendre, on croyait entendre Paul Klee déclamer : « La clarté de mon âme cristalline, parfois, était çà et là trouble de souffle, mes tours, parfois enveloppés de nuées. Pour me dégager de mes ruines, il me fallait avoir des ailes. Et je volais. Dans ce monde effondré, je ne m’attarde plus guère autrement qu’en souvenir, à la manière dont on pense parfois au passé.
Ainsi je suis « abstrait avec des souvenirs ». »

Marian Hilll - Play

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