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Mokaiesh – L’amour qui s’invente @ Théâtre de l’Atelier

Mokaiesh – L’amour qui s’invente @ Théâtre de l’Atelier

Lundi 13 janvier, au Théâtre de l’Atelier, le rendez-vous était pris pour découvrir le nouvel album de Mokaiesh, L’amour qui s’invente, en live comme il a été enregistré.

Derrière Mokaiesh se cache Cyril, un poète des temps contemporains qui a mué ses engagements pour mieux réinventer l’amour. Un souffle tendre, un brin rêveur, un brin amoureux transi mais pas d’une personne, de la vie dans tous ses fragiles aléas. Devant le rideau rouge ce soir-là, arrive un conteur tout de noir vêtu comme mieux mettre les teintes colorées dans ses mélodies, pour ne plus craindre la nuit, ni l’avenir.

Sur scène donc un ténébreux artiste, se détachant d’un fond orange, couleur de rendez-vous du grand soir, un peu fin de siècle dans le romantisme qui s’y glisse comme à Vienne en 1900, un peu acide quand avec ses mots à demi-teintes, il fait des constats sur la société et le monde actuel par brides, entrecoupés de sentiments, susurrés à l’oreille.

Troubadour moderne, Mokaiesh, la mine douce, la respiration chaude, introduit des jeux de mots dans ses accords mélancoliques parfois musclés, construisant ainsi de petits poèmes au long cours. Alors, accompagné de ses trois musiciens, Mokaiesh fait pleuvoir des sentiments dans les cœurs, sur ce parterre composé d’inconnus et de plus connus, ayant l’art et la manière de mettre les gens à égalité et de partager ses passions.

En une heure, il présentera donc son nouvel album. Laissant derrière lui l’homme de Communiste, il fredonne désormais des chants qui disent que l’on est tous des oiseaux de passage. Ici, tout le monde peut se reconnaitre dans une chanson, dans une strophe où y apercevoir son prochain.

Comme un peintre, il dépeint le monde de ses mots, par touches pointillistes avec chahut ou espièglerie, parfois avec une tendresse engagée comme sur Ô Jeunesse où il chante « Jeunesse Serre les poings| Le siècle cherche ton sein, Jeunesse !| J’aime ton chien Ta foudre, tes embruns |Jeunesse teintée de rose et d’ecchymoses »

Alors comme passant le flambeau de la rage à d’autres, il déclame les émotions et heurte de ses harmonies comme sur La nuit. En 12 titres, il ne craint plus de réinventer l’amour, un amour réel qui ne se cache pas sous des trompe-l’œil, bien au contraire.

De sa chanson à texte française, il empoigne les harmonies, court-circuite les faux semblants, pointe la plume vers les blessures de la vie sans en oublier les maux. Le tour de chant de Cyril Mokaiesh aurait pu s’appeler « Humanismes » au pluriel, entre les roses et les ecchymoses car c’est cela, des entre-deux en équilibre comme l’existence.

De son chant intimiste, il terminera sa pérégrination avec le touchant titre le Cèdre du Liban et remontra sur scène pour un vibrant rappel avec une reprise de poignante de Y’a rien qui s’passe en hommage à Allain Leprest appartenant à cette même famille d’artiste.

Mokaiesh semble dire au futur, « Il est grand temps de rallumer les étoiles. ». Ce ne sont pas ces réappropriations de la rue au couleur de la poésie qui le contrediront, ces autocollants ou tags à nos pieds qui parent toutes les villes d’un même slogan « La nuit, j’crains plus l’avenir ».

Mokaiesh - L'amour qui s'invente @ Théâtre de l'Atelier

Avec lui, la nuit se charge de ses bribes de mots qui forment un poème dans la verve d’ Apollinaire.  « T’étais belle, partir, Buenos Aires » sont autant de titres taillant dans l’horizon limpide, ce grand amour qui fleurit dans ces textes.

Qu’emporte demain, si les jeux de la vie emportent tout sur leur passage, Mokaiesh a trouvé son compagnon avec Reyn Ouwehand le faiseur de rêve et nous, un beau conteur qui sortira son album chez Mercury.

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