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Night Beds & Matthew E.White @ la Fleche d’or

Mercredi 3 avril, la Flèche d’or, salle emblématique du XXe arrondissement de Paris, nous a fait plonger au cœur d’une Amérique plurielle. Traversant tour à tour l’espoir et la mélancolie, le doute et la recherche de spiritualité, ce face à face troublant de deux Amériques, qui se chevauchent sans se confondre où Nashville et la Virginie se croisent sans jamais se heurter.

Barbes épaisses, visages d’ange, cheveux longs ou gominés, la Flèche d’or a plié sous le poids des héritiers de la traditionnelle folk song américaine, chantres contemporains d’un rêve américain en quête de renouveau.

Menés par Winston Yellen, Night Beds renouvelle la folk en lui apportant des sonorités nouvelles adaptées aux interrogations légitimes de la décennie présente. De la complainte à la ballade intimiste aux envolées puissantes, Night Beds séduit par la voix singulière, par leurs harmonies sépia. Eux se font les passeurs d’une tradition de conteurs d’une musique du questionnement.

De leur album Country Sleep, la salle de la Flèche d’or a résonné à l’appel du touchant Won’t You speak to Me, répondu à l’incantation de I will never leave you alone pour être conquis avec Ramona. Leur voie transversale est belle et singulière.

Suit L’autre Amérique, celle de Matthew E. White. Des guitares, un clavier, une batterie, Matthew emprunte une autre route, portée par un chant plus intimiste, douceur presque murmurée aux oreilles du public de la Flèche d’or comme sur son premier disque Big Inner.

Sur des harmonies mêlant dans une communion heureuse une voix mystique à des sonorités soul et rythm’n’blues, Matthew renoue avec le mélange des genres, guidé par une musique profondément inspirée par la culture afro-américaine, comme le firent à leur époque les Beatles.

Élevé dans la foi, il dialogue avec elle sur une ligne de basse-batterie entêtante, sans pour autant confondre le prêche et la scène. Will You love Me apparaît alors délicat et son tour de chant débordant d’inspirations multiples à l’image de Steady Peace.

Matthew E.White, en simple artisan de sonorités, nous répète : « Are you ready for the country because it’s time to go ». Le public, lui, a définitivement adhéré à ce refrain et à cet artiste atypique.

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