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Nightlives : A wink in the face of Death

Duo de Torento, Nightlives vient juste de sortir son album A Wink in the Face Of Death, dont on avait chroniqué le premier titre Underneath. Nightlives, c’est une ambiance menaçante, des voix éthérées aux confins d’échos lancinants, des mélodies enfumées intenses, du shoegaze alambiqué, où le rêve est permis et les compositions poétiques délicieusement suffocantes.

Tout doucement sur ce premier album, les harmonies font la part belle au confiné, aux sons alternatifs très 90′ mixés à du trip hop langoureux. La sombre étreinte de Nightlives est séduisante, l’aérien dominant dans des dédales de voix lointaines et des résonances libres.

Entre  KO KO, Sr.Sly, et My Bloody Valentine, Jordan Sears et Brent Jackson, créent une mélancolie infinie et envoûtante. Malgré les eaux sombres régnantes, la réflexion est lumineuse et l’intime délicatement abrité sous des versants abruptes et des volutes de cendres qui dissimulent une mise à nu pudique.

Ainsi, Give Nothing est une excellente introduction à leur univers ombragé, quand Don’t Turn The Day Down permet de respirer, sous des étouffantes guitares et des synthés légers. Ne reculant devant aucun défi, Spitfire (feat. Nigel Williams) mélange l’électro, le hip hop et la pop.

Wake me Up est un réveil dissonant qui se scinde en superpositions sonores aguichantes alors que No Light est aveuglante, jeux d’échos labyrinthiques qui donnent envie de se perdre. Enfin, Underneath crépite, pendant que Gone touche l’horizon avec ses guitares saturées et sa mélodie polyrythmique.
Nighlives n’explore pas le ciel dégagé, mais celui d’avant la tempête, celui qui se charge d’une force puissante sous-tendue et brute.

Enfin, Disapear plus douce, est intimiste. Elle aborde la maladie d’Alzheimer, de manière poétique, porte ouverte sur un monde dénaturé qui peut disparaitre et s’effacer par bribes. La mélodie répétitive portée par une guitare douce est porteuse d’évocations multiples.

Avec Nightlives, ce sont les images qui dominent, propulsées par les sonorités d’eaux sombres qui sont une étreinte fébrile au milieu des contradictions passionnées. Là, la chaleur offerte par les vagues de synthés, plus loin par les batteries s’oppose aux voix évanescentes du duo.

Tout ici vous rappelle des limbes envoûtées, où vous souhaitez rester, malgré les dangers. Des tréfonds de l’âme, cet album vous enrobe d’une étreinte violente et succombante. Nightlives pose un baiser sur votre front, et certes même si « un baiser fait moins de bruit qu’un canon, l’écho en dure plus longtemps ».

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