Close
Noosa : Etincelles ensorcelantes

Noosa : Etincelles ensorcelantes

Noosa est un duo new-yorkais qui vient de sortir un premier EP, Noosa, délicieux et éclectique. Spectre musical à la polyvalence subtile, Sky Barbarick a une voix versatile, chargée d’émotions que les mélodies intrumentales de Matt Buszko intensifient à chaque note.

Multi-instrumentistes, les deux artistes proposent une musique toute accoustique au pays des synthés, ballades au chant brumeux, à la musique ensoleillée. Noosa est un dialogue irisé aux subtilités chaudes, l’électro sombre et crépusculaire y côtoie la pop plus feutrée aux retenues énergiques et édulcorées.

Mi-sucré mi-épicé, le duo est plein de fougue et d’envies, ce qui se perçoit à l’écoute de leur musique. Petit appel aux délices et aux merveilles de la vie, elle ne masque pas pour autant les parts d’ombres inhérentes à l’existence, accrochant la douceur des événements.

Ici, l’accidentel se mêle à l’attendu, les notes sont des ponctuations d’un poème lunatique où les échos se font profonds. La synthé pop vous cueille et a déjà laissé place à autre chose de tout aussi irrésistible. Sky Barbarick a une voix à la Lana Del Rey avec des textures rappelant celle de Cat Power, les mélodies oscillent entre une pop délicate et un petit souffle de rock teinté d’électro prononcée.

Les cinq pistes ne se ressemblent pas, mais se complètent ici pour offrir leur identité singulière où la passion est omniprésente, en filigrane.

Walk On By est à tomber, la voix de Sky est intense, feutrée, la mélodie incandescente et sublime.

Sail est aérienne, presque entraînante. Petite pop enjouée à la Cat power, elle possède une grâce indomptable à l’envolée calme et rythmée. Musique de la progression du jour qui se transforme en nuit, de la nuit brumeuse se métamorphosant en journée où le soleil perce légèrement.

Rêveuse comme de la dream pop singulière, les souffrances ne sont jamais bien loin, procurant un souffle fougueux et une ardeur toute dissimulée sous les notes.

Quant à Fear Of Love, c’est un morceau plus électro où les mélodies, créées par Matt Busko, sont emmenées par les claviers. La voix de Sky Barbarick s’y couche, grave et lente, retardant le rythme enjoué des claviers et mettant le langoureux lanscinant au centre de la piste.

Sa voix y amène de la profondeur, et sur le refrain, elle devient chaude et céleste, à la manière de Florence + The Machine.

Light Rays qui suit, est douce et fondante. La tristesse mélancolique collée aux pieds, les choeurs amènent un espoir larvé et forment un duo avec les guitares légères comme le vent. Abandon tout intimiste sur la piste, avec une énergie diffuse et touchante.

Enfin, Mirrors in The Moonlight clôt l’opus, la guitare au poing, voix feutrée et éthérée, mélodie accoustique et tendresse intense en sus. Ici,la mélodie commence, mais jamais ne s’arrête. Infinie, elle ouvre une fenêtre lumineusement obscure, mais qui à tout moment peut s’illuminer sur des lendemains qui chantent.

La musique de Noosa fait penser à une phrase d’Ovide : « Sous les vagues, la mer est dressée, on dirait qu’elle est au ciel, Qu’elle touche et arrose les nuages qui couvrent tout». Noosa est une lame de fond douce et subtile, recouvrant tout sur son passage.

Close