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On y etait : Antony and The Johnsons @daysoff

Hier j’étais aux anges, car salle Pleyel, au Festival Days Off, Antony and the Johnsons jouait accompagné par l’Orchestre National d’Île-de France. Antony Hegarty, âme belle et mélancolique, tout de noir vêtu, prend place devant l’orchestre national tout en blanc. Terres des contrastes, terres de l’imperfection et de la différence faites perfection.

Un grain de voix unique, un être que rien ne retient, une belle personne, généreuse, qui vous happe dans son univers avec malice, calme et intensité. Seul, debout, face à son micro, il échange avec le public, dialogue dense, danse délicate et subtile de la musique incarnée par un être, à la parure sublime. Les lasers de Paul Normandale s’allient avec le bateau ivre, papiers transparents qui flottent au-dessus de la scène de Carl Robertshaw, en équilibre, douces auréoles incandescentes, lambeaux de lumière, fragments de vie.

Des rires aux larmes, c’est un merveilleux instant qu’Antony Hegarty nous offre, hors du temps, hors de l’espace. La musique chavire, l’Orchestre se cambre, et l’âme d’Antony habille l’espace et le public. Sobre, humble, il met en lumière l’orchestre. Chétif mais puissant, il vous tire des larmes, des larmes de pure émotion et de tolérance pour cet être extraordinaire coincé dans un corps trop petit pour lui.

Deux heures de musique, deux heures d’âme vagabonde, tantôt à la dérive, tantôt enfantine, beaucoup de morceaux de I’m a Bird Now, et c’est vrai, Hegarty flotte sur scène et transcende toutes les limites humaines. Il peut tout chanter, et ne s’en prive pas, sa reprise de Beyoncé Crazy in Love est mémorable et donne une profondeur à cette chanson.

Cut the Word, c’est cela, d’anciens morceaux de l’artiste et des inédits arrangés par Nico Muhly qui rend le monde plus beau le temps d’un concert. Ici résonnent Bird, Epilepsy is Dancing, You are My SisterKiss My Name que l’Orchestre National habite totalement suivant son maître, sa compagne de mélodie.

Poésie dénudée lumineuse lorsque Antony interprète For Today I Am A Boy, les cordes pleurent, le temps est en suspens… Déchirure devenant lumière qui vous met à genoux. Envoûtante et poignante, il nous ramène à l’essence même des choses.

Perfectionniste, Antony s’excuse, lorsqu’au détour d’une chanson, il éternue. Laissant le public suspendu à un fil, sa candeur poignante, belle à en crever, éclate au grand jour.

Aujourd’hui encore je suis aux anges, car j’ai vu Antony, grâce tout en équilibre et beauté mélancolique à l’âme mise à nue, pour nous, pour eux, pour elle…

Anthony and The Johnsons: DaysOff
Antony and The Johnsons: DaysOff

3 comments

  1. Hegarty, pas Hogarty…

    1. Merci d’avoir remarqué la vilaine faute 😉 C’est corrigé et moi, je m’auto-flagelle…

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