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On y etait : Boy @ La Maroquinerie

Elles ont la mélodie facile et les notes au bout des doigts et de la voix. Frêles et calmes, elles n’en demeurent pas moins des artistes enflammées sur scène, des armes de combat où coule le miel des mots.

Valeska Steiner (la zurichoise) et Sonja Glass (l’allemande) basées à Hambourg sont les deux faces de Boy. Sonja est celle qui travaille avec ses instruments, vissée à sa basse. Elle dompte les cordes et soutient la voix puissante de Valeska qui elle compose les textes et les chante d’une voix puissante. Là, la justesse des textes de ces petites comptines adultes vous cueille par hasard. Leur musique est un folk sobre qui est plus énergique sur scène, sonnant beaucoup plus pop.

Elles font penser à un mélange entre Feist et Sixpence None the Richer. Sur scène, en formation de 6, elles savent faire remuer la foule comme ce jeudi 27 septembre, sur la scène de la Maroquinerie. Ici, les deux mènent leurs chansons comme elles l’entendent.

Elles ont le punch de Kate Nash, une profondeur en sus, une délicatesse aux coins des mélodies. Celles-ci sont plus tournées vers des instrumentations impressionnistes énergiques. Boy, c’est la rencontre de deux filles en 2005 en Allemagne, un pied dans la pop, l’autre quelquefois dans la mélancolie comme sur This is The beginning, mais toujours un espoir flottant dans l’atmosphère.

Boy, c’est aussi des compositions multicouches comme Skin, plus énergiques comme Little Number, petit tube en puissance alliant basse et piano, qui a fait bouger tout le public de la Maroquinerie qui tapait des mains au rythme de la mélodie. C’est aussi l’imparable Oh Boy à l’énergie toute communicative. La salle séduite a accompagné les deux filles et leur 4 musiciens.

D’ailleurs, Sonja et Valeska se sont étonnées de cet accueil si chaleureux, expliquant qu’elles n’avaient pas l’habitude de ce type de foule, venue spécialement pour elles. Leur émotion est perceptible dans leur propos et se lit dans leurs yeux grands écarquillés face à ce public parisien heureux.

Boy, c’est aussi, un brin de Phoenix au féminin et rien d’étonnant à cela, car Thomas Hedlund participe à quelques morceaux de l’album. Maniant habilement leurs mélodies, sur scène, elles sont fiévreuses : de vrai tourbillon enflammant la salle.

Le 2 octobre, leur disque est sorti, Mutual Friends. Leur chant en anglais est précis, leurs paroles positives et pleine d’espoirs. Un petit bémol tout de même, quelquefois le lisse ou son ombre affleurent et on les préfèrerait plus nerveuses.

Il est vrai que les deux filles de Boy sont particulièrement efficaces quand le tempo s’accélère. Quand les claviers, la rythmique et les guitares légères prennent le contrôle comme sur Waitress ou Drive Darling .

Sur leur premier album, on danse avec un violoncelle doux le temps d’une Waltz For Pony, et sur Boris, l’ex que Valeska présente comme le contraire d’un ami, en français dans le texte.

Puis une douce torpeur envahit la salle avec Army et July :

Elles sont ensuite plus mordantes sur Railway, mélodie sucrée et sur Silver Streets :

Nous, on leur souhaite le meilleur et si vous en avez l’occasion, allez donc les voir en concert, coup de cœur garanti. En effet, il est rare de trouver des artistes meilleurs sur scène que sur leur disque.

Un mélange frais de délicatesse et de nervosité, à déguster avec délectation. Elles seront le 22 octobre en première partie de Katie Melua, pour ceux que cela tente.

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