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On y etait : First Serve et Trombone Shorty @Jazz a la Villette

First Serve, c’est le projet transversal et le dernier groupe de Plug 1 et Plug 2 de De la Soul. Ici, les deux retournent à leur racines hip hop, sans oublier leur funk vital et leur énergie fraîche et intacte.

Renaissant dans deux personnes autres, deux stars montantes du hip hop de seconde zone qui néanmoins se la jouent. ils incarnent les dérives des égo et des rêves teintés d’égoîsme de ces deux stars. First Serve, les premiers servis, est une allégorie sur le monde impitoyable du hip hop et de la musique.

Habillés avec un style qui aurait fait flipper Rick Ross, leur accoutrement ne cachent pas leur talent et leur générosité. A l’heure, et en forme éclatante, le duo accompagné de deux producteurs français Chokolate et Khalid (2 and Four), avec leur live band au complet 2 guitaristes, 1 batteur, 1 clavier et 1 percussionniste enflamment la salle. Leur recette du hip hop : une bonne dose d’optimisme, de l’humour, de la soul et un peu de funk.

Leur premier album est un excellent mélange de hip hop et de funk qui bénéficie d’une sacrée dose de phrasée innovante avec une touche old school qui fait du bien. Ce premier opus, sorti chez [PIAS] Recordings / Jesgrew Records, raconte une histoire, celle de leurs personnages qu’ils incarnent avec génie.

Deux rappeurs, Jacob dit Pop Life (Plug1/Pos) arriviste peu chanceux et Deen dit The Capricorn Kid (Plug 2/Dave) alcoolique notoire. Ils se rencontrent, bossent avec deux producteurs français dégotés dans le 18ème (The work).

Le récit est une épopée furieuse et sympathique, où aucune étape n’est laissée de côté.

On y voit comment leur travail a commencé à payer « We Made It » connaissant même la gloire avec leur tube diffusé sur toutes les radios Must B The Music.

Mais, leur route se sépare sur Clash Symphony, pourtant ils recollaborent ensemble Tennis et font leur dernier titre ensemble Move’Em In, Move’Em out. Leur rap est sincère, leurs mélodies old school tabassent, leurs samples en rafale apportent une surdose de funk.

En live, ils font vivre l’album pleinement, non pas comme un « side project » de De la Soul, mais comme un projet à part entière et qui derrière l’éclate et le talent, a comme toujours chez eux, du sens.

Hier, sur la Scène de la grande Halle de la Villette, ils arrivent avec l’intention claire et nette d’envoyer du bon son, une présence irrésistible et un paquet de bonnes vibrations. Ici armés de leur savoir faire, ils enflamment les mélodies de joutes explosives, jouent avec le public, puis fusionnent en un son mélodique qui vous contraint à bouger, d’abord vos orteils juqu’à vibrer à l’unisson avec votre voisin.

Dans la salle, certains spectateurs ne les connaissaient pas et tentaient de connaître leur nom, tant ils étaient irrésistibles.

Et là, grosse surprise après un interlude laissé aux excellents musiciens qui les accompagnent, quand ils reviennent habillés en… eux-mêmes. Fini les grosses bagues et chaines en or, retour des MCs de De La Soul comme on les connait pour interpréter le cultissime Ring Ring Ring.

Le public exulte, avec en face de lui des légendes du Hip Hop. Ils possèdent le talent mais également la simplicité des plus grands, ces passionnés qui font ce métier pour donner et transmettre. N’hésitant pas au pasage, à balancer des cds et des t-shirts à la foule, ni à faire monter une jeune sur scène pour qu’elle y danse tranquille.

En tant que passionnés de hip hop, nous ne pouvons que les remercier pour ce magnifique moment… Et rassurez-vous, De La Soul prépare même un nouveau album !

Quand après une courte entracte, Trombone Shorty monte sur scène, on semble voir l’incarnation du récit de First Serve.
Trombone Shorty, lunettes noires, marcel d’où les muscles saillants portent ledit trombone, l’instrument qui a fait sa renommée, résonne un peu moins bien. L’entame de son entrée pourtant en impose : riff de guitare en rafale, trompettes et batterie en délire.

Seulement voilà, un peu de simplicité ne ferait sans doute pas de mal à ce pourtant grand Monsieur de la musique, virtuose du trombone. Impeccable, il enchaîne ses chansons, lui le maître avec sa troupe Orleans Avenue. Car, à la différence de First Serve, ici, il existe une hiérarchie au sein du groupe.

Trombone Shorty est là pour en mettre plein la vue et c’est ce qu’il fait avec brio, passion et envie. Sa voix intensément soul accompagne les mélodies et adoucit les rythmes tonitruants. Ses compositions jazzy sont un vrai régal pour les oreilles et impriment une empreinte fougueuse à l’ensemble. La grande Halle, salle magnifique, vibre au son du jazz, un jazz de lumière et de riffs endiablés qui habitent la Villette.

La Nouvelle-Orléans a pris possession de l’espace au travers de Trombone Shorty & Orleans Avenue. L’explosion des sens et des sons fait frissonner les corps et le tempo mélange allègrement jazz, soul, funk, gospel, hip-hop, blues et rock.

Troy Andrews est un musicien étonnant qui fait chavirer les salles, les mettant à ses pieds et au diable, si il sait qu’il est irrésistible. Il accroche les mélodies et incarne une ville inspirée et inspirante à qui l’on doit le respect.

Oui, Jazz à la Villette a réussi son pari. Il présentait hier deux faces d’une même réalité, d’une même musique, aux influences diverses et au talent infini. Force est de reconnaître que, nous on a préferé la première face, simple et chaleureuse à la deuxième. C’est une question de goût.

L’éclectisme de la soirée et la liberté qu’elle propose est à chérir. Elle devient de plus en plus rare dans ce monde qui étiquette les gens et dresse des barrières entre les différents styles.

Longue vie donc à Jazz à la Villette et à sa pensée impétueuse !

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