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On y etait MS MR @ le Nouveau Casino

On y etait MS MR @ le Nouveau Casino

Une lumière tamisée et une petite foule venue voir MS MR, sans doute pour savoir ce que le groupe enigmatique et talentueux donne sur scène, avant la sortie de leur album et pendant qu’ils dévoilent leurs singles et remixs chaque semaine.

La première partie fut une très bonne surprise. Héloïse Lhetissier aka Christine & The Queens est sur scène seule. Les cheveux en bataille, coiffés de petit bois de cerf, elle commence doucement.

Ici, seule mais « étant 5 personnes différentes » comme elle le précise, accompagnée de son seul ordinateur pour compagnon, avec lequel elle compose des mélodies électro pop insolentes. Un brin de David Bowie, un soupçon de Camille et une pincée de Michael Jackson, voilà le mélange excellent que fait Christine.

D’une voix puissante, elle enchaîne ses compos, simplement, avec un sens funky du groove. De beaux rythmes, des paroles drôlatiques dont le Kiss my Crass, un peu freaky et c’est tant mieux. Elle possède l’art de la mise en scène et est une artiste complète.

Lorsque sur la dernière chanson, son ordi la lâche, elle termine en beauté a capella, en précisant qu’en 1 an de carrière, c’est la première fois que ça lui arrive. Et là, tout simplement, on ne comprend pas que ce diamant brut ne soit pas signé.

Voilà son dernier Marc Abbey, en entier :

 

Une heure après, MS MR monte sur scène. Première surprise, ils ne sont pas que deux mais quatre. Le duo connu, elle au chant et lui au clavier et au chant, ainsi qu’un batteur et un Dj/guitariste. Première remarque, alors que leur manière de communiquer est assez conceptuelle et mystérieuse, ils sont plutôt simples sur scène. Seule touche d’excentricité, ses cheveux roses jusqu’aux épaules puis bleues par la suite.

Doucement, ils commencent leur tour de chant. Bones d’abord qui entame dans le vif du sujet, avec des beats puissants et la voix de la miss aussi belle et puissante sur scène.

Envoûtante, sa voix résonne au milieu de la batterie et des claviers et enchaîne avec Do It without you et une cover. L’électro rock est puissant, les tintillements sonores nombreux, tout comme les échos. Les deux chansons suivantes dont Ash Tree Lane sont plus pop, une pop déglinguée version 90′ dont l’une fustige l’ex de la MS.

Puis trois chansons suivent qui montrent que MS MR en a dans le ventre et sous le pied, et n’est pas qu’un phénomène éphémère. Dark Doo Wop se distingue des deux autres par son mélange de sérénité et de beats. Ici, l’excellence est atteinte, tout comme le singulier. Sa voix puissante et nuageuse prend le contre-pied de la mélodie et guide l’ensemble.

Enfin, MS MR termine par leur premier titre Hurricane qui les a fait connaître. La chanson est encore plus délicieuse et profonde sur scène et déjà la salle ondule au rythme de leurs voix. Nul artifice en trop, seulement la mélodie résonnant dans la salle du Nouveau Casino conquise.

Seul bémol, malgré les applaudissements nombreux, ils ne feront aucun rappel… Et c’est bien dommage, car c’est une sorte de respect pour le public venu les voir que de revenir sur scène et de faire preuve d’une certaine générosité. Certes, ils aiment Paris, ont-ils dit, et ils reviendront jouer, mais le fait est de constater que certains concerts en ce moment deviennent de plus en plus courts… Et qu’un petit sentiment de frustration se fait jour à la hauteur des sentiments positifs qu’on a pour ces groupes. La crise, la crise, la crise…

Leur premier Ep the Candy Bar Creep Show est désormais disponible.

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