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On y était : Thomas Azier @ Café de la danse

Succédant à Grindi Manberg dans le cadre de l’Eldorado Festival, Thomas Azier arrive à 21h20 sur la scène du Café de la Danse, accompagné de deux musiciens. Thomas Azier a déjà deux EP à son actif, Hylas 001 et Hylas 002, petites merveilles de pop et d’électro à la consonance berlinoise, à l’appartenance mancunienne à la Ellery James (Wu Lyf).

Filiations troubles donc, élégance lunaire sur rythmes en échos à la cadence épidermique, Thomas Azier sur scène se réinvente, et révèle au coin des mélodies, une voix encore plus profonde et puissante.

Pendant presque une heure, il a emmené le public dans ses mélodies labyrinthiques, dans ses échos infinis résonnant de sa voix subtilement touchante. Thomas Azier est un beau mélange de force fragile et d’émotions à fleur de peau, mélangeant les contraires, attirant les clairs-obscurs, entremêlant les fantômes à ses compositions, laissant les instru terminer les morceaux en toute beauté.

Magnétique et énigmatique à la fois, Thomas Azier a un quelque chose de punk. Une décadence fin de siècle entrelacée à un avant-gardisme qui se marquent dans sa musique aux frontières mouvantes, ténébreusement subtile, lumineusement libre.

Chérissant les rythmes, imposant des cadences électro aux textures pop, au souffle rock, il insuffle à ses harmonies une poésie brute et contemporaine. Évocations de béton, d’horizons moites, de nuits insomniaques, de parades de jour, Thomas Azier appelle à la liberté et l’habite.

Un chant qui balaye de sa puissance ses mélodies, des synthés alliés à des percussions incendiaires. Avec lui, le feu n’est jamais loin, sous la glace des  émotions toujours intenses, distillées dans des harmonies où l’espace semble reculer devant tant de tempêtes et de rivages sombres. La solitude en échos, la douceur des liens l’unissant aux autres, tout chez lui mélange deux faces différentes et pourtant complémentaires où le vaporeux est épique.

Mélodies ciselées possédant un mordant indélébile, l’abîme n’est jamais loin des notes, le lyrisme en caresses y allie souplesse et habileté. De sa voix cristalline, glissant sur ses harmonies mêlées de rythmes hallucinatoires et de batteries dynamiques, ses mélodies effleurent la chair sous une électro diffuse, répétant chaudement « The winter is coming for us ».

Généreux, il a alterné des titres connus à des inédits comme Trinity, notes suaves à la pop soul marquée de sa voix éraillée, distillées de tempos profonds irisés de respirations douces. Ghostcity a réchauffé l’atmosphère déjà électrique au Café de la Danse, puis sont entrées dans la danse Verwandlung, Futuresound et The Emperor’s Dream, nouvelles venues irrésistibles.

Là, la cadence en étreinte, l’amour en errance, sa musique laisse place au somnambulisme, aux itinéraires croisés en rafale, à l’âme contagieusement poétique, provoquant intrinsèquement une alchimie des sens.

Puis en un souffle surréaliste, Red Eyes, Metropolitan Tribe, Angelene et Hylas, sous des tempos electro ombragés, ont invité à la transe douce et continue, rythmée par le public chantant à l’unisson sur Red Eyes, scandant « We can all be friends » sur Metropolitan Tribe.
Par cette communion bien réelle, réussissant même à faire lever l’auditoire assis, il allume un incendie de ses cadences hypnotiques à l’essence vaporeuse et profonde.

Résonances moites, percussions en douceur, voix qui monte dans les aiguës et descend dans les graves en une fraction de seconde avec une douceur irréelle, Thomas Azier fait naviguer en d’autres eaux.

Avec des va-et-vient qui manient force des rythmiques et douceur de sa voix puissante, il terminera par une inédite, Sirens Of The CityLight, dédié à ses amis de Berlin, et de manière plus large au public s’étant déplacé nombreux.

Ange noir à la présence lumineuse, Azier prépare un album pour 2014 chez Vertigo/Mercury. Lui, à n’en pas douter donne le vertige et promet de marquer de sa musique l’année 2014.

Ses rythmes évocateurs,  sa musique à l’acidité douce, aux couches électro irrévérencieuses, l’âme en volée dans les percussions en rafale, dévoile un son ambré qui est loin de s’évaporer de notre esprit.
Son souffle majestueux est un clair-obscur mi-mancunien, mi-berlinois aux mélodies subtiles et délicatement enragées d’un tempo qui couche sur le flanc et renverse les esprits.

Il sera en concert ce soir au Festival Marsatac et le 21 septembre prochain au Cube, à Issy-les-Moulineaux, courrez-y.

Tracklist:

Trinity
Ghostcity
Verwandlung
Futuresound
The Emperor’s Dream
Red Eyes
Metropolitan Tribe
Angelene
Hylas
Sirens Of The CityLight

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