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Orca Orca : Remnants

Jim Hewitt est Orca Orca. Son projet solo fait suite à son groupe Young Minds. En live, Orca Orca est accompagné de Justin Mantell à la basse et de Darin Thompson à la guitare. Leur musique est une dream pop qui revête un petit goût de rock.

Guitares lancinantes, voix profondes avec des choeurs qui frémissent, leurs mélodies sont entêtantes. Sous celles-ci, la pop n’arrive pas à recouvrir le feu qui couve. Doucement mais sûrement, leurs compositions font tourner la tête, sans prévenir. Ici, la lame de fond semble proche mais jamais n’arrive. Seuls les signes avant-coureurs s’y glissent sensiblement et possèdent le pouvoir de tenir en l’haleine jusqu’au bout.

Cette dream pop a un caractère bien trempé sous-jacent. Derrière les mélodies entraînantes, une nostalgie toute mélancolique existe et se diffuse sous la rythmique faussement douce. Orca Orca vient de sortir un EP Remnants de deux titres délicieusement subtiles et beaux.

Swang Song et South Carolina partagent la même intensité à fleur de peau, les mêmes guitares qui plongent les pistes dans des réverbérations irisées au chant quelquefois brouillé avec en suspens une répétition.
Maniant avec délectation, les échos délicats, l’abandon de soi et un attrayant désir indéfini qui flottent dans leur musique, Orca Orca a l’art de faire adhérer férocement à ces compositions sensibles, larvées de mille et une envies.

D’autres pistes tout aussi bonnes existent, en plus de cet EP.

Say So semble plus claire, mais la mélodie a toujours quelques notes dans l’ombre, comme si ici, se tutoyaient le clair-obscur et le soleil levant. Les guitares et les batteries forgent la mélodie avec l’aide des voix lancinantes.

Un tourbillon calme s’ensuit qui emmène doucement tout sur son passage. L’agitation se mêle à la sérénité et tout se fond magnifiquement bien.

Underground reste dans le même son. Fusion des voix sur des bouillonnements de guitares-batteries, là le rythme se distille et se diffuse langoureusement. La texture brouillée éclaire le tout et conquiert les individus.

A la manière d’un Gerhard Richter, Orca Orca semble dire  » je n’obéis à aucune intention, à aucun système, à aucune tendance. Je n’ai ni programme, ni style, ni prétention. J’aime l’incertitude, l’infini et l’insécurité permanente ».

En somme, Orca Orca est un bouillonnant champ de mines sous les pâquerettes, lumineusement sombre et farouchement touchant.

Voici leur ancien album Make Live en écoute intégrale et en téléchargement gratuit afin de prolonger ce doux moment de plaisir :

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