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Orouni entraîne dans son Grand Tour poétique

Orouni entraîne dans son Grand Tour poétique

Si l’envie d’aventures vous prend, Grand Tour d’Orouni, sorti chez Sauvage Records, est ce qu’il vous faut. Mêlant tour du monde, ivresse des métaphores et de l’évasion, Orouni déploie avec cet album des mosaïques de saveurs et des jungles de sens.

Ici, les mots et les harmonies se mettent au diapason pour fournir un carnet de paysages imaginaires, gorgé de folk rencontrant des vapeurs de pop tropicale sur le sommet de tempos délicats comme sur Kalimbalism ou In the Service of Beauty.

Les instrumentations qui y sont utilisées, le sont à contre-courant, pour mieux déconstruire les clichés afin de mieux découvrir les mélodies qui appellent des contrées légendaires et des pays réels sous des notes fantasmées.(Makeshift Fans)

Le grand Tour est une promesse de richesses mélodiques arpentant 14 pays qui sont brassés avec les influences d’Orouni, triturés avec poésie et reconstruits pour mener à l’évasion sauvage comme sur Firearms.

On y trouve des bouts de Corse, des doses de Berlin, des soupçons de Mali, des bribes de Thaïlande, des fragments de Sénégal, des souffles d’Australie, des parcelles d’Afrique du Sud, des copeaux du Japon, des atomes du Brésil, des éclats de New York, des morceaux de Finlande et des étincelles de Chine, du Liban ou du Chili.

Là, les vagues mélodiques font des digressions, mêlant pop et folk comme sur Dear Volcano Please. De son parcours initiatique, emplie de sensations, la route est belle comme sur The Devil and the Monk Seal, nomade et lunatique.

Dans cette promenade, il embarque avec lui des artistes variés comme The Rodeo, Syd Matters, Jean Thevenin (batteur de Frànçois & the atlas Mountain), Toy Fight ou encore Les Collettes et Thousand. Les brises légères qui la traversent, sont cadencées par des guitares agrippantes, se dédoublant en de multiples envolées comme sur Hawaii Moscow, les notes formant des passerelles poétiques.

Oscillant entre récit de découverte et souvenirs, la narration s’improvise sur la route, de manière multiforme, composée de douceurs et d’impressions plurielles retraduites en tempos audacieux comme sur les très beaux A Giant Swing ou Wild Geese and Cigars.

Chahutant la pensée occidentale, Orouni distille l’envie de rêver le lointain, recherchant de nouveaux horizons non géographiques mais bel et bien harmoniques.
Alors, à contre-courant des autres, ce journal de bord n’est pas un récit qui soutient les système de pensées de chacun, mais les écarts et les pointillés. Là, volupté, spiritualité et séduction s’y conjuguent, mettant en valeur les confins de sa pensée, en procurant une perspective infinie.

Comme Butor, Orouni semble dire que pour lui « La terre est un grand dictionnaire » et qu’il y a certains mots qui sont des notes.
Opus impressionniste, ce Grand Tour, de ses descriptions abstraites, abolit la distance entre les mots et la musique, mettant des ellipses, provocant des sensations passagères qui se lèvent. Lui arpente un voyage des « interstices » œuvrant pour un syncrétisme culturel beau, en interrogeant nos rapports avec l’espace et les harmonies.

Orouni entraine dans son grand tour poétique

L’album est disponible ici et là, en vinyl. Quant à Orouni, il sera en concert le 26 février au Motel et le 1er mars au Divan du monde pour les 10 ans de Ballades Sonores.

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